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Climat

Les événements climatiques qui ont marqué 2008

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A l’heure où les aléas climatiques suscitent une attention grandissante, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) vient de publier le bilan climatique et météorologique pour l’année 2008.

On y apprend que l’année passée se positionne au dixième rang des années les plus chaudes enregistrées depuis 1850, date à laquelle les mesures ont commencé à être effectuées par des moyens modernes. En 2008, la température moyenne combinée de l’air à la surface des terres et de la mer en surface affichait, ainsi, une hausse de 0,31 °C par rapport à la normale calculée pour la période 1961 – 1990, établie à 14 °C.

Il convient néanmoins de distinguer hémisphère Nord et hémisphère Sud, l’évolution de la température moyenne divergeant significativement de l’un à l’autre. Pour preuve, la température moyenne en surface en 2008 dans l’hémisphère Nord enregistre une hausse de 0,51 °C par rapport à la normale calculée sur la période 1961-1990, alors que l’hémisphère Sud affiche une hausse de 0,11 °C de sa température moyenne.


Quant à savoir si 2008 fut une année pluvieuse, il semble que les précipitations au-dessus des terres émergées, furent, en moyenne mondiale, légèrement supérieures à la normale établie au cours de la période de référence, à savoir 1961-1990. Venant contredire ce constat global, certaines régions ont, cependant, durement souffert de la sécheresse, à l’image du Nord et du Centre de la Californie en proie à de nombreux et dévastateurs incendies. Le Sud-Est de l’Australie n’a pas non plus été épargné, connaissant, pour la troisième année consécutive, des mois de septembre et d’octobre exceptionnellement secs.

L’année 2008 s’illustra également par de multiples épisodes de tempêtes et d’inondations, survenus aux quatre coins du globe. Ainsi, outre de violents épisodes de neige sévissant en Chine méridionale et au Canada, des pluies abondantes aux Etats-Unis ont provoqué en avril des inondations très étendues dans le Missouri et le Sud de l’Indiana. Autre fait notable relatif aux Etats-Unis, 2008 figure parmi les dix années les plus meurtrières pour ce qui est du nombre de décès liés aux tornades (123 au total) depuis 1953. D’après le rapport de l’OMM, 2 192 tornades ont été signalées entre janvier et décembre, soit bien plus que la moyenne décennale qui est de 1 270.

En Asie méridionale, et notamment en Inde, au Pakistan et au Vietnam, les fortes pluies de mousson et des averses torrentielles ont entraîné des crues éclair qui ont fait plus de 2 600 morts et entraîné l’évacuation de 10 millions de personnes en Inde.

Egalement touchée, l’Afrique Subsaharienne a dû faire face à des pluies abondantes, lesquelles ont provoqué, entre autres, les pires inondations de l’histoire du Zimbabwe.

Enfin, en Europe, la France a connu un épisode pluvieux intense, affectant plusieurs régions entre le 31 octobre et le 2 novembre. Les cumuls de pluie durant ces trois jours ont atteint 500 mm par endroits, les fortes précipitations entraînant des crues éclair et de graves inondations dans le centre et le centre-est du pays.

Outre les multiples cyclones tropicaux recensés, le dernier point abordé par ce bilan est la poursuite de la diminution de la superficie de la banquise de l’Arctique. Représentatif de ce phénomène, dans le cycle annuel de fonte, l’étendue de la banquise a atteint son minimum avec 4,67 millions de km2 en 2008, interprété comme le deuxième niveau le plus bas observé depuis le début des mesures par satellite en 1979, devant 2007 avec 4,3 millions de km2.

Cécile Cassier

Schéma : Centre Hadley du Service météorologique national et Section de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia, Royaume-Uni

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Le drapeau du réchauffement climatique

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A chaque vague de froid hivernal, les climatosceptiques sont de sortie : le pare-brise de leur voiture est recouvert de givre, ce qui serait donc la preuve irréfutable que le réchauffement climatique est une invention destinée à servir les intérêts d’on ne sait quelle organisation mondiale secrète. Bref, « on » nous ment.

Evidemment, ces personnes font en réalité une confusion entre la météo et le climat. La météo s’apprécie à un instant t, dans un endroit donné. Il y a tout juste un mois par exemple, la Corse connaissait un épisode neigeux surprenant. Un phénomène étonnant, certes, mais qui ne traduit pas pour autant un refroidissement de la planète. Ici, nous parlons de météo. En revanche, lorsque durant tout le XXe siècle, les relevés de température partout sur la planète augmentent de 0,6°C, on peut parler d’une tendance au réchauffement climatique global, malgré des épisodes ponctuels météorologiques comme celui vécu par les Corses il y a quelques semaines.

Comment illustrer ce phénomène simplement, le plus simplement possible, pour pouvoir facilement l’expliquer aux plus sceptiques d’entre nous ? Ed Hawkins, climatologue et professeur de science du climat à l’Université de Reading au Royaume-Uni, a imaginé une méthode de modélisation ludique du changement global : la création, pour chaque pays, d’un drapeau de son réchauffement.

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 Le réchauffement mondial illustré

Le chercheur s’est appuyé sur une base de données mondiale qui compile tous les relevés de température effectués partout sur la Terre depuis 1901. Lors du XXe siècle, il a calculé la moyenne des températures pour chaque région du globe puis, pour chaque année (et en fonction de la moyenne précédemment établie), il a attribué une couleur : du bleu très clair (conforme à la moyenne du XXe siècle) au rouge très foncé (qui traduit une hausse marquée par rapport à cette même moyenne). Chaque année est alors représentée par une bande, bandes qui sont accolées les unes aux autres pour créer le « drapeau du réchauffement » de chaque zone du globe, qui sont tous consultables sur https://showyourstripes.info/

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Le drapeau du réchauffement en France

Le résultat est accablant. Quel que soit le pays ou la région du monde que l’on sélectionne, le résultat est similaire : bleuté à gauche et rouge vif à droite, traduisant une sévère agitation de tous les thermomètres du monde, et prouvant par-là même le réchauffement climatique.

Plus simple, c’est impossible : Donald T., si tu nous lis…

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Le taux de CO2 intègre la météo britannique

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Cela n’a l’air de rien, quelques centimètres carré de rien du tout dans un journal qui compte des dizaines de pages, mais cela s’apparente pourtant à une révolution : depuis une dizaine de jours, le Guardian, l’un des quotidiens britanniques les plus réputés, propose à ses lecteurs la concentration en CO2 dans notre atmosphère au sein de son encart « météo ». Mais pas la concentration du Grand Londres non, la concentration mondiale telle qu’elle est mesurée quotidiennement à Hawaii, à l’observatoire de Mauna Loa. Là-bas, au coeur du Pacifique, le taux de CO2 y est mesuré depuis 1958. A l’époque, il s’établissait à 315 parties par million (ppm), encore loin du seuil considéré comme « gérable à long terme » de 350 ppm.

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Seulement voilà, depuis, l’activité humaine n’a cessé de croître, de même que notre recours aux énergies fossiles, avec un résultat largement prévisible : le taux de CO2 atmosphérique est désormais de 412 ppm, largement au-dessus des 350 ppm « gérables », supérieur à 2013 (400 ppm), et à mille lieues des 280 ppm estimées à l’ère pré-industrielle. Dans des paroles rapportées par Le Monde, la rédactrice en chef du Guardian justifie ce choix éditorial inédit :

« Les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont augmenté de façon si spectaculaire. Inclure une mesure de cette augmentation dans notre bulletin météorologique quotidien montre ce que l’activité humaine fait à notre climat. Il faut rappeler aux gens que la crise climatique n’est plus un problème d’avenir. Nous devons nous y attaquer maintenant, et chaque jour compte. »

En présentant chaque jour à ses millions de lecteurs une donnée scientifique incontestablement liée au changement climatique, The Gardian entend ne pas perdre de vue l’ambitieux objectif mondial de réduction de moitié des émissions de CO2 d’ici 2030, pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Ne soyons pas pessimistes bien sûr, mais il faut bien reconnaître que cela semble bien mal parti.

Au fait, à quand un journal français qui reprendrait la démarche du Guardian ?

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Game of Thrones : Réchauffement climatique is coming

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Cette nuit, Game of Thrones, la série phénomène, a repris après deux ans d’absence pour présenter son ultime saison. Sept épisodes que plus d’un milliard de personnes (si l’on en croit les chiffres qui concernent les visionnaires illégaux sur internet à chaque épisode) vont s’empresser de dévorer et de commenter pour enfin obtenir une réponse à cette question qui les taraude depuis 2011 et la diffusion du premier épisode de la série : Qui finira donc par prendre place sur le Trône de fer pour gouverner les Sept royaumes ?

Sans attendre la diffusion, des dizaines de théories ont été développées par des fans plus ou moins sérieux et, parmi celles-ci, une semble avoir retenu l’attention du Gouvernement. Cette théorie voudrait que la série soit en fait une métaphore de notre réalité et de notre attitude vis à vis des dangers environnementaux qui pèsent sur nous, au premier rang desquels le réchauffement climatique. « Winter is coming » (ou « l’Hiver arrive »), la plus célèbre réplique de la série, qui annonce l’arrivée imminente d’une intense période glaciaire accompagnée d’innombrables malheurs pour nos personnages préférés, préviendrait en fait contre le réchauffement climatique. Et la lutte de pouvoir des maisons Stark, Targaryen, Lannister pour accéder au mythique Trône de fer plutôt que de se préoccuper de la menace approchant, les Marcheurs Blancs, serait une parabole de la propension de nos dirigeants à ne pas voir plus loin que le bout de leur nez et à favoriser des intérêts particuliers paraissant bien ridicules face aux enjeux globaux qui s’annoncent.

Brune Poirson, ministre de la Transition écologique et solidaire, et ses équipes semblent avoir bien intégré cette théorie, au point que la ministre propose depuis hier, veille de reprise de la série, et alors que l’excitation médiatique est au summum, une vidéo inspirée de Game of Thrones, et mettant en garde contre le réchauffement climatique. Sur des images de la série, la responsable politique pose sa voix : « Une grande menace pèse sur l’humanité. Certains en doutent, on peut le regretter. Même si les hivers peuvent paraître un peu plus rigoureux, un peu plus froids à certains endroits, il y en a d’autres où ce n’est pas le cas. Nous devons nous battre, nous battre pour endiguer cette menace qui monte et nous unir tous pour lutter contre le vrai mal, le seul qui doit unir l’humanité : le réchauffement climatique ». Et en guise de conclusion, l’accroche « Le réchauffement climatique is coming », écrit dans la police propre au show américain.

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 Succès garanti sur les réseaux sociaux. Et dans les comportements quotidiens futurs ?

Photo : Compte Twitter de Brune Poirson

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