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Il y a 40 ans, l’Amoco Cadiz…

amoco-cadiz

Nous célébrons ce week-end un bien triste anniversaire. La plus grande marée noire de l’histoire des côtes françaises, causée par le naufrage d’un navire dont le nom résonne encore aux oreilles de millions de Français : l’Amoco Cadiz sombrait il y a 40 ans.

Pourtant, l’Amoco n’avait rien des navires poubelles hors d’âge qui ont pu provoquer de terribles marées noires (nous pensons ici au Prestige, en 2002, qui croisait depuis déjà plus de 26 ans), puisqu’il sortait des chantiers navals espagnols à peine quatre ans plus tôt.

Ce qui a provoqué son naufrage tient pour beaucoup à une incroyable succession d’événements : une avarie de gouvernail à quelques encablures au large d’Ouessant, suivi d’un interminable imbroglio juridique avec l’armateur qui retardera les opérations de remorquage pour en négocier au mieux le tarif. Une fois celles-ci débutées, le câble censé éloigner l’Amoco Cadiz des côtes bretonnes tracté par un remorqueur casse. Une fois. Puis deux. Les capitaines du remorqueur et du pétrolier ne s’entendent pas sur la méthode à adopter pour réussir. Pendant ce temps, le vent s’est levé et des creux de 8 mètres se forment sur la mer, entraînant irrémédiablement le navire chargé de 220 000 tonnes de brut vers les côtes bretonnes. L’inévitable se produit alors : à 21h ce 16 mars 1978, le navire heurte une formation de rochers sous-marins et sa dangereuse cargaison commence à se répandre.

Si les membres d’équipage seront tous sauvés par hélicoptère, il est impossible d’empêcher les cuves du pétrolier de se vider dans l’océan. Le résultat est effarant : 360 kilomètres de côtes bretonnes souillées de pétrole brut, des dizaines de milliers d’animaux marins sont victimes de cette pollution (revoir les terribles images d’oiseaux mazoutés essayant vainement de prendre leur envol fait toujours aussi mal au coeur) et six mois seront nécessaires à des milliers de travailleurs pour nettoyer le littoral de toute trace de l’Amoco Cadiz.

Ce drame écologique à l’ampleur jamais vue encore aura au moins eu le bénéfice de faire évoluer les comportements : un remorqueur est depuis déployé en permanence à Brest, et les pétroliers ont désormais interdiction absolue de s’approcher à moins de 50 kilomètres des côtes. Les opérations de remorquage éventuelles, elles, ne font désormais plus l’objet de négociations entre groupes privés, mais sont décidées par le préfet maritime de l’Atlantique pour gagner un temps précieux.

Le résultat de tout cela ? Si les pouvoirs publics estiment que des dizaines de catastrophes ont pu être évitées, cela n’a pas empêché le Gino (1979), le Tanio (1980), l’Amazzone (1988), ou l’Erika (1999) de provoquer de nouvelles marées noires que la Bretagne n’oubliera pas de sitôt…

Image : www.wikimedia.org / Domaine Public

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