Votre inscription à la newsletter a bien été prise en compte.

cliquez ici pour telecharger votre Stop Pub numérique

Fermer
Univers Nature - Actualité, environnement, habitat et santé » INTERVIEW » J. Baillon du Groupe loup France (GLF)
Vous avez aimé cet article ? Aidez nous en
partageant sur
X
L'éco-photo de la semaine
© 2015 Normand Primeau Fine Art Photography. All rights reserved.

  Recevez chaque semaine l'ACTUALITE
  d'Univers Nature par email

   150 280 abonnés
   des Actualités depuis 1999
   un STOP PUB numérique offert
   5 journalistes


La vidéo de la semaine


Chiffre Clé
· Le chiffre du moment : 42 millions de tonnes … ·
C’est le « chiffre » du moment, ou plus précisément, selon le dernier [...] Lire la suite ...

> Voir tous les chiffres clés

Articles les plus lus
  1. Réduire l’impact environnemental des chats en ...
  2. Améliorer l’isolation de son logement par la ...
  3. La voiture électrique : pas totalement ...
  4. La filière éolienne de plus en plus puissante ...
  5. Inondation et pesticides : qu’en est-il ?


Focus Sur
post-tweeter-440x220
Devenir BIOTONOME avec BIOCOOP.

Le dossier du mois
pollution-air-chine-morts
La pollution atmosphérique n’est pas un problème récent, cependant ses conséquences réelles et les conditions qui la rendent plus dangereuse sont au centre des recherches scientifiques. En effet, aujourd’hui la pollution de l’air tue plus de personnes que le SIDA, la malaria, le cancer du sein ou encore la tuberculose. Désormais, les ennemis de la santé publique sont principalement les particules fines. Si nous évaluons [...] Lire la suite ...

Archives depuis 1999






J. Baillon du Groupe loup France (GLF)

=================> Début de l’article <=================

Question reçu par email – J’aimerais connaître le nombre de loups que l’on estime vivre en France aujourd’hui ?

Jacques Baillon - Une trentaine, probablement. Peut-être plus (dont cinq meutes en Mercantour).

Question reçu par email – A quel rythme se reproduisent les meutes de loups, et donc combien seront-ils en France dans 10 ou 20 ans ?

Jacques Baillon - L’ami Philippe Huet a écrit un amusant article dans le magazine « Quo » de janvier. Il s’est ingénié à calculer, en prenant un tas de critères sérieux en compte, combien il pourrait y avoir de loups en France… en 2050. Il arrive à un chiffre de 2700 !
Plus sérieusement, si l’on tient compte de la chasse, du braconnage, des empoisonnements, de la mortalité naturelle… et surtout de l’incompréhension des hommes en général, il est possible que dans 10 ans nous ayons 100 ou 200 loups. Pourquoi pas ? Rendez-vous en 2015 pour voir si ma réponse était juste !

Question reçu par email – Les éleveurs qui ne veulent pas protéger leur troupeaux sont-ils indemnisés en cas d’attaques, et quel est le montant des indemnisations ? S’ils sont indemnisés, pourquoi l’Etat ne les oblige pas à se protéger ?

Jacques Baillon - Le montant des indemnisations individuelles a été fixé par une concertation entre l’administration et les organisations agricoles. De mémoire, cela va de 600 francs à 1200 francs par mouton. Dans l’ensemble, les éleveurs ne se plaignent pas du montant.

Ils contestent surtout le manque à gagner, le travail à refaire etc. et ont bien souvent tendance à exagérer les dégâts des loups. Un bilan très complet de trois ans d’indemnisations a été publié par l’Info-Loup, une publication du Ministère de l’Environnement.

Le plan loup en préparation actuellement semble vouloir prévoir l’arrêt des indemnisations en cas de refus de s’équiper de moyens de prévention. C’est une bonne chose. Le Groupe Loup France a demandé que les « Contrats Territoriaux d’Exploitation » (CTE) qui sont une sorte de contrat passé entre l’Etat et l’exploitation agricole, fassent figurer dans le volet environnemental, l’obligation de s’équiper. Nous voudrions que la multitude de primes actuelles soit remplacée par une prime unique dite « Prime pour travail dans des zones à grands prédateurs ». Car il est évident que les petites exploitations ovines n’ont pas les moyens, actuellement, de faire cet effort financier d’équipement.L’arrivée du loup oblige les éleveurs à refonder leur activité. La collectivité (nos impôts) doit les y aider, en échange de la « non-destruction » de la faune sauvage.

Question reçu par email – Pensez-vous que le loup peut revenir partout en France, et le souhaitez-vous ?

Jacques Baillon - C’est le loup qui décidera où il veut s’implanter. Il y avait autrefois des loups dans toute la France (sauf en Corse). La forêt a regagné du terrain depuis un siècle, les ongulés sont plus nombreux (parfois trop pour la forêt) , les mentalités changent. Il y a donc place pour le loup.

Nous souhaitons son retour « partout où les conditions écologiques sont favorables », dans le respect des intérêts de l’élevage ovin.

Question reçu par email – Le loup mangeur d’homme, légende ?

Jacques Baillon - Si un loup trouve un cadavre et qu’il a faim, il le mange.
Moralité : ne laissons pas de cadavres traîner au bord des routes, comme au Moyen-âge !

Le loup , sauf accident, n’attaque pas l’homme. Mais c’est un animal sauvage, carnivore, intelligent, puissant, organisé. Ce n’est pas un ange, pas un démon non plus. Les pittbulls sont beaucoup plus dangereux actuellement que le loup !!

Question reçu par email – Comment se fait-il qu’il n’y ait pas de problèmes avec les ours et les loups en Italie, et qu’en France on semble incapable de vivre avec ? Est-ce dû à un réel manque de fermeté de l’Etat, aux caractère franchouillard des éleveurs, etc. ?

Jacques Baillon - C’est une légende de dire que cela se passe bien partout sauf en France. Partout où coexistent sur les mêmes territoires grands carnivores et troupeaux d’animaux domestiques, ces derniers sont exposés à leurs attaques. En Italie, il y a beaucoup de braconnage. l’Etat ferme les yeux. Tout le monde ferme les yeux. Idem en Espagne. Mais cela a moins d’importance qu’en France puisque les populations de loups sont dans ces pays numériquement importantes (2000 en Espagne, 600 en Italie).C’est du « zonage » sans le dire !
Il n’y a guère que dans les Abbruzes où cela se passe bien grâce au dynamisme du parc national. Evidemment il faut mettre en évidence ce bon exemple, car il montre que la cohabitation est techniquement et psychologiquement possible.
En France, l’Etat est sensible aux pressions des milieux agricoles, pour des raisons politiques, et aussi aux pressions des chasseurs – Beaucoup trop sensible, c’est cela qu’il faut changer – Quant aux éleveurs français, il y a parmi eux des crétins, c’est évident, mais aussi des types bien. Comme chez les défenseurs du loup en quelque sorte !

Univers-nature – Puisqu’il s’agit d’une minorité « d’empêcheurs de tourner en rond « (principalement les éleveurs), subventionnée par une majorité non-hostile aux loups, pourquoi ne pas leur supprimer les subventions comme le propose l’ASPAS ?

Jacques Baillon - Le problème des subventions de l’Etat aux activités économiques non rentables est un problème dont je laisserai chacun juge, car il ne concerne pas que le monde agricole.
Le problème particulier des éleveurs est que leur filière professionnelle ne tient le coup que parce qu’elle est subventionnée. Et ce, depuis longtemps, car elle n’est pas compétitive. Tuons tous les loups et l’élevage de moutons en France continuera à se dégrader. Je ne sais pas s’il faut « punir » en supprimant des subventions, mais ce que je sais, c’est qu’il est anormal que ceux qui font depuis le début l’effort de s’équiper (aides-bergers, patou, etc..) soient pénalisés par rapport à ceux qui refusent ces moyens de prévention. Il va bien falloir sortir de cette anomalie un jour ou l’autre. La proposition de l’ASPAS (et aussi celle, identique, de nombreuses associations françaises et italiennes) va peut être faire réfléchir les plus récalcitrants et amènera peut être les leaders agricoles à un peu plus de modération dans leur revendication d’éradiquer totalement le loup.

Question reçu par email – Le nombre de loups en France est officiellement faible et les meutes sont petites, alors comment expliquer des attaques si fréquentes et meurtrières ?

Jacques Baillon - Cette question doit faire allusion aux moutons qui dégringolent d’une barre rocheuse après avoir été effrayés (pas forcément par des loups d’ailleurs). Ces chutes font effectivement de nombreuses victimes et gonflent les chiffres. Pour des statistiques plus précises, voir l’Info-Loup. Attention aussi à ne pas confondre la fréquence des attaques avec la fréquence des articles « anti-loups » !! Enfin il faut remarquer que les dégâts diminuent, voire disparaissent, lorsque les éleveurs prennent sérieusement en main l’étude des techniques de prévention. Il faudrait aussi pouvoir faire la part des choses, car n’oublions pas que les chiens errants font des ravages considérables (plusieurs dizaines de milliers de moutons par an périssent sous la dent des braves toutous !).

Le loup est bien souvent un bouc émissaire, désigné à tort comme coupable de tous les maux!

=================> Suite de l’article <=================

 

>> Réagissez sur cet article avec votre compte Facebook

commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 25 février 2013 à 08:41

3131 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
PARTAGER / ENVOYER PAR E-MAIL


Partager sur
S'inscrire à la newsletter
Commenter cet article    
68

Votre nom : Votre adresse mail :
Votre message :  
 




à lire aussi
     
Flux RSS