Votre inscription à la newsletter a bien été prise en compte.

cliquez ici pour telecharger votre Stop Pub numérique

Fermer
Univers Nature - Actualité, environnement, habitat et santé » INTERVIEW » Philippe Catinaud du Biau Germe
Vous avez aimé cet article ? Aidez nous en
partageant sur
X
L'éco-photo de la semaine
© 2015 Normand Primeau Fine Art Photography. All rights reserved.

  Recevez chaque semaine l'ACTUALITE
  d'Univers Nature par email

   150 280 abonnés
   des Actualités depuis 1999
   un STOP PUB numérique offert
   5 journalistes


La vidéo de la semaine


Chiffre Clé
· Le chiffre du moment : 42 millions de tonnes … ·
C’est le « chiffre » du moment, ou plus précisément, selon le dernier [...] Lire la suite ...

> Voir tous les chiffres clés

Articles les plus lus
  1. Réduire l’impact environnemental des chats en ...
  2. LES BÉNÉFICES ÉCOLOGIQUE DU CANNABIS
  3. Améliorer l’isolation de son logement par la ...
  4. La voiture électrique : pas totalement ...
  5. La filière éolienne de plus en plus puissante ...


Focus Sur
post-tweeter-440x220
Devenir BIOTONOME avec BIOCOOP.

Le dossier du mois
pollution-air-chine-morts
La pollution atmosphérique n’est pas un problème récent, cependant ses conséquences réelles et les conditions qui la rendent plus dangereuse sont au centre des recherches scientifiques. En effet, aujourd’hui la pollution de l’air tue plus de personnes que le SIDA, la malaria, le cancer du sein ou encore la tuberculose. Désormais, les ennemis de la santé publique sont principalement les particules fines. Si nous évaluons [...] Lire la suite ...

Archives depuis 1999






Philippe Catinaud du Biau Germe

=================> Début de l’article <=================

Univers-nature – Agriculture énergivore, mais également gouffre à subvention…
A ce sujet, comment peut-on vivre avec seulement 8,5 ha, alors que, partout en France, c’est la course à des exploitations de plus en plus importantes pour toujours plus de rentabilité ?

Philippe Catinaud - Tout est relatif: pour une exploitation beauceronne, 8,5 ha est microscopique, par contre pour un maraîcher ne pratiquant que des cultures sous serres, c’est énorme. Donc la taille, en elle même n’est pas un critère absolu, cela dépend de ce que l’on fait. Ce qui m’oppose le plus à l’agriculture industrielle c’est la diversité de mes productions: des prairies, des terres labourables, des vergers… Autre critère: la volonté d’avoir une relation directe avec le jardinier ou le maraîcher qui achètent nos semences. Cela permet de valoriser beaucoup mieux nos produits: la marge commerciale n’est pas prise par de nombreux intermédiaires.
Biau Germe Mais il ne faut pas rêver, ce genre de métier se pratique par idéal et pour une certaine qualité de vie, pas pour faire de l’argent…

A propos des subventions, j’aimerais faire remarquer l’évolution de la part de l’alimentation dans le budget moyen des familles. Je n’ai plus les chiffres en tête mais je pense que jusqu’en 1900 cette part se situait entre 60 et 80 %, pour sûrement moins de 10%, aujourd’hui, pour les même produits alimentaires de base. Comprenons que la société de consommation n’a pu se développer que grâce à cette réduction lié à 2 facteurs: les gains de productivité agricole et la baisse sensible des prix à la production, avec toutes les dérives actuelles…

Univers-nature – Vous avez participé à des arrachages de culture d’OGM, pourquoi ?

Philippe Catinaud - Les organismes génétiquement modifiés sont une des dérives actuelles. Aujourd’hui, 5 firmes contrôlent 90% des OGM, qui sont à 99% des OGM herbicides et/ou insecticides. Quatre plantes sont principalement concernées en représentant environ 60 millions d’hectares de culture, et en particulier le soja avec 51% de la production mondiale transgénique. A la base, les OGM reposent sur une vision réductionniste de la science: un gène -> une protéine -> une fonction, or les 20 dernières années ont montré aux chercheurs que le vivant était beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait. Dans ces conditions, bombarder des cellules avec des séquences d’ADN issues d’organismes totalement différents pour ensuite multiplier à grande échelle les produits obtenus afin d’ensemencer une part non négligeable des terres cultivables mondiales, sans se préoccuper des conséquences relèvent de l’inconscience totale.

A ce sujet, l’exemple de la pampa argentine est édifiant. Depuis 1997, le soja OGM y est cultivé et tend à supplanté les autres cultures (en 2002, il représente 50% des terres labourables). Il s’agit d’une variété résistante au glyphosate, un herbicide devant normalement permettre de supprimer toutes les plantes indésirables dans les champs de soja. Or, dès 2001, on constatait, après 2 ou 3 ans de diminution, une ré-augmentation de la quantité des herbicides utilisés jusqu’à 2 fois plus qu’un soja ordinaire. De plus les produits utilisés sont beaucoup plus toxiques car, employé massivement, les adventices ont développé une résistance au glyphosate. On assiste actuellement à un empoisonnement des sols: la flore bactérienne a tellement été modifiée que, dans certaines exploitations, il est nécessaire de débarrasser la terre de la végétation morte qui n’est plus dégradée… et a un empoisonnement des animaux (mises bas de petits mort-nés,…) et des hommes (maux de têtes, brulures, allergies,…) suite à l’emploi d’herbicides trop puissants.

Nous devrions faire un ensemble d’étude sur l’impact des OGM sur l’environnement, la santé et non seulement sur sa valeur agronomique à court terme comme c’est le cas actuellement en France. Une certaine prise de conscience se fait jour comme le prouve le traité de Cartagène qui préconise un principe de précaution; mais on est loin d’un vrai débat sur la question: les pouvoirs publics font la sourde oreille et montrent des signes de complaisance à l’égard des grandes firmes phytosanitaires, comme le dénoncent les apiculteurs, la confédération paysanne et Philippe de Villiers dans le cas du fipronyl.

Dans ces conditions, participer à un fauchage à main nue d’une parcelle contenant un essai OGM puis faire une déposition en gendarmerie constitue pour moi un acte citoyen et je suis heureux que le tribunal correctionnel de Toulouse nous reconnaisse comme co-auteurs de ce fauchage.

Univers-nature – Certes… mais à l’échelle de la planète les OGM gagnent du terrain et représentent déjà une surface non-négligeable, alors cet acte citoyen n’est-il pas le remake du combat d’un célèbre petit village gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur romain, mais maintenant sans potion magique…

Philippe Catinaud - OGM/petit village gaulois: la liaison est facile … et la médiatisation délicate: Il est souvent dit ou écrit « José Bové et ses amis », alors que le collectif des faucheurs volontaires regroupe un ensemble de citoyens suffisament autonomes pour être chacun responsable de ses actes. S’il y a des éléments moteurs dans ce collectif, José n’est pas le seul. Par exemple c’est Jean-Baptiste Libouban, ancien Pélerin des communautés de l’Arche de Lanza del Vasto qui en est l’initiateur. D’autre part, José est pour moi loin de la caricature que les médias ont faite de lui et beaucoup plus humain.

Que dire de notre combat ? Bien sûr, nous sommes parfois à l’image de Don Quichotte, et l’espérance peut se transformer en déception profonde: Pour moi, ce fut le cas dans la lutte contre le nucléaire. Quand finirons-nous d’utiliser la fission nucléaire à taille industrielle ? Beaucoup trop tard par rapport aux déchets que des milliers de générations de nos descendants auront à gérer. Bien au delà de l’effet de serre car invisible aujourd’hui, une étape a été franchie dans la destruction de la planète, et une 2ème se joue avec les OGM déjà fortement implantés comme vous le faites remarquer. Si rien n’est fait bientôt une 3ème va arriver avec les nanotechnologies. Nous allons vivre (ou vivons-nous déjà ?) dans un vaisseau poubelle. L’enjeu est de taille: soit la loi du commerce prime, soit les citoyens de la Terre arrivent à infléchir la trajectoire de ce train lancé à toute allure vers le précipice…

 

>> Réagissez sur cet article avec votre compte Facebook

commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 25 février 2013 à 08:41

3131 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
PARTAGER / ENVOYER PAR E-MAIL


Partager sur
S'inscrire à la newsletter
Commenter cet article    
143

Votre nom : Votre adresse mail :
Votre message :  
 




à lire aussi
     
Flux RSS