La France déjà contrainte d’importer de l’électricité
Pour la première fois, depuis 1982, la France a dû importer de l’électricité au mois d’octobre. C’est le constat qui ressort du dernier bilan de l’énergie électrique, publié par RTE (1). Cette situation est d’autant plus étonnante que, par rapport à octobre 2008, la consommation brute française a diminué de 3,1 %.
D’après le document de RTE, le volume net importé a été de 458 GWh pour un total de consommation de 39 439 GWh. Comparée à octobre 2008, la chute de la production française a été très prononcée, -7,7 % soit un recul de 3 305 GWh . En valeur absolue, c’est la production nucléaire qui a reculé le plus avec -3 019 GWh (-8,9 %) suivie par l’hydraulique avec -738 GWh (-19,7 %).
Cette situation est la conséquence de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires, pour des raisons de maintenance et de réparation. Quant à la baisse de la production des barrages hydrauliques, elle est imputable à des déficits de pluie, notamment dans les Alpes et le Massif Central.
Ces deux baisses importantes n’ont pu être que très partiellement compensées par les autres sources d’énergie : le thermique à combustible fossile a progressé de 309 GWh (+7 %), l’éolien de 119 GWh (+26,3 %) et les autres sources renouvelables (2) de 24 GWh (+7,9 %).
Les trois pays voisins qui ont permis de compenser le manque de production national sont, par ordre d’importance : l’Allemagne (1 832 GWh), la Grande-Bretagne (664 GWh) et la Belgique (471 GWh). Dans le même temps, la France a fourni un surplus de 1 257 GWh à la Suisse, 1 150 GWh à l’Italie et de 25 GWh à l’Espagne.
1- Filiale du groupe EDF depuis le 1er septembre 2005, RTE est le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, qu'il exploite, entretient et développe. Il gère le réseau le plus important d'Europe avec 100 000 km de lignes à haute et très haute tension et 44 lignes transfrontalières.
2- Principalement : déchets urbains, déchets de papeterie, biogaz et solaire.