L’irrigation agricole accapare l’eau en Poitou-Charentes et dans le Gers
Redoutées, les guerres de l'eau ne sont pas si lointaines de nous, à en croire l'hostilité manifestée par certains cultivateurs de maïs à l'annonce de mesures restrictives quant à leur consommation en eau. Implantés en Poitou-Charentes et dans le Gers, certains agriculteurs se sont, en effet, vivement opposés aux mesures d'encadrement prises par l'administration en la matière, faisant preuve de violences à l'encontre des services de l'Etat et des associations de protection de la nature présentes telles que FNE (1).
Bien que jugées insuffisantes par les associations dédiées à l'environnement, ces mesures visent à préserver des ressources en eau limitées, soumises à de multiples pressions. Comme le note Jacques Brie, chargé des questions 'eau' au sein de l'association Poitou-Charentes Nature : « Tous les usages doivent être pris en compte : l'agriculture, mais avant tout l'eau potable, les milieux naturels, l'ostréiculture, le tourisme, sans oublier l'industrie ».
Cet épuisement des ressources en eau est une problématique familière à la région Poitou-Charentes, mobilisées par des cultures gourmandes en eau (essentiellement le maïs). De fait, d'après l'Observatoire Régional de l'Environnement Poitou-Charentes (ORE), « En Poitou-Charentes, les besoins en eau d'irrigation d'une culture peuvent être de l'ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à 2 500 m3/ha/an pour du maïs. Cela représente environ entre 7 et 21 fois plus que la consommation annuelle d'une famille de 4 personnes, estimée en moyenne au niveau national à 120 m3/an/famille ».
Toutefois, malgré la menace que fait peser sur ces régions une raréfaction des réserves en eau, les agriculteurs contestataires restent sourds à ce partage des usages. Donnant la part belle à leurs intérêts propres, ils ont poussé encore plus loin leurs revendications, réclamant toujours plus de subventions pour pomper et utiliser l'eau ainsi prélevée.
Pourtant, pour Rémy Martin, président de FNE Midi-Pyrénées, des solutions existent pour sortir de cette impasse : « Des centaines d'agriculteurs diminuent chaque année leur consommation estivale en eau en refaisant de l'agronomie (rotation, haie, plantes moins gourmandes en eau durant l'été, couvert végétal…) ».
Enlisés dans une politique de l'autruche, les agriculteurs réfractaires ne voient pas qu'en desservant l'intérêt général, ce sont leurs propres intérêts qu'ils desservent. En effet, une fois que les ressources en eau seront épuisées, tout le monde en pâtira indistinctement.
stardiet : Gaspillage de l'eau C'est un comble que les agriculteur deviennent agressifs face aux mesurettes de restriction de l'eau !Je suis outré et en rage quand je vois partout e... Suite ----------- nature libre : Politiciens aux ordres ! Il n'y a pas de volonté politique de changer les choses de la part des anti-nature au pouvoir, qui vont toujours dans le sens des lobbies du fric, de ... Suite -----------