Sur le territoire français, les vaches et les animaux de basse-cour sont des victimes innocentes de retombées atmosphériques émanant d’incendies industriels, qu’ils soient volontaires ou accidentels. En témoigne le cas d’incendie sur le site de Vitale Recyclage à Saint-Cyprien dans le département de la Loire.
Ce site, dédié aux activités de brûlage et de broyage de bois, déjà listé par l’association Robin des bois à « l’inventaire des sites pollués aux PCB » en mai 2008 et inscrit dans la base de données sur les sites et sols pollués du Ministère de l’écologie (BASOL), a connu, fin août 2008, un feu dans ses stocks de bois de récupération. Ces matériaux ligneux, pour leur grande part issus du bâtiment, traités au pentachlorophénol et autres produits chimiques, dégagent, en brûlant, des substances organochlorés et des dioxines, toxiques pour l’homme, les animaux et l’environnement. On soupçonne également que les PCB contenus dans le sol de ce site anciennement occupé par une entreprise de récupération de métaux, une fois chauffés par l’incendie, ont concouru au dégagement des substances toxiques.
En décembre, dans les élevages se trouvant à proximité du site, 85 vaches étaient contaminées par ces PCB et aujourd’hui 10 autres troupeaux sont menacés d’abattage. Tous les résultats d’analyse faits dans un rayon d’environ un kilomètre autour du site ont montré des contaminations dépassant de 2 à 10 fois les normes admises. La consommation de lait local a donc été interdite par arrêté préfectoral, tout comme celle des produits de basse-cour, des animaux alimentés avec des végétaux récoltés après l’incendie du 22 août et du gibier tué sur la zone.
Ce tragique événement, s’il rappelle la gravité des incendies industriels, met aussi en exergue les lacunes de nos systèmes de contrôle. Bien que les sites industriels fassent l’objet de réglementation au titre des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement), l’Etat devrait tout de même faire preuve de plus de rigueur. En effet, plus de surveillance et de restrictions s’avèrent nécessaires, quand aujourd’hui, après l’accident de Saint-Cyprien, l’enquête de la DRIRE (1) vient, en plus, de mettre en évidence la présence sur le site de déchets autres que du bois, notamment du plastique, pour lesquels l’exploitant n’avait aucune autorisation. La FRAPNA-Loire a, d’ailleurs, sur ce cas, saisi la justice pour non-respect de la réglementation. L’association Robin des bois en profitera, quant à elle, pour démontrer que certaines entreprises de récupération, comme Vitale Recyclage, se comportent en pollueurs et ne sont que des opportunistes du développement durable.
Elisabeth Leciak
1- Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement
gg : réaction à l'article l'article parle de plus de contrôles ? L'Etat supprime les fonctionnaires, donc, moins de contrôles. La société serait-elle donc aveugle ?
Et puis, v... Suite -----------