Pour parvenir à ces fins, la Commission européenne doit maintenant saisir le Conseil des ministres concernés, prévus en juin prochain, sachant, qu’entre-temps, ces derniers se seront prononcés sur un dossier similaire. En effet, le 2 mars à venir, les ministres de l’environnement de l’UE statueront sur la clause de sauvegarde activée par l’Autriche et la Hongrie, lesquels pays sont déjà passés par la 'case' du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale. En conséquence, il ne serait pas improbable que la Commission européenne attende la décision de ce conseil, ne serait-ce que pour éviter plusieurs camouflets de suite.
Cela dit, en France, le maintien du moratoire sur le maïs MON810 de Monsanto signifie très vraisemblablement une nouvelle année sans culture commerciale de cet OGM. A ce titre, pour les tenants de l’agriculture intensive, pour ne pas dire industrielle, à savoir les professionnels français de la semence agricole et des pesticides, la coupe est pleine. Le directeur du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), Philippe Gracien n’hésite pas à déclarer dans un communiqué 'Nous sommes excédés de ce manque de courage politique. La frilosité européenne, et surtout française, risque d’avoir de lourdes conséquences dans les années à venir… Le temps n’est plus aux discussions sans fin et surtout sans fondement scientifique. Il est urgent que les gouvernements des Etats membres prennent leurs responsabilités'.