Durant de nombreuses années, les producteurs africains de manioc installés au Burundi, en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Rwanda ont dû faire face à un virus dévastateur, communément appelé la « mosaïque du manioc ». Véritable fléau pour les cultures locales, cette maladie est transmise par un insecte qui transporte le virus fautif de plant en plant. En se propageant, ce dernier détruit la chlorophylle des plants qui, incapables de se nourrir, dégénèrent.
Les symptômes premiers de cette maladie se traduisent par des tâches apparentes sur les feuilles de manioc, un retard de croissance et un goût plus sucré sur le produit final. En développant des souches plus agressives, la mosaïque a entraîné des pertes de rendement dramatiques, décimant les récoltes de toute la région africaine des Grands Lacs. En Ouganda, elle a ainsi détruit 150 000 hectares de manioc entre le début des années 1990 et la fin 2007, causant des pertes estimées à 60 millions de dollars par an. Les pénuries alimentaires, qui en ont suivi, ont généré deux grandes vagues de famine, survenues successivement au cours des années 1993 et 1997.
Pour mettre un terme à cette épidémie, la FAO (1), forte du soutien de l’Union européenne, s’est engagée dans une campagne massive de réintroduction de plants de manioc sains, destinée à relancer la production de cette denrée considérée comme l’une des principales ressources alimentaires des populations locales. Dans cette optique, des variétés de plants de manioc exemptes du virus ont été distribuées à quelque 330 000 petits exploitants exerçant au sein des pays touchés, avec un impact bénéfique pour environ 1,65 million de personnes.
Aujourd’hui, dans un communiqué, la FAO a révélé que la campagne aurait enfin atteint son but, en permettant à la région des Grands Lacs de retrouver son autosuffisance en manioc. Un bilan très positif quand on sait que chaque habitant de l’Afrique consomme en moyenne 80 kg de manioc par an. Témoignant de la réussite de cette opération de longue haleine, les champs de la province septentrionale de Cibitoke au Burundi ont ainsi recouvré leurs feuilles vertes alors même qu’ils étaient stériles jusqu’à il y a un an. Un volet noir qui se clôt pour cette province, établie comme l’épicentre de l’épidémie de mosaïque du manioc.
Cécile Cassier
1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
ys@montpellier : réponse à Patou Pour répondre à Patou et compléter l’information de Cécile Cassier, un gros travail a été fait par la recherche en amont de l’opération FAO, qui arriv... Suite ----------- patou : Il n'est pas dit si les plans sains sont OGM ou non ??? D'où viennent ces plans , sont-ils de variétés anciennes ....? -----------