Les éleveurs de porcs demandent à réutiliser les farines animales
Avec 181 morts, la crise de la vache folle liée à l’utilisation des farines de viandes et d’os (1) pour nourrir les animaux d’élevage, a laissé de mauvais souvenirs aux consommateurs et à certains éleveurs avec la chute de la consommation de viande qui a suivi.
En fait, il semble qu’il n’en soit rien pour les éleveurs de porcs, puisque, selon l’hebdomadaire 'Le Canard Enchaîné', leurs représentants ont demandé, en octobre lors d’un entretien avec le ministre de l’agriculture Michel Barnier, la possibilité de réutiliser des graisses et farines animales pour l’alimentation de leurs animaux afin de faire face à la flambée des prix des céréales.
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
5
0
1
4
3
12
6
18
31
161
274
239
137
54
31
8
Cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins en France (source organisation mondiale de la santé animale)
Alors que l’on détecte encore des cas d’ESB sur les bovins à l’abattoir, des chercheurs de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) et de l’AFSSA (Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments) ont en juin dernier mis en évidence 'le risque de réémergence de la maladie qui pourrait résulter d’une réautorisation des farines animales pour l’alimentation des espèces monogastriques' (2). En effet, les chercheurs considèrent que l’utilisation des farines animales pour l’alimentation de ces animaux (porcs, volailles), après 1990 et l’interdiction des farines animales pour les bovins, est une source très probable de contaminations croisées avec des aliments pour bovins, qui doivent impérativement en être exempts, dans les usines de production et les lieux de stockage (distribution et éleveurs).
Or, malgré l’avis des scientifiques et le fait que l’ESB ne soit pas totalement éradiquée, le ministre a transmis la demande des éleveurs de porcs à la Commission européenne, laquelle a débloqué 1,7 million d’euros pour faire examiner ce projet par l’autorité européenne de sécurité des aliments.
Enfin, notons que, quasiment dans le même temps, Michel Barnier a annoncé le déblocage de 2,5 millions d’euros d’aide pour les producteurs de porcs (dont on connaît les effets sur l’environnement et la qualité de l’eau de part leur forte concentration en Bretagne), tout en considérant que la 'priorité sera de trouver des solutions de promotion des produits français et de dégagement du marché de la viande porcine'.
Il est certain que le retour des farines animales, fussent-elles dénommées PAT (pour Protéines Animales Transformées), est le meilleur moyen d’y arriver…
Pascal Farcy
1- Les farines animales, dites FVO pour 'Farines de Viandes et d’Os', ont été interdites en juillet 1990 pour les ruminants et en 2001 pour les autres élevages qui les utilisaient.
2- Un animal monogastrique (porc, volaille, lapin) a une seule poche gastrique, par opposition aux ruminants, qui en ont quatre.
vintemp : profit quand tu nous tiens! l'homme décidement n'apprends pas vite, ESB, tchernobyl, amiante, gaucho, régent, sang contaminé, pcb,... .
combien de mort encore avant que l'homme ... Suite -----------