N. Sarkozy définit le cadre du futur Grenelle de l'environnement
En vue de l'organisation d'un 'Grenelle de l'environnement', Nicolas Sarkozy, le nouveau président de la république, a reçu ce matin 9 associations de défense de l'environnement (1), puis en début d'après-midi, 8 experts en écologie et développement durable (2). Sachant qu'alors qu'il était candidat, N. Sarkozy avait été évalué par le regroupement d'associations 'Etat de la planète' comme un des moins sensibles aux thèses écologiques, cette réunion préparatoire était attendue non sans inquiétude par les écologistes.
Après avoir posé le problème : 'Parler de l'environnement exige de penser notre relation à la nature. Parler de l'environnement impose de s'interroger sur notre mode de consommation et notre mode de vie. Naturellement, il n'est pas question de contester le progrès technologique. Nombre de réponses aux questions de l'environnement se trouvent dans ce progrès, et nous ne pouvons pas par ailleurs interdire aux pays les plus pauvres de se développer. Pour autant, il nous appartient bien d'en prévenir les excès ou les dérives.', Nicolas Sarkozy a posé sa marque : 'Le « Grenelle de l'environnement » ne sera pas un énième colloque pour constater l'urgence écologique et conclure qu'il faut agir. L'époque des colloques est derrière nous. Le temps est à l'action.'
Ainsi, sont proposées 3 priorités pour lesquelles le Grenelle de l'environnement doit fixer des 'mesures concrètes' :
- prévenir le changement climatique et ses conséquences,
- préserver la biodiversité,
- prévenir les conséquences des pollutions sur la santé.
Ces mesures devraient être appliquées sous la forme d'un contrat de 5 ans entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations, le président souhaitant que '...ce contrat engage les responsables'.
Ce Grenelle de l'environnement devrait être une première étape selon N. Sarkozy, celui-ci reconnaissant que le contrat qui sera défini pour les 5 années à venir ne 'saurait répondre aux défis majeurs que constituent les changements climatiques et la perte de biodiversité'.
Si le nombre d'interlocuteurs du Grenelle de l'environnement se veut restreint, officiellement pour des raisons d'efficacité, les associations sont invitées à organiser des consultations et/ou sondages pour que chacun puisse s'exprimer sur ce qu'il considère prioritaire.
A la sortie des 2 réunions, si le WWF et Greenpeace notaient que les discussions seraient vraisemblablement dures, l'ambiance était au consensus, les termes 'rassuré' et 'satisfait' revenant souvent dans les commentaires.
A l'inverse, chez les absents, les critiques ont fusé, notamment pour le Réseau 'Sortir du nucléaire', non invité à cette réunion de préparation. Pour cette association, 'MM. Sarkozy et Juppé veulent empêcher le débat sur le nucléaire'. Il est vrai que sur ce point, Alain Juppé semble exclure toute remise en cause de la construction du réacteur EPR et du développement de la 4e génération nucléaire française.
1- Les 9 organismes reçus sont : Amis de la terre, Ecologie sans frontière, fondation Nicolas Hulot, France nature environnement, Greenpeace, Ligue de protection des oiseaux, Ligue ROC, Réseau action climat, WWF.
2- Edgar Morin (philosophe), Christian de Boissieu (président du Conseil d'analyse économique - CAE), Claude Henry, Pierre-Henri Gouyon (généticien), Jean Jouzel (chercheur au Commissariat à l'énergie atomique), Jean-Marc Jancovici (expert en changements climatiques), Yvon Le Maho (CNRS), Jean-Marie Pelt (président de l'Institut européen de l'Ecologie).
diego : Alain Juppé était présent mais pas facile d'exister avec un Président omniprésent. ----------- Alain Terré : Grenelle de l' environnement OU était Mr Juppé ? -----------