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15-05-2006

Nouveau dérapage musclé des anti-ours à Arbas

Les 250 habitants de Arbas, une petite commune traditionnellement paisible, en Haute-Garonne dans les Pyrénées, ont pour la seconde fois, en un peu plus d’un mois, dû faire face à la fureur de certains anti-ours. Si le 1er avril les habitants d’Arbas avaient vu une partie de leurs biens publics et privés saccagés, à cause du soutien et de la participation de leur commune à la réintroduction des ours, cette fois-ci les faits sont beaucoup plus graves avec des violences importantes sur plusieurs personnes.

Selon un communiqué de l’association ADET et le témoignage d’Aude Arcangeli, l’épouse du Maire d’Arbas jointe par téléphone, après la manifestation contre l’ours à Bagnères de Bigorre (environ 2000 manifestants selon la mairie), 5 bus d’opposants ariégeois et plusieurs voitures (soit environ 300 personnes) ont fait un détour par le village. Alors qu’une trentaine de personnes se trouvait sur la place (dont de nombreux enfants en train de jouer), les manifestants ont lancé des pétards à l’aveuglette dès leur descente des bus, certains atterrissant au pied des enfants.
Pour A. Arcangeli, 'En voyant arriver les bus, les gens qui vivent sur la place se sont bien entendu douté de quelque chose et, échaudés par le 1er avril, ont tenté de rapatrier les enfants au plus vite. Peine perdue, les manifestants les ont bousculés, une dame qui cherchait sa petite de 3 ans s’est pris un coup de tête (volontaire) par un homme bien énervé.' tandis qu’un 'éleveur de brebis d’Arbas, pro-ours, s’est retrouvé sous 6 personnes…', sa femme recevant en outre un coup de poing.

Pour Mme Arcangeli, 'les habitants d’Arbas n’en peuvent plus, ils sont épuisés nerveusement.'. Même si, à ce jour, le ministère de l’écologie est resté muet sur ce qui ressemble fort à une expédition punitive des anti-ours, que les plus jeunes font des cauchemars, que la tension est à son comble, elle se dit déterminée et ne regrette nullement l’action menée en faveur d’une présence durable de l’ours ; une action qui dépasse maintenant largement le seul contexte du symbole des Pyrénées, au profit de valeurs humaines fondamentales, de respect d’autrui, d’écoute… Ainsi, elle assure qu’elle sera présente le 3 juin à la manifestation en faveur de l’ours, à Luchon (cf. les différentes villes de départ).

Alors que les victimes d’Arbas ont porté plainte, il faut espérer que la Gendarmerie, même si elle est arrivée après la 'bataille' malgré de multiples appels, qui a récupéré les différents éléments relevés par des enfants (numéros d’immatriculation, photos et vidéos prises avec des portables) ainsi qu’une vidéo prise par des randonneurs, produira et fera une enquête efficace, pour ne pas laisser de tels débordements sans suite.

Pour être complet, selon l’agence Associated Press, l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées (ASPAP), opposée à la réintroduction des ours, assure qu’aucun enfant ou adulte n’a été pris à parti ou agressé par ses militants et qu’elle a porté plainte pour diffamation, suite à un texte publié sur le site de l’ADET.
Alex Belvoit

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