Ce matin de nombreuses mesures ont été annoncés par les ministres de l'écologie et de l'agriculture pour que la grippe aviaire ne touche pas la France. La principale mesure annoncée est le confinement désormais obligatoire dans 21 départements français* de la façade atlantique ou avec des zones humides. Ces départements présentant un risque particulier de contact entre les oiseaux domestiques et les oiseaux migrateurs, le gouvernement a décidé de 'pousser d'un grand le principe de précaution' avec des mesures de confinement des élevages de plein air, qu'il s'agisse d'oiseaux domestiques, sauvages ou d'oiseaux d'ornement.
Toutefois, sur les 30 000 élevages français, moins de la moitié (42 %) dispose de parcours de plein air. Aussi, dans les cas où il n'y a pas de bâtiment d'élevage et que le confinement n'est pas possible, d'autres mesures sanitaires seront prises, sous l'autorité du préfet, et les exploitations concernées recevront la visite d'un vétérinaire chaque mois.
Par ailleurs, sur l'ensemble du territoire, le rassemblement d'oiseaux vivants dans les foires, marchés et expositions est suspendu. Toutefois, en dehors des départements présentant un risque particulier de contact avec les oiseaux migrateurs, les préfectures pourront l'autoriser par dérogation, après une évaluation du risque local.
Pour finir, les oiseaux vivants, dits appelants, utilisés par les chasseurs pour attirer les oiseaux sauvages, sont interdits d'utilisation et de transport sur l'ensemble du pays, jusqu'au 1er décembre, compte tenu du risque particulier de contact entre ces oiseaux et les oiseaux migrateurs.
Globalement, ces annonces, pour lutter contre la grippe aviaire, ont été bien accueillies par les professionnels qui souhaitent rassurer les consommateurs. Néanmoins, la fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et la confédération française de l'aviculture demandent une prise en charge des surcoûts occasionnés pour chaque exploitation. Par contre, du côté des chasseurs, l'accueil apparaît plus difficile, le président des chasseurs de la Gironde estimant les mesures totalement absurdes et inapplicables, et déclarant qu'elles susciteraient la 'colère de tous les chasseurs de migrateurs de France'.
* L'Ain, l'Aube, les Bouches-du-Rhône, la Charente-Maritime, la Haute-Corse, le Gard, la Gironde, l'Ille-et-Vilaine, l'Indre, les Landes, la Loire-Atlantique, la Manche, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Seine-Maritime, la Somme et la Vendée.