Le virus de la langue bleue arrive dans le Nord de l’Europe
Traditionnellement cantonné autour de la Méditerranée, la maladie de la langue bleue, la fièvre catarrhale qui touche les ruminants, a fait son apparition aux Pays-Bas. Cette maladie étant particulièrement contagieuse, les Pays-Bas ont suspendu leurs exportations de ruminants (bovins, ovins et caprins). Les produits vivants dérivés (embryons, sperme, cellules) sont également interdit d'exportation, tandis qu’une zone de sécurité de 150 km a été décrétée autour de l’élevage où la maladie a été diagnostiquée chez 2 moutons.
Si la fièvre catarrhale sévissait de façon classique dans les régions subtropicales ou du sud méditerranéen, du fait de la biologie de son vecteur, elle est apparue en Corse en octobre 2000, probablement à la suite de son arrivée en Sardaigne en août de la même année.
Alors que les cas néerlandais de la maladie de la langue bleue sont les premiers à être diagnostiqués dans le nord de l’Europe, ils viennent d’être rejoints par 11 cas détectés chez des moutons et bovins belges, selon l’agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA). Pour tenter de circonscrire la fièvre catarrhale, des mesures similaires aux Pays-Bas ont été adoptées par la Belgique.
Cette progression géographique du virus pourrait être à mettre au compte du réchauffement climatique, qui a permis l’extension, vers le Nord, de l’aire de répartition des moustiques vecteur de la maladie.
La fièvre catarrhale, également appelée 'Bluetongue' (maladie de la langue bleue) est une maladie virale, transmise par des insectes au moment de la piqûre. Sa période d’incubation varie entre 5 et 20 jours.
Elle concerne tous les ruminants (sauvages comme domestiques), mais les ovins sont les plus touchés. Les différents symptômes : fièvre, boiteries, œdèmes, cyanose des muqueuses, amaigrissement peuvent conduire à la mort des animaux (jusqu’à 40 % dans les cheptels non vaccinés) ou à une guérison lente avec d’importantes pertes économiques. Chez les bovins et les caprins, la maladie est le plus souvent inapparente, ce qui fait de ces espèces des réservoirs du virus.
Les deux principales mesures de lutte consistent en un traitement régulier des animaux et des locaux par insecticide et en l’utilisation d’un vaccin. Néanmoins, pour que le vaccin soit efficace, les sérotypes qui y sont incorporés doivent être identiques à ceux qui sont responsables de l’infection sur le terrain.
Notons que la fièvre catarrhale du mouton n’est pas transmissible à l’homme, que cela soit par une piqûre ou la consommation de lait ou de viande.