Victime d’un accident de chasse, l’ours Balou est vivant
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Dimanche matin, vers 10 h 15, lors d’une battue au sanglier en Ariège sur la commune de Prades, un chasseur a tiré accidentellement sur un des ours pyrénéens, lequel a instantanément pris la fuite blessé. Le chasseur ayant immédiatement averti la gendarmerie et l’équipe de 'suivi ours', des recherches ont été entreprises, aboutissant à la confirmation qu’il s’agissait d’un ours et plus vraisemblablement de Balou, un mâle de 6 ans, issu des réintroductions menées en 2006.
Grâce au collier GPS qu’il porte, permettant un suivi à distance, l’identification a été confirmée, tandis qu’il était repéré à une vingtaine de kilomètres de l’incident, en soirée. Ce matin, selon la préfecture l’ours était sous la surveillance de l’équipe de suivi, néanmoins, bien qu’une blessure à un pied soit suspectée, son état demeurait inconnu faute d’un contact visuel.
Entendu par la gendarmerie, le chasseur aurait déclaré avoir effectué un 'tir d’instinct', se rendant compte trop tard qu’il tirait sur un ours…
Définissant ce type de tir comme 'on ne vise pas, on tire, et comme ce doit être rapide, on n’identifie pas', la Ligue ROC considère que la responsabilité de l’Etat est 'une fois de plus engagée pour imprévoyance'. De son côté, l’association Pays de l’ours Adet estime que 'c’est un acte d’une extrême gravité' et qu’elle entend porter plainte contre l’auteur du tir.
Au-delà du tir d’instinct effectué et reconnu par le chasseur, ce nouvel accident soulève plusieurs remarques :
- la chasse était autorisée, et comme le montre la liste des différents problèmes qui ont eu lieu ces dernières années entre chasseurs et ours, les confrontations sont impossible à éviter sauf à interdire tout exercice de chasse dans la quasi-totalité des Pyrénées ;
- l’affaire a vu le préfet se déplacer localement, alors que quand il s’agit d’un accident de chasse voyant la blessure, ou même le décès, d’une personne, la police ou la gendarmerie suffit…
- curieusement, le loup et le lynx ne bénéficient pas du même degré de mobilisation associatif, alors que, pourtant, la vie de ces 2 espèces n’est pas un 'long fleuve tranquille' : collisions avec des véhicules, tirs légaux ou illégaux, piégeages, empoisonnements, etc.
- même si cela ne peut justifier un tir d’instinct, le chasseur n’a pas cherché à cacher son acte. Au contraire, quand certains seraient rentrés chez eux sans rien dire, il a prévenu les autorités sans attendre.
Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, face à une population d’ours en expansion avec 5 à 6 individus en 1995 pour une vingtaine en 2008, des accidents sont inévitables et peuvent prendre de multiples formes (chocs avec des véhicules, chasse, etc.). Ainsi, bien que la réintroduction de 2 ou 3 individus, majoritairement des mâles, serait une bonne chose pour limiter les problèmes de consanguinité, il convient de prendre du recul dans le dossier 'ours', comme cela est le cas pour les autres grands prédateurs.