Marée noire du pétrolier Erika, actualité, images
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La marée noire de l'Erika

Au PDG de Total-Fina

J’étais cormoran, fou de Bassan
Mon pays était le vent
Et la mer nourricière
J’ai plongé dans l’or de ce miroir
Mais l’or des humains est noir
J’étais cormoran, fou de Bassan
Mortel néant, noir total
C’était mon vol final
Je n’ai plus d’air, plus d’ailes
Mer maintenant meurtrière
Par la folie humaine
J’étais cormoran, fou de Bassan
J’habitais les vents, l’océan
Mais l’océan n’est plus assez grand
Neptune déchu, roi du pétrole
Par la grâce des hommes
J’étais cormoran, fou de Bassan
Criez pour moi, criez que je meure
Que ce n’était pas mon heure
Que mon désespoir est total
Et ce battement de cœur final

Nous étions cormorans, fous de Bassan

J. Daniel Jordan

Récapitulatif des articles parus sur Univers-nature, durant les mois
qui ont suivi le naufrage du pétrolier Erika le 12 décembre 1999


Le 22 mars 2000

Des mesures pour préserver les côtes européennes des marées noires

Le 12 décembre 1999, le pétrolier ERIKA, navire à coque unique âgé de 25 ans et sous pavillon maltais, s'est brisé en deux à 40 milles au large des côtes de la Bretagne. Plus de 10.000 tonnes de pétrole lourd ont été répandues dans la mer, polluant 400 kilomètres de côte, endommageant gravement la flore et la faune, et provoquant de graves répercussions pour la pêche et le tourisme. Ce n’était pas une première, mais cette catastrophe a révélée la nécessité de disposer d'un contrôle amélioré du transport pétrolier au niveau européen.

A cet effet, la Commission propose diverses mesures aux gouvernements de l'Union européenne (UE), au Parlement européen et à l'industrie européenne afin de réduire les possibilités d'accidents et de pollution.

2 trains de mesures sont prévues, certaines immédiates et d’autres à plus long terme.

Les mesures immédiates (si elles doivent être adoptées par les instances européennes) :

- interdiction des navires de plus de 15 ans de tous les ports communautaires s'ils ont été immobilisés plus de deux fois par les autorités de contrôle de l'Etat du port au cours des deux années précédentes (la Commission s’engageant à publier une “ liste noire “ tous les six mois;

- pour les plus vieux navires, inspection systématique des citernes à ballast et exigence d'une série d'informations avant d'entrer dans un port, afin que les inspections puissent être correctement préparées;

- avec un recrutement accru d'inspecteurs et une formation renforcée, les Etats membres devraient également s'engager à contrôler plus sérieusement davantage de navires et à éviter la création de ports de complaisance au sein de l’UE.;

- contrôle approfondies des sociétés de classification, avec possibilité de leur suspendre ou retirer leur agrément. Ces sociétés sont responsables de vérifier la solidité des structures des navires;

- interdiction des pétroliers à coque unique dans les eaux de l'UE, en appliquant un calendrier similaire à celui adopté aux Etats-Unis (2005, 2010, 2015, selon le tonnage). Apporter le soutien de l’UE à tout effort visant à réaliser ce calendrier au niveau international.

Si cette mesure devait être adoptée, contrairement à certains ? bruits ?, il n’y aurait pas de pénurie de pétroliers, les principales associations de construction navale considèrant que dans un avenir proche, il y a suffisamment de capacité de construction pour affronter la demande accrue de pétroliers neufs à double coque due à la proposition de la Commission.

Dans un deuxième temps (courant 2000), les propositions suivantes devraient être faites :

- amélioration de la surveillance de la navigation maritime, particulièrement dans les secteurs les plus fréquentés par les pétroliers, avec l’obligation de « se déclarer » et contrôle des navires les plus dangereux au-delà des eaux territoriales;

- création d'un organisme européen pour la sécurité maritime, qui devrait avoir la responsabilité de surveiller l'organisation et l'efficacité des contrôles nationaux;

- adoption de mesures responsabilisant les différents acteurs du transport pétrolier. Au niveau indemnisation, la Commission est favorable au principe de responsabilité du transporteur et de l'affréteur.
En outre, la Commission européenne déplore l'utilisation très répandue des pavillons de complaisance dans une grande partie de la flotte contrôlée par les sociétés européennes. Elle considère également qu'une des conditions aux négociations d'adhésion en cours avec Chypre et Malte soit l'application par ces pays de la législation communautaire existante sur la sécurité maritime au moment de l'adhésion.

Alors que les propositions qui suivirent la marée noire de l'Amoco Cadiz en 1978 n'ont pas eu de suite, on peut souhaiter que les propositions actuelles ne restent pas vaines et qu’elles soient appliquer non seulement pour les pétroliers mais aussi pour tous les navires transportant une cargaison dangereuse ou polluante.

Pour leur mise en oeuvre, seule la modification de la législation peut contribuer à éviter de telles catastrophes, c'est d’ailleurs cette approche que les Etats-Unis ont suivie un an après le naufrage de l''Exxon Valdez en 1989.


Rassemblement devant l’assemblée des actionnaires de Total (France)

Selon le protocole d’accord passé entre l’Etat et Total, le 26 janvier, la compagnie pétrolière qui vient d’annoncer 10 milliards de francs de bénéfices, est garantie contre toute “demande de réparation de dommages par pollution “ et protéger par une clause de confidentialité concernant le pompage. Pour ces raisons, un rassemblement, mercredi 22 mars à 9h30, s'est déroulé devant l’assemblée des actionnaires de Total-Fina-Elf, affréteur de la cargaison de L’Erika.

A l’appel des associations et organisations qui se sont mobilisées depuis le naufrage de l’Erika (Comités marée noire de Nantes, Greenpeace, les Amis de la Terre, les Verts, etc...) les manifestants ont demandé au groupe pétrolier que le pompage de l’épave soit traité en urgence et en toute transparence, et que la vérité soit enfin établie sur la nature exacte de la cargaison de l’Erika. Autre souhait des organisations, que Total assume la totalité des coûts de réparation de la marée noire, plutôt que de faire supporter cette charge aux contribuables par l’intermédiaire des collectivités locales et de l’Etat.

Une lettre ouverte a également été distribué aux actionnaires pour qu'ils demandent des comptes précis au PDG du groupe.


Le 12 mars 2000

L'Assemblée Nationale et la nature de la cargaison de l'Erika

Les résultats du Laboratoire Analytika seront examinés le 15 mars 2000 à l'Assemblée Nationale, au cours d'une audition conjointe, par la Commission d'Enquête Parlementaire.

Pour mémoire Analytika est le laboratoire qui a dévoilé les analyses selon lesquels la cargaison de l'ERIKA contenait nombre de substances confirmées et / ou suspectées cancérigènes, par contact cutané et qu'il s’agirait plutôt d’un produit du type ? déchets industriels spéciaux ?.

(voir la dépêche du 1 février pour des précisions sur les résultats du labo)


Le 8 mars 2000

Les affrèteurs pétroliers non-responsables financièrement en cas de dommage

En étudiant la partie juridique du dossier de l’Erika, le Collectif citoyen anti-marées noires de St Nazaire et du Littoral a constaté qu’en 1992, le gouvernement français a négocié et signé un protocole qui exonère le pétrolier affréteur de toute responsabilité (Article 3).

Cette loi exonère les acteurs du commerce maritime de leur responsabilités financières en cas de dommages, aussi bien sur le plan des professionnels (commerce, tourisme, professionnels de la mer) que sur le plan du préjudice écologique (faune, flore, humains).

Pour le Collectif, ce ne saurait être à l’Etat, et par conséquent aux contribuables, d’assumer les préjudices économiques dûs à la recherche du profit maxi au détriment de la sécurité. A ce titre le Collectif demande l’abrogation du protocole de 1992 modifiant la Convention de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.


Nature de la cargaison de l’Erika (suite)

Trois mois après le naufrage du pétrolier au large des côtes bretonnes, la polémique concernant la nature exacte de sa cargaison continue.

Une expertise dite “indépendante” portant sur l’évaluation des risques liés aux opérations de ramassage des déchets et de nettoyage des oiseaux a été demandée par le Gouvernement, le 31 janvier dernier, et confiée à l’INERIS (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques) et à un organisme des Pays-Bas, le RIVM (l'institut santé-environnement des Pays Bas) . Les 2 rapports viennent d’être remis et confirme que le fuel rejeté sur les côtes contient, comme tous les produits pétroliers, des composés toxiques répertoriés comme cancérogène de deuxième catégorie.

Les 2 rapports ont également évalué les risques auxquels sont exposés les bénévoles ou les professionnels en étudiant trois scénarios d’exposition :

- pendant la collecte des hydrocarbures sur les côtes
- durant le nettoyage des vêtements de protection et des instruments de travail
- durant le démazoutage des oiseaux.

Pour les 2 organismes, l’exposition par inhalation et par pénétration du produit à travers la peau est négligeable, en particulier si les mesures de protection recommandées par les préfets aux professionnels et aux bénévoles sont respectées.

Toutefois, le magazine Paris-Match révèle une nouvelle analyse effectuée par d’autres laboratoires indépendants sur un échantillon prélevé à la vertical de l’épave de l’Erika. Cette analyse confirme les résultats annoncés par Analytika dès la fin janvier 2000, révèlant que ce produit contient nombre de substances confirmées et / ou suspectées cancérigènes, par contact cutané...

Pour Bernard Tailliez du labo Analytika, la veille sanitaire étant entre les mains des gouvernements qui se succèdent, elle est faussée et pervertie. Seul la constitution d'un réseau de laboratoire privés et indépendants de toutes pressions éventuelles (industrielles ou étatiques) pourrait être capable de faire face efficacement aux futures situations de crise.


Le 28 février 2000

Du pétrole s’échappe toujors de l’Erika

Ce week-end, une équipe de Greenpeace s’est rendue au dessus de l’épave de l’Erika et a constaté que du pétrole s’échappait encore de l’épave, située à 120 m de fond avec 12 000 tonnes d’hydrocarbure dans ses soutes. En effet, de nombreuses galettes de fioul, de quelques centimètres à 1 mètre de diamètre, ont été observées par l’organisation écologiste.

Par contre, selon les 2 plongeurs de Greenpeace qui ont effectué des plongées à proximité de Belle-Ile, il semblerait que dans ce secteur, les fonds marins ne soient pas touchés par la pollution.

Pour E. Deniau de Greenpeace France, “ Total-Fina s’est certes engagé à prendre à sa charge le coût des opérations de pompage du fioul contenu dans l’épave. Mais ces dernières ne devraient démarrer que fin-avril, début mai. D’ici là, le fioul continue de s’échapper de l’épave. C’est absolument inacceptable “.


Le 26 février 2000

Texte publié à la demande du Front des bénévoles indépendants (marée noire)

La manif' du 4 février à Nantes, nous y étions. POURQUOI ?

Parce qu'on trouve injuste qu'une grosse société telle que TOTAL FINA se permette de polluer nos plages à cause d'une ténébreuse histoire d'argent.

Parce que nous Bretons, en avons marre de subir les conséquences de leur insouciance.

Parce que nous voulons transmettre à nos enfants la fierté d'avoir les plus belles plages de France. Nous voulons qu'ils puissent s'y baigner.

Parce que nous admirons le courage sans limites et la ténacité de nos collègues bénévoles et parce que nous pleurons la mort des milliers d'oiseaux sacrifiés sur l'autel de la bêtise humaine.

Notre association demande à être remboursée des frais occasionnés par les nombreux transports d'oiseaux mazoutés. Cette aide nous est à ce jour refusée par la préfecture alors que des fonds ont été versés par la compagnie pétrolière dans ce but.

Ne pensez-vous pas, chers amis bénévoles, que nous soyons pris pour des idiots et des pantins ???

Ne trouvez-vous pas qu'il serait normal qu'une société aussi importante que TOTAL FINA engage du personnel salarié pour nettoyer ??

Ils en ont les moyens !!!

Alors pourquoi les aidez-vous à gagner encore plus d'argent ???

Une fois de plus, la gentillesse des Bretons est mise à profit et cette situation écoeure. Mais après tout, ça fait 500 ANS que ça dure....n'est-ce pas ? !!!

ALORS REVEILLEZ-VOUS!!


Le 18 février 2000

Appel à l’arrêt du travail des bénévoles sur les plages

Le collectif citoyen anti-marées noire de St Nazaire et du littoral a demandé le 18 février 2000, l'arrêt du travail bénévole sur les plages.

Le collectif veut en faire un moyen de pression sur l'Etat pour obtenir la garantie que les lois actuelles seront appliqués et que de nouvelles lois compléteront les manques actuels.

Cette démarche s’appuie principalement sur les manques qui accompagne l’action des bénévoles depuis plus de 2 mois :

- aucun suivi sanitaire des bénévoles, dont certains sont mineurs;

- conditions d'accueil parfois précaires quand elles ne sont pas inexistantes;

- le plan POLMAR parle uniquement de personnels qualifiées pour le nettoyage des sites;

- la polémique autour de la nature de l'hydrocarbure récolté sur les plages.

En outre, avec l'arrivée des premiers beaux jours, la chaleur risque de causer des problèmes respiratoires aigus, d’où la nécessité de confier le nettoyage à des professionnels. Enfin, la volonté d’arriver à une apparence de propreté pour l’été prochain fait que le nettoyage se fait dans l'urgence de faire propre, au mépris de la préservation d'un système écologique fragile, alors que la cause de cette catastrophe est toujours présente, du fioul s’écoulant toujours de l’épave.


Marée noire de l’Erika, ce n’est pas fini...

Contrairement à ce que l'on pouvait espérer, la marée noire de l'Erika n'a pas fini de causer des dégâts épouvantables pour les oiseaux marins. Preuve en est, des dizaines d'oiseaux mazoutés arrivent à nouveau dans les centres de soins de la LPO et des autres associations de protection de l'environnement.

Et tandis que des suintements d'hydrocarbures (c’est le terme retenu officiellement par les autorités) s'observent toujours au-dessus de l'épave de l'Erika et que celle-ci n’est toujours pas rendue étanche, des galettes compactes d'hydrocarbure lourd sont signalées aussi bien en mer que le long des côtes, dans le Finistère, la Loire-Atlantique, et aussi la Vendée.

Des dizaines d'oiseaux mazoutés, en majorité des guillemots de Troïl ont été apportés dans les centres de soins ces derniers jours. Néanmoins, le macareux moine, l'un des oiseaux marins les plus rares de France (moins de 250 couples), qui représentait jusqu'alors moins de 1% du total des oiseaux mazoutés, constitue à présent près de 20% des oiseaux ramassés !

Déjà les scientifiques notent les premiers signes de pollution aux hydrocarbures chez les oiseaux marins nicheurs de France. Ainsi, chez les mouettes tridactyles qui commencent à s'installer dans la réserve du cap Sizun, dans le Finistère - site géré par Bretagne Vivante SEPNB - on relève déjà un taux de mazoutage de 5%.

Pendant ce temps-là, d'autres pétroliers peu scrupuleux continuent à dégazer, comme au large du Pas-de-Calais, où plus de 200 oiseaux marins ont été trouvés mazoutés sur les plages.

Comme la LPO, on peut s'inquièter du devenir des populations d'oiseaux marins nicheurs, ainsi que de l’écosystème côtier, lorsque la marée noire est encore si présente sur les côtes et avec une épave contenant encore de 15 à 18 000 tonnes d'hydrocarbures.


Le 12 février 2000

Toxicité du fioul de l’Erika, le ministère de l’environnement communique !

Le Ministère de l’environnement a publié le 10 février un communiqué sur la nature du produit pétrolier transporté par l’ERIKA, en rappelant qu’il s’agit d’un fuel lourd, du type n° 2 (teneur en soufre comprise entre 2 et 4 %), utilisé comme combustible, et, que comme résidu de distillation de pétrole brut, il comprend les composés toxiques du pétrole. L’impact potentiel sur la faune et la flore du fuel lourd n° 2 est ainsi plus élevé que celui de pétrole brut.

Les déchets récupérés et manipulés lors des opérations de nettoyage du littoral sont, pour 80 % de leur poids, un mélange d’eau, de sédiments, d’algues et de débris divers. Toutefois, selon le Ministère, “ Chez l’homme, la toxicité de ce produit dépend du degré d’exposition par contact direct ou par inhalation du fait d’une ingestion d’aliments contaminés par le produit “, le communiqué rappelant que dès décembre une série de recommandations quant à l’équipement des personnes procédant au nettoyage a été faite.

Concernant la volatibilité du produit, à la demande des autorités sanitaires, des capteurs ont été mis en place sur certaines places, afin de vérifier le taux d’hydrocarbures éventuellement présents dans l’air. En plus, une dizaine de pompiers intervenant sur les chantiers ont été équipés de badges aptes à mesurer la qualité de l’air et des prélèvements d’urine ont été effectués chez eux pour rechercher la présence éventuelle d’hydrocarbures. En outre diverses études sont en cours ou prévues pour évaluer les risques liés aux opérations de ramassage des déchets et de nettoyage des oiseaux.


Le 10 février 2000

Marée noire de l’Erika, quel bilan 2 mois après l’échouage...

Qui manipule qui ?

Un débat a lieu actuellement par communiqués et articles de presse interposés sur la composition du fuel de l’Erika. Alors que rien ne semble devoir être fait au niveau gouvernemental pour clarifier la situation, le Collectif citoyen anti-marées noires de St Nazaire et du littoral souhaitait organiser une réunion réunissant les différentes parties, afin de faire le point. Toutefois alors que le labo Analytika faisait parti des invités, celui-ci a informé le collectif qu'il n'était pas dans ses intentions de révéler, lors de cette réunion, à TotalFina (possible présent lors de ce débat) ses certitudes quand au fait que c'est bien du fuel de l'Erika qui a été l'objet de ses analyses.

Alors que le certificat de chargement de l'Erika contrôlé, à Dunkerque, par la société Caleb Bret (et portant la mention " Fuel N°2 ") est à ce jour la seule pièce officielle disponible publiquement dans ce dossier, et pour couper court aux incertitudes sur la nature du produit, et puisque les échantillons ne manquent malheureusement pas, le collectif demande à la D.A.S.S. de Loire Atlantique de procéder, d'urgence, à des prélèvements sous contrôle d'huissier, de ce qui arrive encore sur les plages. Ces échantillons seront ensuite confiés à des laboratoires indépendants des pouvoirs publics et des pétroliers pour une analyse comparative avec celle de la société Caleb Bret.

Du pétrole, encore et toujours !

Selon un accord passé entre l’Etat et la compagnie Total, entré en vigueur depuis le 26 janvier 2000, la société pétrolière prend en charge le traitement de l’épave par tous les moyens appropriés, afin d’éviter toute nouvelle pollution, et les mesures envisagées peuvent aller d’un pompage intégral ou partiel, au confinement et colmatage de l’épave... Toutefois, il semblerait que la société s’oriente vers un pompage intégral au cours du mois de mai 2000.

Néanmoins sur le terrain des galettes de fioul arrivent toujours sur les plages, les souillant de nouveau, bien qu’officiellement au niveau de l’épave on ne parle plus de fuite mais de suintement !!

Le nettoyage !

Du côté des bénévoles la lassitude est de plus en plus grande, et le manque de reconnaissance de la part des autorités vis à vis du travail de fourmi effectué, passe difficilement. Partout en effet, il n’y en a que pour Total qui va faire ceci, que pour l’administration qui a fait cela, et que pour le fait que cela n’arrivera plus, on vous le promet !!!!

Pourtant lorsque l’heure du bilan arrivera, la note risque d’être élevée concernant l’application du plan POLMAR (écosystèmes détruits, dunes ravagées, lessivage de jetées avec des détergents, coquillages cuits sous l’action des nettoyeurs haute pression à eau chaude, etc...). A côté de ces moyens et de leur activité, l’action des bénévoles est bien souvent passée sous silence, pourtant leur efficacité est grande, et ses “ fourmis “ en ramassant, grattant, nettoyant le pétrole font un travail titanesque, très souvent dans des conditions difficiles (froid, intempéries); et lorsque le soir vient, pour ceux venus de l’extérieur, trop souvent le gîte et le couvert ne sont pas à la hauteur et comme la plupart des bénévoles ils ont la sensation d’être mal informés et encadrés.

La gestion de la catastrophe

Pour le collectif citoyen anti-marées noires, ” le constat doit être fait que notre pays ne dispose pas des moyens nécessaires pour faire face a ce type de pollution. Il est évident que le temps perdu par la mise en oeuvre de moyens inadaptés a ultérieurement aggravé le caractère catastrophique de la pollution du littoral “.

En effet, à force de dire que cela n’arriverait plus, il faut croire que les autorités se sont convaincues elles-même. Si la France peut se targuer d’avoir une certaine expérience dans les marées noires, comment expliquer la lenteur de réaction des autorités avant, et après l’échouage de l’Erika.

Avant le naufrage de l’Erika, les incidents répertoriés aux abords des côtes européennes montrent l’insuffisance du système de prévention des risques maritimes en France et dans les Etats membres. Actuellement, lorsque des contrôles de navigabilité sont effectués dans les ports (1/4 des navires devraient être contrôlés), ceux-ci ne portent pas sur la structure des coques. Des sociétés de classification privées procèdent à leur examen pour le compte des armateurs. Ce naufrage met en évidence l'insuffisante rigueur tant dans les textes que dans l'application de la législation existante.

Après l’échouage, que penser de la lenteur de prise de conscience de la gravité de la situation au niveau gouvernemental, que penser des prévisions des différents spécialistes contredites par les faits, que penser de la faiblesse et du manque de rapidité de mise en oeuvre des moyens de lutte (des plus lourds aux plus simples comme des seaux et des pelles), que penser de l’apparente improvisation de l’évacuation des déchets et de leur stockage (en outre selon le collectif citoyen anti-marées noires, le traitement de ces déchets, également impréparé, pose manifestement un grave problème de méthode et de coût qui inquiète, alors que ceux des précédentes pollutions pétrolières sont restés en l'état, certains depuis plus de 20 ans).

Les oiseaux ?

Plus de 61 000 oiseaux ont été recueillis, dont 6348 vivants. 619 ont été relâchés. Au final, on peut tout en restant réaliste, estimer que plus de 300 000 oiseaux ont péri.

Solidarité

Outre les bénévoles qui représentent une des plus belles formes de solidarité, de nombreux artistes connus et inconnus offrent à la LPO leur contribution sous la forme de chanson.

A ce titre, un CD intitulé Total-désastre (reprenant les titres de nombreux artistes) sera dans les jours à venir, chez les disquaires (l’intégralité des bénéfices revenant à la LPO pour son action en faveur des oiseaux mazoutés). Un autre CD avec des artistes du littoral atlantique sortira simultanément, également au profit de la LPO, ainsi que de l’association Bretagne Vivante. Pour finir Jacques HIGELIN offrira un gala de soutien à l’action de la LPO, le 21 février prochain à 21h00 à La Maline (Ile de Ré); participation : 80 F et réservation à La Maline ARDC 05 46 29 93 53 ou au CIDJ La Rochelle 05 46 41 16 36


Le 2 février 2000

Communiqué du Ministère de l’environnement, sur la nature du fioul de l’Erika

Juste après la parution des analyses réalisées par Analytika (voir le communiqué ci-dessous), un communiqué du Ministère de l’Environnement note que dans le cadre de la marée noire survenue à la suite du naufrage de l’Erika, des analyses ont été réalisées à la demande des pouvoirs publics par plusieurs structures et organismes indépendants. Les organismes qui ont mené ces analyses (IFP (Institut Français du Pétrole), la Marine Nationale, le Muséum d’Histoire Naturelle, etc...) confirment selon le Ministère que le produit transporté par l’Erika est du fioul lourd n°2 répondant aux spécifications techniques et administratives en vigueur en France.


Le 1 février 2000

Toxicité potentielle des rejets de l’Erika

Un centre de recherche appliquée et d'expertises en chimie organique, Analytika dénonce la toxicité potentielle du fioul transporté par l’Erika. L'expertise d'un échantillon du rejet pétrolier de l'Erika (prélevé le 4 janvier 2000 sur les côtes de l'île de Groix) révèle que ce produit contient nombre de substances confirmées et / ou suspectées cancérigènes, par contact cutané.

Le rapport mentionne ainsi que “ En admettant que 15.000 tonnes du chargement de l'ERIKA ont été rejetées à ce jour au rivage, 7 à 9 tonnes de produits plus ou moins hautement cancérigènes ont été déversés sur le littoral atlantique français (et il y a tout lieu de craindre que les rejets qui restent accrochés au fond s'en décrochent à l'occasion de chaque grande marée ou tempête prochaine, pendant plusieurs années...). Il s'agit donc bien, à l'évidence, d'une atteinte majeure et durable à l'équilibre environnemental de ces régions, contrairement à ce que peuvent laisser croire les propos rassurants tenus par toutes sortes de fonctionnaires irresponsables, de la Préfecture de la zone de Défense Ouest (?) et de l'Agence Francaise de la Sécurité Sanitaire des Aliments, sans fondement scientifique, et en contradiction flagrante avec le "principe de précaution".”

Analytika fait actuellement procéder à des contre-expertises de ses analyses par un autre laboratoire.

Si la toxicité et donc la nature du produit est confirmé, ce qui est fort probable, la responsabilité pénale de la société Total est alors engagée. En effet dans ce cas, il y a tromperie sur la cargaison transportée : selon Total, il s’agit d’un carburant de basse qualité (type fuel n°2) qui était destiné à une centrale thermique italienne, alors que selon les analyses il s’agirait plutôt d’un produit du type “ déchets industriels spéciaux “ dont l’incinération obligatoire revient à 1500F la tonne.

En outre, selon la réglementation en vigueur en Europe, tout mélange chimique contenant une proportion supérieure ou égale à 0.1% de composant cancérigène ne doit être manipulé que par un personnel convenablement entrainé (ce qui est loin d’être le ca s des bénévoles).

Ndlr : il y a une dizaine de jours, nous avons reçu par email, une information émanant d’un centre de soins hollandais qui traitait des oiseaux victimes de l’Erika, et qui mentionnait que outre une mortalité anormalement élevée, les oiseaux développaient des pathologies cancérigènes. Après renseignement auprès des centres de soins français, l’information n’ayant pas été confirmée, cela n’avait pas été publié. Toutefois aujourd’hui, à la révélation des analyses menées par Analytika, les constatations du centre hollandais apparaissent crédibles.

Les rapports sont disponible sur le site Analytika


Le 29 janvier 2000

Marée noire de l’Erika (France)

Alors que de nouvelles plaques de mazout viennent souiller les plages déjà nettoyées depuis le 27 janvier 2000, selon la LPO (Ligue de protection des oiseaux) plus de 61 000 oiseaux mazoutées ont été accueillis par les centres de soins à la date du 29 janvier 2000, alors que plus de 200 ont retouvé la liberté après avoir été nettoyés et soignés.

A l’approche des vacances, le besoin en ? bras ? pour nettoyer les plages et les oiseaux est toujours d’actualité, tout comme la nécessité de matériel de nettoyage, de produits vétérinaires, et de dons pour assurer le fonctionnement des centres de soins. Pour plus de détails, vous pouvez vous connecter sur la page que la LPO a mis spécialement en ligne.


Le 28 janvier 2000

Greenpeace demande à l’union européenne des mesures pour éviter d’autre Erika

Un mois après le naufrage de l’Erika au large des côtes bretonnes, Greenpeace demande à l’Union Européenne d’adopter une série de mesures qui permettront de faire porter sur les compagnies pétrolières la responsabilité des accidents et pollution par les hydrocarbures.

Pour l’association, il est indispensable que l’Europe impose des règles en matière de responsabilité et de sécurité des transports maritimes. A ce titre, elle demande avant la fin de l’année 2000 :

- le renforcement et l’obligation des inspections au port,

- le contrôle des sociétés de classification,

- la publication et le libre accès aux résultats des contrôles et inspections,

- d’interdire l’accès des ports européens à tous les bateaux sous pavillon de complaisance,

- d’interdire en Europe la commercialisation des produits que les pavillons de complaisance transporte,

- la fermeture des entreprises européennes qui contribuent à l’existence administrative des pavillons de complaisance.

En outre pour B. Rebelle directeur de Greenpeace France, “ Il est urgent d’identifier les espaces de haute valeur environnementale dont l’accès devra être formellement interdit à la navigation commerciale “.

Toutefois, même si toutes ces mesures étaient adoptées, ce qui est utopique, il ne faut pas oublier que les marées noires ne représentent que 10 % des rejets d’hydrocarbures en mer, le reste provenant des dégazages, du raffinage et de l’extraction depuis les plates-formes, etc... Seule une législation internationale stricte, et avec des moyens pour veiller à son application, peut prendre en compte l’ensemble des différentes étapes de l’exploitation pétrolière et ainsi limiter les rejets.


Le 21 janvier 2000

Marée noire de l'Erika

D'après le Ministère de l'environnement, 100 000 T. de déchets ont déjà été collectés, dont 10 % d'hydrocarbures. Néanmoins, la liste des victimes continue de s’allonger, et les centres de soins qui reçoivent les oiseaux de l’Erika constatent une mortalité supérieure de 15 à 20 % par rapport aux oiseaux qu’ils ont l’habitude de traiter. Cela serait dû à la nature du petrole de l’Erika, particulièrement nocif.
A ce sujet, J. Oudot, du Muséum national d'histoire naturelle, mentionne dans le bulletin d'information sur la marée noire que la composition et la viscosité du fioul transporté par l'Erika " laissent prévoir une faible biodégradabilité du produit. Nous estimons que ce fioul se dégradera de toute façon, lentement et naturellement, peut être entre 20 et 30 % au maximum dans des conditions idéales. A titre de comparaison, un pétrole brut de type Amoco peut se dégrader à 60-70 %, et à 85-90 % pour un gasoil courant. "

Bien que de nombreuses plaques de pétrole de 15 à 20 m2, ont été repérées dans l'avant port de Saint Nazaire, cette pollution n'a rien à voir avec l'Erika selon les prélèvements effectués. De plus, le colmatage des fuites (à l’exception d’une “petite”) serait achevé selon les autorités maritimes, toutefois, l’étanchéité de la coque ne peut être garantie à 100 %, et l’opération de pompage du pétrole restant dans le navire ne semble pas devoir être menée avant l’été 2000, principalement pour des raisons techniques et d’organisation.

Après les premiers oiseaux relâchés, un plan de relâcher a été établi par les divers intervenants participant au sauvetage. 4 zones ont été définies afin de diminuer le trajet d'acheminement et de limiter le stress des oiseaux.


Le 19 janvier 2000

Un 2ème Erika en Bretagne ? (France)

Le 19 janvier 2000, un navire citerne de 27 ans d'âge, le SANTANA 3, sous pavillon Maltais, fait route vers Brest afin de faire le plein de carburant. L'inspecteur des affaires maritimes de Bordeaux, qui a constaté des déficiences, l'a autorisé à reprendre la mer contre l'engagement d'effectuer les réparations nécessaires en Angleterre. Rien ne prouve qu'il va réellement s'y rendre. De plus, il semble que l'équipage n'ait pas été payé depuis 23 mois.
Ainsi, un mois après le naufrage de l’Erika, le ballet des navires poubelles continue de plus belle.
Pour les Verts, le gouvernement français a les moyens légaux pour intervenir et la population ne comprendrait pas qu'on laisse repartir le Santana 3 en faisant courir le risque d'une deuxième catastrophe écologique sur les côtes Bretonnes.


Le 18 janvier 2000

Opération-test de relâcher d'oiseaux victimes de la marée noire, après leurs soins

Le nombre d’oiseaux récupérés après la catastrophe de l’Erika ne cesse de croître : plus de 54 000 recueillis dans les centres de soins et sans doute beaucoup plus de noyés en mer et non récupérés.
La LPO va entreprendre mercredi un test de relâcher d’oiseaux soignés, symbole de sa lutte pour faire reculer la mort, en association avec tous ceux qui ont oeuvré pour sauver les oiseaux : l’ADEV, Bretagne Vivante, SEPNB, le centre UNCS de l’ENV de Nantes, le Chêne, l’Hirondelle, le Parc Ornithologique du Teich, l’ONC, etc...
Les oiseaux vivants qui arrivent dans les différents centres de soins installés sur les côtes françaises, sont soumis à une chaîne de traitement particulièrement complexe :
- des traitements vétérinaires intensifs sont donnés prioritairement (purge, réhydratation, vitamines et antibiotiques.
- des gavages pour permettre à l’oiseau de reprendre du poids et supporter la suite des opérations.
- le lavage proprement dit qui demande parfois des heures de travail.
- quand l’oiseau a bien récupéré, des tests de flottabilité en piscine pour s’assurer qu’il pourra reprendre la mer et y vivre correctement.
- en même temps que ce travail de réhabilitation fonctionnelle, les soigneurs examinent certains aspects comportementaux comme le toilettage et le lissage des plumes par l’oiseau lui-même.
Alors, et alors seulement, si toutes ces étapes sont positives, sera envisagé le relâcher de l’oiseau dans son milieu naturel qu’est la mer, celui-ci ayant au préalable, été muni d’une bague du Muséum National d’Histoire Naturelle.
C’est ainsi que mercredi 19 janvier 2000, 20 oiseaux, 15 guillemots de Tro l et 5 fous de Bassan vont être relâchés en début d’après-midi devant la station LPO de l’Ile Grande, dans les Côtes d’Armor.
Pourquoi cette opération et pourquoi cet endroit ?
Il s’agit d’une opération-test de relâcher ; d’autres suivront si celle-là réussie.
Ensuite la station de l’Ile Grande est hautement symbolique de part son expérience mais aussi parce qu’elle est le lieu de coordination nationale du plan de sauvetage des oiseaux mazoutés, victimes de la maree noire de l’Erika.
De plus, L’Ile Grande se situe dans les Côtes d’Armor, région qui a été heureusement épargnée par la catastrophe. Avant le relâcher, la LPO s’est enquise auprès des autorités maritimes pour savoir s’il n’y avait pas actuellement de pollution, même mineure, dans la Manche.
Enfin, nous sommes à une période de l’année où commencent à remonter vers le nord les premiers oiseaux marins. Ceux-là , au moins, ont quelques chances d’être épargnés.


Création d’un observatoire de suivi de la marée noire


La ministre de l’environnement, Dominique Voynet, a annoncé lors d’une conférence de presse que le Plan POLMAR mis en place dans le cadre de la marée noire de l’Erika, va prendre en charge quelque 300 emplois, à répartir entre les centres côtiers et les centres de soins.
Le but est de proposer à des chômeurs qualifiés dans le domaine de l’environnement, d’encadrer pendant 3 mois des missions de nettoyage, de sauvetage ou de restauration des milieux : 10 MF sont prévus pour financer ces emplois qui seront proposés aux associations et aux élus. Ces nouveaux venus n’auront donc pas vocation à se substituer aux bénévoles, ni aux titulaires d’un contrat emploi solidarité (CES) embauchés dans tel ou tel chantier de restauration côtière.
La création d’un “observatoire de suivi de la marée noire” a également été annoncé à l’occasion de la conférence. Il devrait donner aux différentes associations mobilisées pour lutter contre la marée noire, les moyens de poursuivre et d’amplifier leur implication sur le terrain grâce à une structure commune. L’observatoire sera hébergé par la Diren, à Nantes, et disposera d’un budget de fonctionnement de départ d’1 MF.


Le 16 janvier 2000

Conséquences de la marée noire de l’Erika

40 000, c’est le chiffre d’oiseaux recueillis vivants, un mois après le naufrage du petrolier Erika. Si l’on devait comptabiliser les morts, beaucoup plus nombreux, et ceux morts en mer sans laisser de trace, le chiffre serait probablement multiplié au moins par 4 !!
Par ailleurs, la pollution ayant atteint à présent les côtes, c'est au tour des oiseaux de rivage à être fortement touchés. Au total, plus de 50 espèces différentes sont victimes de cette pollution marine sans précédent en Europe. Pour la LPO (Ligue de protection des oiseaux) c'est la conjonction de 2 facteurs qui explique une telle hécatombe :
- bien que la quantité de pétrole déversée dans la mer soit moindre au regard de celle de l'Amoco Cadiz en 1978 (230 000 tonnes) - cette catastrophe survient en pleine période d'hivernage pour les oiseaux marins. En hiver, les oiseaux qui nichent sur les falaises du nord de l'Europe mais aussi en France (pingouins, guillemots, macareux, fous, mouettes tridactyles) ou dans la toundra (canards, petits échassiers), viennent passer la mauvaise saison sous nos latitudes, au large pour les premiers, dans les baies et les estuaires pour les seconds. La pollution les a donc surpris au moment où ils doivent affronter l'hiver et faire leurs réserves de graisse nécessaires pour la migration de retour;
- cette pollution qui s'est produite au large, a dérivé fortement vers le sud et touche aujourd'hui plus de 500 km de façade atlantique, soit une superficie très importante.
L'une des grandes inconnues qui inquiète dès à présent la LPO, est l'avenir prochain des oiseaux qui nichent en France et notamment des 250 couples de guillemots, pingouins (25 couples) et macareux (250 couples), lesquels n'ont jamais retrouvé leurs effectifs d'antan depuis la marée noire du Torrey Canyon en 1967. Qu'en sera-t-il le printemps prochain ? Ces espèces sont-elles vouées à disparaître de France à l'aube du troisième millénaire ?
Si les oiseaux sont les principales victimes de la marée noire, il ne faut pas oublier que l’ensemble de l’écosystème marin et côtier est touché (la faune comme la flore). Les conséquences humaines (artisans pêcheurs et autres professions vivant des ressources de la mer) comme écologiques (endommagement des dunes du littoral par des manipulations inconsidérées du matériel lourd lié au nettoyage des côtes; déversement de produits chimiques pour lutter contre le pétrole, plus nocif que le mazout) sont inchiffrables et marquerons probablement très longtemps les esprits et l’environnement.


Le 16 janvier 2000

Le rapport d'enquête met en cause armateur et affréteurs

Rendu public le vendredi 14 janvier 2000, le rapport d'enquête sur les causes du naufrage de l'Erika démontre clairement la responsabilité de l'armateur, mais aussi de l'affréteur Total, et de la société chargée de la vérification du navire. Toutefois, le rapport dédouane de toute responsabilité les autorités portuaires françaises ainsi que l’équipage (y compris le commandant), fait rarissime dans les catastrophes de ce type où il est courant de faire porter la responsabilité sur l’équipage, comme l’a démontré l’empressement des autorités envers le commandant de l’Erika...
Selon le rapport, la perte totale de l’Erika, dans l’état actuel des informations disponibles, est très probablement imputable à une défaillance de la structure du navire.
Bien que "Responsable mais pas coupable" semble être aujourd'hui la ligne de défense de la société Total, le rapport mentionne clairement que si un dispositif d’inspection a bien été mis en oeuvre avant la prise en charge, les critères plus rigoureux qui étaient utilisés jusqu’à un passé récent pour les navires que les affréteurs possédaient en leur nom propre, n’ont pas été adopté pour l’inspection de l’Erika.
Si le rapport n’explique pas ce fait, il est vraisemblable que les affréteurs ont opté pour une inspection légère pour des raisons d’ordre économique. L’autre raison pourrait être que l’état de la structure du navire était connu, et que pour éviter sa mise à l’écart, l’on est préféré une visite légère, mais cela semble invraisemblable tant une telle attitude serait criminelle.
En outre, un certain nombre de propositions sont préconisées par le rapport pour améliorer la sécurité du transport maritime, comme une inspection structurelle, aux frais de l’armateur et chaque année, des navires citernes construits avant 1980. Il est précisé que cette inspection devrait être mise en place dès l’an 2000, et pourrait être menée par une commission dont 2 des membres seraient désignés par les autorités.


Le 16 janvier 2000

Des bénévoles très dévoués

Si l’action et la mobilisation des bénévoles est exemplaire, on ne peut en dire autant de celle des autorités qui malgré plusieurs catastrophes similaires n’avaient toujours pas mis en place un dispositif efficace pour faire face à de tels accidents, en préfèrant un “ça n’arrivera plus !!”
Un mois après la catastrophe, la gestion du nettoyage est encore aléatoire, avec une carence en matériel et en hébergement pour les bénévoles !!

Quelques florilèges d'images de l'époque contre la société Total


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