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Habitat
Depuis le 31 décembre 2005, tous les logements qui ne bénéficient pas d’un raccordement au tout à l’égout sont dans l’obligation d’avoir leur propre système d’assainissement. Surtout développée pour le collectif, la filtration/épuration par roseaux se positionne en alternative au classique système d’épandage et filtre à sable, avec un concept qui rencontre un franc succès en Allemagne, Belgique et Pays-Bas, tant au niveau des communes que des particuliers.
Qu’est-ce qu’un filtre planté
de roseaux
C’est en Allemagne, dans les années cinquante, que le professeur Käte Seidel a mis au point le premier système d’épuration des eaux usées, en utilisant des roseaux et des joncs. Logiquement, c’est également en Allemagne que, dès la fin des années 1960, les premiers filtres plantés de roseaux ont été commercialisés. En France, il faut attendre le milieu des années 1980 et la commune de Pannissières dans le Jura, pour voir une municipalité adopter le procédé (à noter que cette installation est toujours en activité).
L’idée de base est de recréer, là où on en a besoin, les phénomènes épurateurs des bordures de marais. Le procédé fait donc appel à des plantes de zones humides comme les roseaux, mais non exclusivement (cf. encadré ci-dessous). Toutefois, attention, comme pour un épandage ou un filtre à sable, un filtre planté de roseaux se place en fin de parcours des eaux usées. Le cheminement des eaux usées doit débuter par une fosse toutes eaux, puis continuer avec un préfiltre avant d’atteindre le filtre planté de roseaux. Ce dernier est constitué d’un bassin étanchéifié par une géomembrane, en légère pente, dans lequel se trouvent des petits galets de 1 à 2 cm de diamètre, sur une profondeur de 50 à 60 cm. La surface de ce bassin est colonisée par les roseaux, généralement des phragmites communs.
L’écoulement des eaux se fait par gravitation, avec une alimentation dans la partie haute, provenant directement du préfiltre, et une sortie en partie basse vers le milieu naturel, une fois l’eau épurée. La qualité obtenue est très souvent conforme à celle d’une eau de baignade, soit bien au-dessus de ce que la norme demande.
L’intégration paysagère est totale, quasiment aucune odeur ne se dégage, et par définition le fonctionnement est totalement silencieux, si ce n’est le bruit du vent dans le feuillage des plantes. En surface occupée, l’emprise au sol (environ 5 m2 par habitant) est sensiblement identique à un épandage classique mais, de par l’étanchéité du bassin, le filtre peut se placer n’importe où dans le jardin, y compris à côté du potager…
Les roseaux phragmites communs plébiscités
Les phragmites communs sont les végétaux les plus fréquemment utilisés pour l’épuration. Leur croissance rapide et leur aptitude à développer un système racinaire dense, facteur de démultiplication végétale, ne sont pas étrangères à cette préférence. Néanmoins, ils ne sont pas les seuls à pouvoir être utilisés dans le cadre d’une filtration à partir de végétaux. D’autres plantes de zone humide (divers roseaux, iris, scirpe…) sont également utilisées pour la phytoépuration de l’eau. De même on trouve aussi des espèces ligneuses comme les saules et les aulnes qui, de par leur constitution et leur développement, assurent une meilleure épuration de l’eau traitée, ménageant encore un peu plus les milieux récepteurs sensibles.
Comment ça marche
En sortie de fosse septique, alors que les matières organiques sont liquéfiées, la qualité de “l’eau” obtenue est insuffisante pour pouvoir être diffusée directement dans l’environnement. Aussi, le principe est de mettre en œuvre la décomposition de la matière organique encore présente, par son traitement dans le filtre à roseaux.
A la Une de l’actualité
Contrairement à ce qui se dit souvent, l’épuration n’est pas directement à mettre au compte des roseaux. Ceux-ci sont plutôt là pour “faciliter la vie” des bactéries qui sont les véritables chevilles ouvrières du processus d’épuration. Inondé d’une eau chargée en nutriments, le sol de galets est densément peuplé de micro-organismes (bactéries, champignons) qui consomment la matière organique.
Pour faire simple, on peut comparer le fonctionnement des filtres plantés de roseaux au phénomène d’épuration naturelle des eaux d’étangs. Les eaux provenant de la fosse septique, après avoir traversé le préfiltre, subissent plusieurs traitements :
insolubles,
Au final, la pollution est transformée en boue, laquelle impose une intervention de nettoyage du bassin tous les 10 ans, environ. Durant cette longue période, c’est les racines des roseaux qui permettent au filtre de conserver toute son efficacité. De par leur dynamique, elles évitent le colmatage du sol tout en favorisant l’oxygénation des bactéries et la bonne infiltration de l’eau. Accessoirement, la croissance de la partie aérienne des roseaux permet de stocker de la matière, et donc d’espacer les curages.
==> Suite et fin de l’article
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