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La haie, un bienfait favorable au climat et aux insectivores

La haie

Flore

Les haies ont été faites par l’homme, pour l’homme.

haie champêtre

Idéales pour séparer 2 milieux, les haies trouvent leur place au bord des routes, où elles atténuent les nuisances pour les riverains (déplacement d’air, bruit, odeur).

Dès le Moyen-Age, les forêts ont été déboisées pour faire place aux cultures. Néanmoins, chaque parcelle conservait sur son pourtour, une bande de végétation. Celle-ci permettait de délimiter le terrain. Ainsi sont apparues les haies que nous connaissons.

La haie, au fil du temps, est devenue un écotone dans lequel la chaîne alimentaire trouve tous ses maillons.

Les habitants de la campagne lui rendaient visite régulièrement, pour l’entretenir, mais aussi pour y prélever des éléments nécessaires à la vie courante. Avec l’ère de la mécanisation de l’agriculture, les haies sont devenues gênantes, délimitant des champs trop petits. En France, l’apogée de leur suppression remonte aux années soixante. Lorsque le remembrement à été décidé, c’est plus de 200 000 Km de haies qui ont été arrachées. Au niveau mondial, c’est deux millions de kilomètres supprimés.

Hélas, comme beaucoup de choix et d’actions menés à grande échelle, sans prendre garde aux éventuelles conséquences, cette politique d’arrachage fit plus de mal que de bien. Pour cette raison, aujourd’hui, on incite les agriculteurs à replanter des haies.

Avant de continuer, il est important de préciser ce qu’est une haie champêtre :

C’est un abri pour la faune, ses couleurs changent au fil des saisons, et surtout elle ne ressemble pas à un mur, comme les trop nombreuses haies de conifères, sombres et sans vie. Une telle haie est constituée de plusieurs espèces (feuillus et persistants de la région) qui permettent d’avoir une floraison sur une grande partie de l’année.
haie résineuxA la floraison doivent succéder des fruits ( pas forcément comestibles). S’il est nécessaire de la tailler, la taille doit être légère.

Parfait contre exemple d’une haie champêtre : les haies de thuyas monotypes, sans vie (photo ci-contre). Une haie champêtre, c’est tout sauf un mur végétal, mais un espace de vie pour de nombreuses espèces végétales et animales.

Un bienfait pour les cultures

Oui un bienfait !
Car au premier coup d’oeil, on peut se poser la question ; les cultures proches de la haie sont généralement moins « belles » qu’au milieu du champ (ce fait est dû à la concurrence entre la haie et la culture). Néanmoins, des études très sérieuses montrent que dans un environnement de haies, le rendement des cultures est supérieur de 5 à 15 %.

Une fabrique à humus
L’automne et son épais tapis de feuilles mortes fournissent à la terre un engrais naturel important pour son équilibre. Les feuilles mortes sont mangées par les différents insectes, vers, bactéries, vivant dans la haie. Une fois digérées et rejetées, elles deviennent cet engrais si riche en minéraux, très utile pour la régénération des sols.

délimitation de prairieUn brise-vent de première qualité
En effet, rien de mieux qu’une haie, pour protéger un sol des méfaits du vent. Là où un mur ne protège le sol que sur une longueur égale à 2 fois sa hauteur, une haie permet une protection allant de 10 à 20 fois sa hauteur (plus elle est perméable, plus elle est efficace, sa perméabilité idéale pour le vent étant de 70%).

Un régulateur du climat
Grâce à son ombre et à son action sur le vent, le sol se dessèche moins en été ; la rosée est également plus importante. En hiver elle constitue un obstacle très efficace contre les vents forts et les déplacements d’air froid.
Ainsi, été comme hiver, la température à sa proximité est plus clémente. Certaines régions (principalement dans les pays du nord) ont vu leur température moyenne sur l’année augmentée de 2 à 3 degrés et les journées de grands vents diminuées ; ceci, quelques années après une campagne de plantation intensive de haies.

Une éponge
Avec les fossés, c’est un excellent moyen de réguler les eaux pluviales. Grâce à ses racines, la haie facilite l’infiltration de l’eau dans les nappes phréatiques, ainsi que le drainage du sol. Par cette action, elle limite considérablement l’érosion du sol.
A titre d’exemple, on peut citer le cas du déferlement de boue qui s’est abattu sur la commune de Morlaix (Finistère) après le remembrement.

Un transformateur
Par ses racines, elle retient les résidus d’engrais pour les transformer en engrais naturel. Il n’y a qu’à voir le problème de l’épandage du lisier en Bretagne, pour se convaincre de son action bénéfique. Non retenu par des haies, le lisier « s’écoule » jusqu’à la mer, lors des périodes pluvieuses.

Un abri pour les insectivores
Certains insectes sont redoutables pour les cultures. Là encore la haie offre une solution, en hébergeant de nombreux insectivores (crapaud, lézard, merle, coccinelle, mésange, etc).
Utopie d’écolo que de lutter contre les insectes avec les haies ? Non pas du tout !
Pour preuve, les travaux menés à la station de recherche de Zoologie de l’INRA d’Avignon, ont abouti à la mise au point de haies constituées d’un mélange de divers feuillus. Les recherches ont montré qu’un choix et un assemblage raisonné des essences végétales, favorisent spécifiquement, la présence et la diversité des insectes utiles aux cultures.

La haie et les hommes

De tout temps, la haie a accompagné l’homme dans sa vie de tous les jours, en lui donnant des fruits, du bois pour se chauffer et faire des outils, ainsi que des plantes pour se soigner.

Les fruits
Nombre de variétés poussent naturellement dans une haie. Autrefois, elles fournissaient des baies pour réaliser des gelées et des confitures (mûriers, prunelliers, sorbiers) et des fruits secs comme avec le noisetier (lequel est très efficace, pour créer un micro climat).

haie et baiesLe bois
Outre les fagots faits avec le bois mort de la haie, les jeunes pousses fournissaient un complément alimentaire pour le bétail, et certaines variétés (charmes, ormes, etc) permettaient de réaliser des manches pour les outils.

Une apparence flatteuse
Genêt, chèvrefeuille, houx, seringat, églantier et autres participent à fleurir la haie, du printemps à l’automne. Ils peuvent être également mis à contribution, pour faire de jolis bouquets champêtres.

Qui au cours d'une promenade n'a pas cherché et cueilli des baies dans une haies, mais attention, elles ne sont pas toutes comestibles

L’écotone

La haie est un vrai lieu de vie qui offre non seulement un abri sûr, mais aussi de la nourriture à toutes sortes d’animaux, son feuillage et ses épines les mettent à l’abri des intempéries, des regards indiscrets et des prédateurs. Les oiseaux, les mammifères et les invertébrés qui la fréquentent forment avec elle une chaîne alimentaire complète. On pourrait presque parler d’un écosystème.

On compte en général (selon la diversité végétale de la haie) une centaine d’espèces différentes pour une longueur de 20 m de haie.

Les conséquences de sa disparition

Faute d’abri digne de ce nom pour se protéger, Les perdrix connaissent une forte mortalité lors des hivers rigoureux, et ont des problèmes pour nicher au printemps. les lièvres, eux, ne trouvent plus de site conforme à leurs besoins.

Crapauds, hérissons, orvets …. tous grands prédateurs de nuisibles, et amis de l’homme, connaissent le même sort. Conséquence directe de leur disparition, davantage de prédateurs pour les cultures, donc davantage d’insecticides et autres pesticides. Avec les engrais, ces produits pénètrent dans le sol, polluant les nappes phréatiques ou s’écoulent avec les eaux pluviales, vers les cours d’eau et les océans, faute de filtre et de barrière constitués par les haies.

haie protection contre érosion pesticides et ventComme révélateur, on peut citer les traces de pesticides retrouvées dans la graisse de phoques vivant en Arctique, loin de toute source de pollution. Aux USA, on estime qu’environ 20 000 personnes meurent chaque année des suites d’un cancer dû aux pesticides. En France, l’eau du robinet n’est plus potable dans de nombreuses zones.

L’érosion des sols (par l’eau comme par le vent) et la diminution de la couche de terre arable qui ensuit est énorme (la terre arable est une terre riche en minéraux, indispensable aux cultures; des études ont montré que la perte de 2,5 cm de terre arable entraîne une baisse du rendement agricole de 6%). Chaque année dans le monde, l’erosion emporte 24 milliards de tonnes de terre arable, ce qui représente l’équivalent d’une récolte potentielle de 9 millions de tonnes de céréales perdue. Cette érosion est également une source importante de glissements de terrains, avec parfois des conséquences dramatiques.

Sans les racines des végétaux, les agriculteurs sont souvent obligés de faire poser des tuyaux de drainage, s’ils ne veulent pas voir le rendement de leurs champs diminué.

Et si on replantait des haies !

Depuis les années 80, une prise de conscience voit le jour politiquement, au niveau mondial. La raison de ce début de revirement vient de l’inquiétude provoquée par l’érosion de la couche de terre arable. Ainsi, dans certaines régions du monde, on incite les agriculteurs à replanter des haies, ou si la superficie importante de leurs champs les rend inefficaces, d’autres solutions sont proposées, comme la mise en jachère sur plusieurs années, ou la culture par bandes étroites. Aux USA, les autorités ont incité les agriculteurs à s’engager dans cette voie sous peine de suppression des primes, subventions et autres assurances. C’est ainsi qu’en une quinzaine d’années l’érosion des terres arables a été diminuée des 2/3 dans ce pays.

En France le lobby agricole est plus puissant et les conditions climatiques moins extrêmes ; aussi pas de décision nationale, mais ici et là des incitations à la reconquête des campagnes par les haies. Les zones les plus rétives à cette idée, sont celles où l’agriculture est la plus intensive, principalement les régions céréalières.

Un ras le bol apparaît de la part des contribuables des pays industrialisés, lassés de payer pour subventionner une agriculture qui fait la part belle aux pesticides, engrais et autres, et ensuite de devoir régler la facture pour nettoyer l’eau souillée par ces mêmes produits. On peut espérer que cet état d’esprit fera évoluer les attitudes et influencera les décisions environnementales à venir.

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