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Homme, nature et pesticides 2/4

Environnement

==> Vers le début du dossier

Pollution des milieux

Depuis plus d’un quart de siècle, on sait que l’utilisation de certains pesticides, provoque de profondes modifications de l’écosystème dans lequel on les introduit.

Les sols
Ils sont contaminés pour de nombreuses années sur des dizaines de millions d‘hectares à l’échelle européenne.
Les pesticides peu dégradables, ou présents dans un sol acide ou pauvre en bactéries, se stabilisent en se liant à certains constituants du sol. Par exemple, sous monoculture de blé traité à l’atrazine, après 1 mois, presque 50 % de l’atrazine se retrouvent sous forme de résidu lié. Le sol, sous certaines conditions (réchauffé, érodé, acidifié, dégradé, amendé…) peut restituer les pesticides ou leurs sous-produits durant plusieurs années ou décennies.

Les eaux de surface et souterraines
Un rapport de l’IFEN (2001)
L’Institut Français de l’Environnement dans son rapport sur la contamination des eaux par les pesticides en France a rélévé l’ampleur du problème. L’ensemble des cours d’eau étudiés est l’objet d’une contamination par les pesticides (à 6% près) et 75% des points surveillés en eaux souterraines sont altérés par la présence de pesticides.
Parmi les substances les plus fréquemment identifiées, on retrouve, d’année en année, les herbicides de la famille des triazines (y compris les produits de dégradation), aussi bien dans les cours d’eau que dans les eaux souterraines. Ce sont également en majorité des triazines (environ 10 tonnes par an) qui contaminent les zones estuariennes et côtières du littoral, les grands fleuves français les alimentant (Univers-nature du 16 juillet 2002).
Concernant les départements d’Outre Mer, malgré l’imperfection des informations collectées, les résultats montrent un niveau de contamination important des ressources en eau. Les 4 départements sont touchés, de façon très importante aux Antilles et en Guyane et dans une moindre mesure à la Réunion. Aux Antilles, les principales molécules incriminées sont des insecticides interdits pour l’usage agricole depuis plusieurs années.
Un constat de l’Agence de l’Eau Seine Normandie
Fin 2001, l’AESN (Agence de l’Eau Seine Normandie) a fait savoir que la contamination de l’eau par les pesticides dépassait 0,1 microgramme par litre sur 40% des points contrôlés, rendant l’eau non-conforme à la norme de potabilité (chiffre de 1999).
Bilan pour le bassin Rhône-Méditerranée-Corse
En mai 2002, l’AERMC (Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse) a publié le bilan de deux années et demie de surveillance des pesticides dans les eaux superficielles de son bassin. L’Agence note une contamination généralisée des eaux superficielles du bassin Rhône-Méditerranée-Corse dans les zones dites “à risques” (viticulture, grandes cultures, maraîchage et arboriculture).
Une information de la DDASS de Seine et Marne
Certaines DDASS (Direction Départementale des affaires Sanitaires et Sociales), dans le bilan des analyses d’eau potable fourni aux consommateurs, mettent en valeur la présence de pesticides, révélant parfois une eau impropre à la consommation. Des concentrations 2 fois supérieures à la norme ne sont pas exceptionnelles.
D’autres constats
Dans le passé des accidents se sont produits avec l’eau puisée dans des nappes phréatiques, pour irriguer des cultures (Eléments d’écologie appliquée de F. Ramade, EDISCIENCE). Une revue de consommateur a publié en 2000 des résultats concernant des Eaux de source et des Eaux minérales révélant des traces de pesticides (Que choisir de mars 2000).

L’atmosphère
Nombre de pesticides sont présents dans l’atmosphère
Ils s’y trouvent à cause de leur épandage (de 30 à 75% des produits épandus sont transférés); le taux de transfert dépend de plusieurs facteurs tels : les caractéristiques du produit (solubilité, volatilité, capacité à se dégrader), le type de sol, les pratiques agricoles, le type de pulvérisation, les conditions climatiques.
Les pesticides sont véhiculés par les flux atmosphériques
Les travaux de géochimistes et écologues américains confirment que des pesticides peuvent contaminer de vastes zones en voyageant dans l’atmosphère, avant de retomber avec les intempéries ou sous forme de dépôts secs (Université du Texas A&M – Kingsville).
Les eaux de pluie se chargent de pesticides
Le transfert des polluants de l’atmosphère à la pluie se fait au niveau du nuage.
Les gouttelettes de pluie se chargent de produits qui peuvent avoir une origine locale. Le plus souvent, les traces de biocides trouvées dans les nuages résultent d’un transport à moyenne ou longue distance. Des pluies faibles et brèves présentent des teneurs plus élevées, particulièrement s’il s’agit de pluies printanières ou de début d’été précédées d’une longue période sèche.
La recherche des pesticides dans l’air coûte très cher et nécessite des protocoles très complexes, les teneurs estimées étant très faibles, de l’ordre du nanogramme (milliardième de gramme par mètre cube). Pour cette raison, on les recherche de préférence dans l’eau. En France, l’INRA de Rennes a effectué entre 1995 et 1996 des mesures dans les eaux de pluie (Environnement magazine de mai 2000). Les prélèvements ont été effectués dans plusieurs sites.
Le transport des pesticides par l’atmosphère peut être illustré avec le cas de Trémargat, village du centre Bretagne : les mesures effectuées révélaient des taux proches des maxima admissibles en atrazine et en alachlore, avec un taux atteignant la valeur de 100 ng/l en dinoterbe (pesticide actuellement interdit). Au final, 6 pesticides étaient détectés dans une eau de pluie dont on aurait pu attendre une pureté maximale.
Les brouillards et autres phénomènes de particules d’eau en suspension, ne sont pas épargnés. Ils présentent généralement des taux 30 à 100 fois plus importants en pesticides que les pluies (les gouttelettes les plus fines sont celles qui concentrent le plus les pesticides).
Selon les études initiées à l’occasion des « Plans régionaux de la qualité de l’air », des concentrations en atrazine, en dinoterbe ou en alachlore atteignent parfois 10 à 20 fois les normes tolérées pour l’eau potable.

Les lieux d’habitation

Certains produits domestiques (produits de traitement des bois ou tissus, insecticides, produits antiparasitaires…) contiennent des matières actives nocives par contact, inhalation ou ingestion. Ils imprègnent murs, rideaux, coussins, moquettes et poussières, exposant les enfants à des doses souvent supérieures à celles des adultes.
Des études nord-américaines mettent en évidence la présence de 1 à 18 pesticides dans l’air des maisons étudiées.

Les effets sur les espèces

Effets sur la flore
A l’évidence, les herbicides sont les produits les plus nocifs pour les plantes non-cultivées. Mais la microflore est aussi atteinte et dans certaines zones, on peut suspecter un lien de cause à effet entre l’utilisation des pesticides et, par exemple, la disparition de lichens. Les pesticides auraient également une responsabilité dans le dépérissement forestier : pour Hartmut Frank, écotoxicologue de l’Université de Tübingen, les sols des parcelles les plus touchées présentent de fortes concentrations en trichloroacide acétique, jusqu’à 0,4 mg/m3 sur des zones où il n’a jamais été appliqué (communication orale).

Effets sur la faune
La contamination intervient par la consommation d’eau de pluie (gouttes de rosée…) de cours d’eau, d’étangs… ainsi que par inhalation et exposition directe aux particules d’eau contaminées. Les animaux à sang froid sont les plus touchés, mais des micro-organismes à la baleine bleue, toutes les espèces sont des victimes, actuelles ou à venir, des millions de tonnes de pesticides déversées sur la planète. Quelques exemples :
Les poissons
Des poissons d’eau douce sont affectés dans leur reproduction (Saint-Laurent).
Les batraciens
L’herbicide qui se vend le mieux aux Etats-Unis, l’Atrazine, perturbe le développement sexuel des grenouilles à une concentration 30 fois inférieure au niveau admis par l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) et soulève, à ce titre, des inquiétudes à propos de son utilisation dans les cultures. Tyrone B. Hayes (Académie Nationale des Sciences de l’Université de Californie – Berkeley en avril 2002), à l’origine de ce constat, rapporte que l’atrazine, à des niveaux souvent trouvés dans l’environnement, démasculinise les têtards et les transforme en hermaphrodites. Pour les grenouilles mâles arrivées à maturité sexuelle, l’herbicide diminue de 10 le taux de testostérone, pour atteindre des taux inférieurs à ceux des grenouilles femelles normales.
Hayes a déclaré à ce sujet « C’est parce que l’herbicide a été utilisé pendant 40 ans dans quelques 80 pays que son effet sur le développement sexuel des grenouilles mâles pourrait être l’un des nombreux facteurs contribuant au déclin global des amphibiens… L’atrazine affecte de toute évidence les grenouilles… Nous avons montré des effets assez sérieux sur leur développement sexuel. Nous devons nous poser les questions suivantes : Quels sont les coûts environnementaux de l’utilisation de l’atrazine ? Quelle diversité avons-nous perdue ? ».
Les reptiles
L’auteur de « L’homme en voie de disparition », Theo Colborn (L’homme envoie de disparition, édition TERRE VIVANTE) a mis en évidence la déficience des organes sexuels des alligators du lac Apopka (Floride) qui fut longtemps pollué par un insecticide.

Les oiseaux
Certains rapaces ont longtemps été victimes de la fragilisation des coquilles de leurs œufs par le DDT.
Avec 84% d’hirondelles de fenêtre en moins en 12 ans (Rapport du Muséum National d’Histoire Naturelle en 2002), la chute de leur population est considérée comme dramatique. Pour ces purs insectivores, la destruction illégale de leurs nids s’ajoute certainement au manque de nourriture, lié à l’usage massif des insecticides.

Les insectes
Ils sont victimes des insecticides et la sélectivité totale n’existant pas, il en résulte parfois l’élimination d’insectes prédateurs des espèces visées.
Les papillons sont en régression, y compris dans les jardins familiaux et publics.
Des abeilles empoisonnées ne parviennent plus à s’orienter ou meurent avant leur retour à la ruche, les apiculteurs accusent plus particulièrement le Gaucho ®.
En 1987, l’INRA a procédé à des analyses hebdomadaires de quelques pesticides courants dans des pelotes de pollen venant de 17 ruchers, répartis dans 10 départements : 90 % des pollens présentaient des résidus de pesticides surtout en zone d’agriculture intensive. Les teneurs peuvent atteindre jusqu’à 6 500 µg dans certaines ruches du Gers (culture intensive), contre 150 µg pour un rucher de garrigues (Héraut).

A la Une de l’actualité

Une nouvelle étude menée par le CNRS et l’INRA indique en 2002 (Libération du 7 août 2002) que le Gaucho ® contamine aussi les fleurs de maïs. Cette étude expliquerait pourquoi les colonies continuent à se faire décimer alors que l’interdiction de traiter le tournesol avec le pesticide de Bayer a été prise en janvier 1999. «Notre travail est anéanti. En six jours de butinage, la colonie de la ruche passe de 80 000 individus à 35 000 individus.»
L’insecte est contaminé par l’imidaclopride, l’agent actif du Gaucho ®, dès qu’il se frotte au pollen ou ingère du nectar. En quelques jours, voire en quelques heures, la molécule perturbe le système d’orientation et de communication des abeilles.
Le Gaucho ® n’est pas le seul produit en cause, le Régent ® et le Fipronyl ® sont également concernés. Certains agriculteurs lui ont substitué d’autres marques dont l’agent actif agit de la même façon que l’imidaclopride.
Les mammifères
L’autopsie d’éléphants retrouvés morts dans le Parc National de Nameri en Inde a révèlé la présence de Dimecron dans les carcasses (Dépêche de l’agence AP du 15 septembre 2001).
Les phoques, baleines et dauphins, au sommet de la pyramide alimentaire, sont généralement très contaminés. Il en va de même pour certains prédateurs terrestres dont la baisse de fertilité a été observée, comme les pumas de Floride (L’homme en voie de disparition, édition TERRE VIVANTE).

On observe des adaptations de certaines espèces aux produits utilisés :
plus de 600 espèces d’insectes et près de 60 espèces de "mauvaises herbes"
sont devenues résistantes aux produits phytosanitaires.

Les effets sur les humains

Les professionnels
Ils sont entre 600 000 et 800 000 concernés en France. Les différentes conditions d’application créent des cas particuliers. Ainsi, par exemple, pour le houblon cultivé sur des perches de plusieurs mètres de haut, il est obligatoire de pulvériser en l’air. Le produit adhère moins bien et l’ouvrier chargé de la besogne est dans le nuage pesticide.
Les agriculteurs utilisent parfois des doses largement supérieures à ce qui était autrefois nécessaire. Certains produits sont normalement interdits, mais utilisés par dérogation.
La Mutualité Sociale Agricole (MSA) analyse les cas déclarés auprès de la médecine du travail. Un manipulateur de produits phytosanitaires sur six est incommodé par leur utilisation, dans 2 cas sur 3, il s’agit de salariés. Les produits en cause sont par ordre d’importance :
      - des fongicides (32 % des cas),
      - des insecticides (30 %),
      - des herbicides (19 % des cas).
13% des agriculteurs recensés dans une banque de données spécialisée indiquent avoir été hospitalisés après une utilisation de pesticides et 27% d’entre eux ont dû avoir un arrêt de travail.
L’OMS estime à 1 000 000 le nombre d’empoisonnements dans le monde et à 20 000 les décès qui s’ensuivent. Les paysans des pays en voie de développement sont proportionnellement les plus touchés (Public Health Impact of Pesticides used in Agriculture – OMS 1989) des produits interdits d’usage dans les pays industrialisés sont encore vendus dans ces pays. En septembre 2001, environ 500 paysans qui travaillaient dans des champs de coton, en Inde, sont morts suite à une forte exposition aux pesticides qu’ils répandaient. Pour se protéger, ils recouvraient seulement leur bouche et leur nez d’un bout de tissu (AFP du 31 juillet 2002). Pour Madhumita Dutta, la porte parole de l’organisation Toxics Link, « Il faut que des médecins interviennent au plus vite car des enfants naissent avec des membres déformés ».
Les symptômes les plus fréquents concernent les muqueuses (40 % des cas), les voies digestives (24 % des cas), et respiratoires (20 % des cas).
Dans 60 % des cas, l’utilisateur n’était pas protégé. Les intoxications les plus graves sont liées aux insecticides (organo-phosphorés, carbamates), aux fongicides (dicarboximides) et herbicides (amoniums quaternaires et amino-phosphates). Il s’agit souvent de cas d’intoxication aiguë.
Une étude canadienne menée auprès de 2000 agriculteurs a révélé une association significative entre le diagnostic d’asthme et l’utilisation de pesticides.
Mais les pesticides peuvent aussi provoquer une bronchite chronique, un œdème pulmonaire et participer à une perturbation endocrinienne, à la carcinogenèse…

Le grand public

On a tendance à croire que seules les personnes utilisant des pesticides sont concernées. Pourtant des études, notamment canadiennes, démontrent que les personnes qui habitent à proximité de vergers traités voient le taux de pesticides dans leurs urines augmenter après les épandages, alors qu’ils ne sont pas allés sur zone et n’ont pas été en contact avec les fruits traités. On peut donc en conclure que la contamination s’est effectuée par l’air, via les poumons, et/ou la peau.
Sachant que les polluants circulent dans l’atmosphère, quelle que soit notre zone de résidence, il est impossible de s’y soustraire. Ainsi, par la respiration les pesticides en suspension dans l’air pénètrent dans les poumons. Même si on ne sait pas encore évaluer la part des pesticides inhalés par chacun, la présence chronique de faibles doses dans l’atmosphère concerne tous les Terriens.
L’alimentation contribue également aux apports en pesticides pour les humains, avec :
      - l’eau de boisson qui peut en contenir;
      - les aliments au travers des fruits et des légumes ingérés.
Sur ce dernier point, l’étude menée par la « Direction générale Santé et Protection du consommateur » de l’Union européenne est particulièrement éloquente avec des résultats qui atteste que 8,3% des échantillons d’aliments végétaux d’origine française analysés contiennent des résidus supérieurs aux limites maximales et que 49,5% en contiennent. Seule l’Autriche fait moins bien avec 50,1% des échantillons contaminés et 11% qui dépassent la limite autorisée.
A cela d’ajoute les pesticides employés dans la maison, parfois à l’insu des utilisateurs, comme par exemple lors de traitements antipoux. C’est en 1997, en France, qu’un hebdomadaire (L’express du 16/10/97) a révélé une étude menée en Grande-Bretagne par les “Health and Safety Laboratories” de Sheffield (laboratoires de santé et de sécurité). Ceux-ci ont découvert que le malathion, un pesticide organophosphoré utilisé dans les traitements antipoux, passe en quantité importante dans l’organisme des enfants. Des analyses ont mis en avant dans les urines des enfants concernés, la présence du pesticide sous forme de résidus, à des taux de 5 à 10 fois plus élevés que les doses maximales autorisées chez les professionnels – chimistes et agriculteurs – qui manipulent ce pesticide.
Les enfants sont également exposés aux pesticides sur les aires de jeux, pour lesquels il y a un contact direct. En Amérique du Nord, il a été démontré que certains produits toxiques (dont l’arsenic), utilisés dans le traitement du bois des aires de jeux, sont mal fixés. Des doses supérieures aux normes recommandées peuvent être trouvées dans le sol de certaines aires de jeux, avec comme conséquence, l’exposition et l’éventuelle contamination des enfants. Une étude de l’Université de Washington (Times de Seattle du août 2001), qui s’intéressait aux pesticides organophosphorés tels que le Dursban et le Diazinon, a montré que les urines de 95 enfants, sur 96 examinés, contenaient de très faibles quantités de pesticide. Les chercheurs ont également noté que les enfants dont les familles utilisaient des pesticides dans leurs jardins avaient des concentrations urinaires sensiblement plus élevées en ces produits que ceux qui avaient des jardins où l’on n’utilisait aucun pesticide.

Synergie des polluants

L’homologation des pesticides impose au producteur de démontrer l’innocuité de son seul produit, les risques d’association avec d’autres substances ne sont pas ou très rarement pris en compte par les fabricants et les études toxicologiques ou d’impacts.
Une même culture peut recevoir, ensemble ou séparément, différents pesticides (le blé peut subir 4 à 5 traitements durant la saison, les vergers une trentaine, etc.). De nombreuses terres agricoles reçoivent les épandages des boues de stations d’épuration (riches en métaux lourds). La dispersion des champs sur l’ensemble du territoire, fait que les pesticides sont parfois diffusés dans des zones où l’air est pollué par les industriels, l’automobile, les usines d’incinération, les nuages photochimiques émis par les villes, etc.
Lorsqu’on associe des produits, l’impact toxicologique ou écotoxicologique peut être bien plus important qu’avec un seul des produits (synergie positive). A l’inverse certaines molécules peuvent inhiber les effets toxiques d’autres molécules (synergie négative).
Sans études, comment savoir ce que produisent ces mélanges et leurs éventuels effets ?

Les effets à faible dose et à long terme

Certains biocides semblent pouvoir agir à long terme (à très faible dose et en synergie avec d’autres biocides ou polluants) pour provoquer des empoisonnements, des allergies, cancers, tumeurs, délétion de la spermatogenèse, perturbations hormonales, stérilité ou anomalies du développement embryo-fétal.
En terme de santé, les effets d’expositions aux pesticides n’ont pas encore donné lieu à des travaux approfondis, le retard est à combler.

==> Suite du dossier

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commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 08 février 2013 à 05:40

3131 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
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