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Recherches en neurologie : les primates paient le prix fort

Incessamment sous peu, le Parlement européen se prononcera sur le nouveau texte visant à réviser la Directive européenne 86/609/CEE sur « la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques ». A cette occasion, l’association de protection des animaux One Voice publie un rapport scientifique mettant en cause l’expérimentation sur les primates dans la recherche en neurologie. Signé par André Ménache, médecin-vétérinaire et président exécutif de l’ONG Antidote Europe, cette étude s’appuie sur deux arguments clés pour dénoncer l’aberration des expériences réalisées sur les primates. Scientifique, le premier souligne la différence tant anatomique que fonctionnelle qui distingue les « cerveaux des primates humains et ceux des non-humains ». Ainsi, outre le fait que le cortex humain fait 10 fois la superficie de celui d’un singe, il existe entre les singes et les humains de nombreuses différences dans l’anatomie et la physiologie du système nerveux central.

Le second argument fort de ce dossier est d’ordre éthique. Ainsi, pour André Ménache, si les chercheurs pro-expérimentation justifient le recours aux primates en invoquant la proximité évolutive entre le singe et l’homme, il serait, dès lors, incohérent de nier la parenté dans la souffrance ressentie face aux traumatismes infligés.

Outre les blessures fréquentes lors des captures, les primates sont condamnés à une vie de solitude et d’incarcération, totalement inadaptée à ces animaux très sociaux. Ils développent alors des troubles du comportement (balancement, torsion du cou, arpentage de la cage), ces déviances pouvant aller jusqu’à s’infliger des morsures, s’enfoncer les doigts dans les yeux ou se frapper la tête contre les parois de la cage. Une fois promus « matériels de laboratoires », les primates peuvent passer jusqu’à 8 heures par jour ceinturés dans des « chaises à primates » avant de subir une intervention chirurgicale invasive du cerveau, « soit pour en endommager une ou plusieurs parties, soit pour insérer des instruments d’enregistrement comme des électrodes ».

Or, si dans le cadre de l’évaluation toxicologique des médicaments, « la loi rend difficilement évitable l’expérimentation animale », rien de tel ne s’observe dans le domaine de la neurologie, où les chercheurs sont libres de refuser d’utiliser des animaux. Selon One Voice, l’article 7.2 de la directive 86/609/CEE stipule : « Il ne sera pas effectué d’expérience s’il existe une possibilité raisonnable et pratique d’avoir recours à une autre méthode scientifiquement acceptable et n’impliquant pas l’utilisation d’un animal pour obtenir le résultat recherché ». Or, des alternatives prometteuses existent en la matière, qui ont déjà fait leurs preuves. D’après le Dr Aysha Akhtar, médecin et chercheur en neurosciences : « Beaucoup d’établissements cliniques utilisent l’imagerie et des outils neurophysiologiques pour cartographier et comprendre le fonctionnement du système visuel et d’autres systèmes neurologiques humains ».

A l’heure actuelle, l’Union européenne utilise environ 10 000 primates chaque année, incitant à la création de fermes d’élevage en raison de l’incapacité des populations sauvages fragilisées à répondre à la demande. Au niveau mondial, 100 000 primates sont utilisés dans la recherche chaque année, majoritairement aux États-Unis, en Europe et au Japon. Outre les chimpanzés, les macaques, les babouins et les ouistitis sont les plus utilisés.

Cécile Cassier

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commentaires sur cet article - Univers Nature

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Commentaires
lupus
3 juillet 2010 - 0 h 00 min

L’expérimentation animale est surtout de la recherche en torture. On se demande ce qui peut motiver certains à pratiquer encore ces méthodes dignes des camps de concentration.


jng
4 juillet 2010 - 0 h 00 min

La recherche de traitements pour soulager la souffrance humaine ne doit pas reposer sur la souffrance animale !


pat
5 juillet 2010 - 0 h 00 min

L’expérimentation animale ne peut être fiable pour en tirer des conclusions pour les humains, car l’individualisation de ces derniers les rends indépendants des médicaments qui peuvent soigner la collectivité de chaque espèce animale : ce qui est bon pour toute une espèce animale ne peut convenir à chaque humain car tous diffèrent de chacun des autres humains.


gigi
7 juillet 2010 - 0 h 00 min

Les chercheurs de ce genre devraient eux même être des objets d’étude sur la dégénérescence de l’espèce humaine.






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