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Véritable pied-de-nez à la consommation dite « classique », la consommation collaborative invente une nouvelle façon de consommer en se basant sur des logiques de partage et dentraide. Sinscrivant dans un contexte de crise économique et de développement des technologies numériques, la consommation collaborative porte en elle les prémices dun nouveau visage de la consommation. Décryptage.
Privilégier lusage dun bien plutôt que sa propriété, voilà le principe de base qui prime dans un modèle de consommation collaborative. La location entre particuliers, le prêt entre particuliers ou encore l’autopartage : ses nouvelles pratiques ont en commun dappartenir à cette mouvance collaborative. Et pour permettre cet essor, Internet et les nouveaux modes de communication jouent un rôle central. En tant quoutil mais aussi en diffusant les valeurs déchange qui constituent son socle, Internet est indissociable et partie prenante de ses évolutions. Comme lexplique Anne-Sophie Novel dans son ouvrage « Vive la co-révolution », co-écrit avec Stéphane Riot : « La révolution de nos modes de communication impacte en profondeur les modes déchanges et dimplication citoyenne. Une nouvelle force économique et culturelle puissante est irrémédiablement en route : linfluence du Web 2.0 et des réseaux sociaux contribue à lémergence dune « culture du nous » qui ne réinvente pas seulement ce que lon consomme amis la manière dont on consomme. »

En effet, on assiste à un déferlement de sites qui mettent en relation des personnes qui ne se connaissent pas au préalable pour consommer différent, et ce, dans tous les domaines : transport (covoiturage et autopartage en tête ), alimentation (Amap et circuits courts entre producteurs et consommateurs), location dobjets entre particuliers, troc de fringues, voyages avec notamment lengouement pour le couchsurfing, les loisirs avec la location de jouets ou encore le financement participatif avec des sites comme kisskissbankbank. Le secteur de lhabitat nest pas en reste avec la colocation, la construction dhabitat participatif ou des sites de mise en relation entre voisins. Au delà des avantages économiques qui motivent la plupart de ses comportements, le modèle favorise aussi le lien social.
Derrière ces nouvelles manières de consommer, se dessine en filigrane, une nouvelle économie basée sur le partage. En effet, au-delà de ses pratiques organisées par les citoyens eux-mêmes, des entreprises commencent à sintéresser à la consommation collaborative et développent des systèmes qui monétisent lusage et non plus la priorité dun bien. A limage de Mu by Peugeot ou de Multicity de Citroën, les constructeurs automobiles tentent de rattraper le train de marche et de sinscrire dans ce nouvel élan pour se faire une place dans lunivers de la mobilité « alternative ». Autre signe de ce succès : on compte plus de 2 millions de membres inscrits sur Covoiturage. La consommation collaborative, une alternative à lobsolescence programmée des objets ? La question mérite dêtre posée même si pour certains observateurs, comme Philippe Moati, professeur déconomie à Paris-Diderot et coprésident de lObservatoire Société et Consommation (lObsoco), «la consommation collaborative est aussi une manière d’hyperconsommer».
Déborah
Une nouvelle mode qui doit faire sourire ceux qui ont qui ont les moyens de ne rien partager.














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