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Le procès du naufrage de l’Erika pourrait se faire sans Total

En décembre 1999, suite au naufrage de l’Erika, près de 20 000 tonnes de fuel avaient pollué plus de 400 km de côtes françaises. Alors que les victimes attendent toujours un procès pour déterminer les responsabilités et être indemnisés, lundi 10 janvier la cour d’appel de Paris se prononcera sur la nécessité de demander une nouvelle expertise sur le naufrage de l’Erika. En effet, en juin 2004, alors que l’enquête sur le naufrage du pétrolier était officiellement terminée, le groupe Total avait versé au dossier un rapport le mettant hors de cause. Selon ce document, le naufrage du pétrolier Erika serait dû à une corrosion du navire située au niveau de la cuve, et non pas à des fissures sur le pont, comme le mentionne l’expertise ordonnée par la juge.

Pour les Amis de la Terre, ‘Si la Cour donne raison au Parquet, c’est l’enlisement de la procédure pour plusieurs années. Comme dans le cas d’AZF, le groupe Total utilise les recours juridiques pour fuir ses responsabilités sur l’impact social et environnemental de ses activités.’ L’association note par ailleurs que le rapport qui met hors de cause Total a été commandé et financé par cette entreprise, et que ses auteurs ne le considèrent pas comme un rapport d’expertise.

Toujours est-il que selon la décision de la cour d’appel, l’instruction pourrait être relancée pour de longs mois, repoussant d’autant le procès. Les victimes devront-elles attendre 14 ans pour être indemnisées, comme dans le cas de l’Amoco Cadiz ?

Rappelons que Total est poursuivie dans ce dossier pour « complicité de mise en danger de la vie d’autrui et pollution maritime ». Outre le pétrolier, 17 personnes, physiques et morales, sont également poursuivies, dont le capitaine et le propriétaire du navire ainsi que la société en charge de la gestion technique du bâtiment.

Alex Belvoit
Pascal . 08/01/2005
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