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Au cours des six dernières semaines, les cadavres de quatre baleines franches ont été découverts ; trois étaient des femelles adultes, dont au moins deux étaient pleines. Ce taux de mortalité, alarmant pour les baleines franches, menace d’extinction l’ensemble de l’espèce. La baleine franche est l’un des mammifères les plus menacés au monde. Pour le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) la population de baleines franches étant descendue en dessous de 350 individus, chaque mort est importante.
Le 24 novembre, sur le point de mettre bas, une baleine franche de 15 mètres de long a été tuée au large de la Virginie, apparemment après avoir été heurtée par un bâtiment de la flotte américaine. En décembre, la dépouille d’une baleine franche a été découverte à 137 km sur les côtes du Massachusetts. Le 10 janvier, une autre femelle, de 13,7 mètres, y a également été découverte. Enfin, le 12 janvier, Lucky (la chanceuse, N.D.L.R.), dénommée ainsi après avoir survécu à un précédent accident avec un navire, attendait son premier petit et a été découverte morte en Georgie.
Les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur les baleines franches et qui constituent la source de mortalité la plus importante sont les activités liées à la pêche et aux collisions avec les navires qui fréquentent les couloirs de migration, de reproduction et de vie de l’espèce, notamment sur la côte Est des Etats-Unis.
Selon l’association, près de 72 % des baleines portent des cicatrices après s’être prises dans des filets de pêche. En se prenant dans les lignes de pêche, les baleines peuvent mourir rapidement car la ligne peut s’incruster dans leur chair, provoquant une infection ou les affamer en les empêchant de s’alimenter, de plonger ou de pratiquer d’autres activités.
D’après la loi de protection des mammifères marins et des espèces menacées, le service américain de la pêche en mer (National Marine Fisheries Service – NMFS) est obligé de protéger les espèces contre les activités humaines nuisibles. Or le NMFS n’a toujours pas publié son projet de réglementation de la pêche, destiné à réduire les risques d’enchevêtrement des cétacés avec les lignes de pêche (prévu pour mars 2004), tandis qu’aucun projet visant à réglementer la circulation des navires dans les zones d’habitat des baleines franches n’est prévu. Pour la biologiste, R. Asmutis-Silvia, ‘Le nouveau ministre du commerce américain doit prendre des mesures immédiates, faute de quoi nous pourrions assister à l’extinction d’une espèce majestueuse.’
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