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La ministre de l’écologie autorise le piégeage des grives et des merles

Déjà chassés par tir, les grives et merles noirs peuvent désormais être piégés, suite à l’arrêté pris par la ministre de l’écologie, N. Olin pour l’hiver 2005/2006. Ce piégeage est autorisé uniquement en Lozère et dans divers cantons de l’Aveyron, avec des tendelles, un piège rudimentaire constitué d’une pierre placée en équilibre sur des bâtonnets sous lesquels sont placées des baies de genièvres, pour attirer les oiseaux. Ceux-ci, venant s’y nourrir, ébranlent le dispositif et se trouvent écrasés par la chute de la pierre.

Le piège est loin d’être sélectif et outre les grives et merles noirs ‘visés’, divers passereaux en sont victimes, y compris des espèces protégées.

Historiquement, les braconniers utilisaient ce type de piège pour tuer les petits oiseaux dans 6 départements du sud-Est de la France. Tombée en désuétude, cette pratique ne fût jamais légalisée, aussi pour contourner le droit européen qui prohibe les procédés non sélectifs de destruction des oiseaux, les chasseurs locaux ‘inventèrent’ la tendelle sélective, pourvue d’une excavation dans laquelle les petits oiseaux, type mésanges, rouges-gorges, pinsons sont invités à se blottir lors de la chute de la pierre.

Pour l’association ‘Vie et nature pour une écologie radicale’ (CVN), cette ‘tendelle sélective’ est une ‘…grossière imposture qui permet à un ministère de l’écologie, bien mal nommé, de céder aux pressions des chasseurs’. Il est vrai, comme le note l’association, que lorsqu’un oiseau est effrayé, son premier réflexe est de s’envoler et non de se coucher. Par ailleurs, la cavité, nécessairement plus petite qu’un merle, ne peut pas offrir de refuge au merle à plastron, un oiseau très menacé et protégé, d’identification aisée avec sa grosse zone blanche sur la poitrine.

Pour ces raisons, CVN vient de déposer, devant le Conseil d’Etat, un recours en suspension de l’arrêté ministériel, qu’elle attaque également sur le fond pour illégalité, sur le fait qu’il contrevient tant à la législation française qu’européenne. En 2003, cette association était déjà parvenue à faire suspendre un arrêté préfectoral similaire pour l’Aveyron.

Pascal Farcy
clicdurable . 19/11/2005
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