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La libération du mercure influencée par la fonte de la banquise

Le mercure (Hg) est le seul métal lourd qui se trouve essentiellement sous forme gazeuse dans l’atmosphère. Selon le CNRS (1), depuis la révolution industrielle, les émissions de Hg d’origine anthropique, issues de la combustion de matières fossiles, ont dépassé les émissions naturelles. Ces dernières proviennent principalement des océans et du dégazage des volcans. Sous l’action des courants atmosphériques, les émissions anthropiques, associées aux naturelles, atteignent les zones polaires. Ce phénomène explique que la pollution atmosphérique globale contribue à déposer du mercure dans les écosystèmes arctiques. Une fois au niveau de l’atmosphère arctique, le mercure s’oxyde en une forme qui se dépose notamment dans la neige et la glace. Lorsque survient la fonte des glaces, cette forme peut à nouveau évoluer, via des processus physicochimiques et biologiques, et se transformer en une toxine connue sous l’appellation « méthyle-mercure » (CH3Hg). Or, c’est cette forme toxique qui est ingérée par les organismes vivants, pénétrant ainsi dans les chaînes alimentaires. En bout de chaîne, elle peut atteindre des concentrations un million de fois plus fortes que celles mesurées dans les eaux de surface.

Ayant constaté des disparités géographiques et temporelles des concentrations en mercure et méthyle-mercure dans différentes régions de l’Arctique, des chercheurs ont étudié des œufs de guillemots, collectés dans plusieurs régions arctiques et subarctiques. Oiseaux marins situés en haut de la chaîne alimentaire, les guillemots sont de bons révélateurs de l’impact de ce polluant au sein des écosystèmes marins. De fait, la quantité de mercure présente dans leurs œufs est considérée par les scientifiques comme « une représentation précise de celle de ce métal dans les écosystèmes arctiques à un instant donné ». Dans le cas présent, les chercheurs ont pu mettre en évidence le rôle déterminant de la couverture de glace autour des sites de ponte des colonies de guillemots dans le cadre d’une exposition au mercure. En effet, se basant sur l’action clé de la lumière dans le processus de photodégradation du méthyle-mercure, l’équipe a évalué les quantités de cette toxine pouvant être détruites par les rayons du soleil tant en présence de la banquise qu’en son absence. Ces observations ont permis de démontrer que la présence de banquise, d’une part, empêchait la dégradation du méthyle-mercure par la lumière et, d’autre part, limitait les échanges de mercure entre l’océan Arctique et l’atmosphère.

Attestant du rôle essentiel du climat dans le cycle du mercure, les conclusions de ces travaux révèlent donc que la fonte accélérée de la banquise au cours des décennies à venir influencera de manière significative le cycle biogéochimique de ce polluant.

Cécile Cassier
1- Centre National de la Recherche Scientifique.

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commentaires sur cet article - Univers Nature

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Commentaires
marseille42
23 janvier 2011 - 0 h 00 min

Les changements climatiques avec l’alternance glaciations et grands dégels ne sont pas une première dans le cycle terrestre et il est stupide de s’en étonner. Mais du fait de sa rapidité actuelle et la population mondiale, il est normal de s’en alarmer. Mais compte-tenu de l’absence de volonté politique des pays les plus polluants pour y remédier d’urgence, nos arrière-petits-enfants, s’ils ont survécu, n’auront plus de la planète bleue que les images enregistrées hier et, dans certains lieux, aujourd’hui. Un « remake » grandeur nature du « Soleil vert ».



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