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Plus d’une commune sur deux concernées par la pollution aux nitrates

Alors que la France compte quelque 36 700 communes, 18 860 sont désormais considérées comme polluées ou menacées par les nitrates (1), soit 860 de plus qu’il y a un an (1 300 nouvelles pour 440 de déclassées). Cette nouvelle hausse du nombre de communes concernées est plus particulièrement liée à la pression de la Commission européenne sur la France et au manque d’entrain de l’hexagone à faire sienne la directive nitrates, législation officiellement en vigueur depuis … 1991.

Face à ce surplus de communes encadrées, dont les conséquences touchent essentiellement les agriculteurs dans leurs pratiques, la réponse du monde agricole n’a pas tardé à venir. Ainsi, aujourd’hui, à l’appel de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), les agriculteurs sont une nouvelle fois appelés à se mobiliser pour dire « Non aux monstres administratifs » et « Non aux décisions politiques arbitraires » que constitueraient la directive nitrates, le moratoire sur le stockage de l’eau et les installations classées pour la protection de l’environnement.

S’il est vrai, que les zones concernées sont soumises, plus particulièrement, à un encadrement des pratiques agricoles en liaison avec la dispersion de nitrates dans l’environnement, source de pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques, la situation actuelle n’en est pas moins intenable. En effet, alors que l’agriculture est responsable de respectivement 74 et 90 % de la pollution en nitrates et pesticides, ce sont les particuliers qui financent très majoritairement la dépollution pour disposer au robinet d’une eau trop souvent perfectible au regard des normes !

Outre ce recensement, la France a également intérêt à produire rapidement un programme d’action renforcé pour parvenir à une « bonne qualité écologique des eaux » d’ici 2015, faute de quoi elle pourrait se voir condamner par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) à une amende allant jusqu’à 20 millions d’euros au cours du premier semestre de 2013.

Pascal

1- Soit une teneur d’au moins 50 milligrammes de nitrates par litre d’eau.

clicdurable . 16/01/2013
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Commentaires
thylacine
17 janvier 2013 - 0 h 00 min

Comme, bien que nous soyons conscients du problème, nous continuons à épandre consciencieusement de l’azote assimilable dans les champs et jardins (et même dans les pelouses à tondre, comble de la stupidité masochiste!), rien d’étonnant à ce que ces nitrates ressortent de partout. Et ce n’est qu’un début sans doute, vu l’effet retard procuré par la masse des nappes phréatiques. Mais n’oublions pas aussi la quantité de nitrate monstrueuse qui tombe sur toute la planète, du fait de l’acidification des pluies par les oxydes d’azote, générés par les moteurs à explosions notamment. Des nitrates, on va en bouffer! Depuis longtemps déjà, les apports d’azote dans les écosystèmes dus aux activités humaines dépassent largement ceux dus aux seuls processus « naturels ».
Quant à l’injustice de faire payer à tous les contribuables les méfaits de l’agriculture, quelques remarques:
- d’abord, les nitrates des pluies acides ne sont pas dus aux agriculteurs, mais à nous tous, pollueurs atmosphérique
- nous consommons les produits de l’agriculture et sommes donc tous solidaires des méfaits qu’elle peu commettre en notre nom; tout se tient, la société est une, elle forme un seul et unique système (cela n’empêche pas, bien sûr, de localiser les problèmes là où ils sont et de répartir équitablement les charges sur les différents composants du système)
-enfin les agriculteurs sont aussi des contribuables

En réalité, le problème des nitrates n’est pas un problème « agricole », c’est un problème de fond de l’humanité, toujours le même: la croissance de la population oblige à améliorer constamment la production, donc les nitrates sont indispensables, tous les agronomes vous le diront (la lutte contre « la faim dans le monde », vous savez? qui va s’y opposer?). Bien sûr, des gens mieux nourris se reproduisent avec un meilleur taux de succès, la population augmente, il faut donc impérativement la nourrir (« la faim…etc. »), dons impossible de se passer de nitrates, etc. Fuite en avant typique de la population humaine. Même si, comme certains le prétendent, une agriculture bio pouvait faire aussi bien qu’une agriculture industrielle, cela ne changerait rien à ce problème de la fuite en avant sans fin, qui de toute façon, ne peut nous mener qu’à un terme non choisi et où la biodiversité et la beauté (biologique) de notre planète en auront pris un sérieux coup… Ce cercle vicieux ne s’arrêtera que par un arrêt de croissance de la population humaine. Quand, et surtout comment arrivera-t-il? Telle est la question, la seule…



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