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Le principal prédateur du maïs s’adapte à sa version OGM

La chrysomèle des racines sur un pied de maïs Bt

Génétiquement modifié pour résister à la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera virgifera), le maïs Bt y aura été résistant de 1995 (date de sa première autorisation de culture, aux USA) à 2009. Une période durant laquelle la chrysomèle, principal prédateur du maïs, s’est progressivement adaptée à la toxine insecticide produite par une version OGM, spécifiquement créée pour lutter contre ses dégâts. Si en 2009 seuls des cas de résistance ont été signalés dans le nord de l’Iowa, en mars de cette année, une nouvelle étude démontre qu’une majorité des chrysomèles des racines du maïs ont muté pour devenir résistantes à la toxine du maïs transgénique.

En l’espace de quelques années, le maïs Bt est apparu comme un sauveur pour les agriculteurs. Voyant les populations de chrysomèles et de pyrale du maïs, un autre ravageur de la céréale, chuter dans tout le Midwest, leurs rendements augmentaient et ils réduisaient leur utilisation d’insecticides classiques.

Néanmoins, le répit face à cet insecte et à ses larves foreuses de galeries dans les racines des maïs n’aura pas duré longtemps. Dès le début des années 2000, des scientifiques alertent sur l’évolution de la résistance des insectes aux insecticides. En effet, toute chrysomèle, survivant à la toxine générée par le maïs Bt, est susceptible de se reproduire et donc de transmettre la résistance qu’elle a développée. Face à ce constat, les chercheurs en appellent au principe de précaution, avec la création de zones dites « refuges », cultivées en maïs non Bt. Dans ces espaces, les chrysomèles resteraient sensibles à la toxine générée par le maïs OGM, tandis qu’en s’accouplant avec leurs congénères résistants au Bt, elles limiteraient fortement le risque de voir leur génétique évoluer pour s’adapter à la toxine générée par l’OGM. Pour cela, les scientifiques recommandent un minimum de 50 % des champs de maïs plantés en non Bt, sans oublier une année de transition avec une autre culture. Mais l’EPA (Agence pour la Protection de l’Environnement US), sensible à l’intense lobbying des promoteurs du maïs Bt, fixe ce pourcentage entre 5 et 20 % des surfaces cultivées.

Dans ce cadre, sept ans plus tard, en 2009, les premiers signalements de dommages importants aux cultures de maïs Bt font leur apparition dans l’Iowa. Des chrysomèles des racines du maïs sont devenues résistantes à l’une des trois variétés de maïs Bt. Aujourd’hui, en 2014, l’étude parue dernièrement révèle que des chrysomèles sont dorénavant résistantes à une deuxième variété de maïs OGM, dotée d’un type de toxine Bt différente…

Au final, cette mutation génétique des chrysomèles des racines du maïs signifie, selon les chercheurs, que le futur maïs transgénique prévu pour répondre à l’évolution des insectes, en produisant simultanément plusieurs toxines Bt, ne sera pas efficace. Néanmoins, il est probable que pour les firmes à l’origine de ces OGM, telle la multinationale Monsanto avec son maïs MON 810 (une des variétés de Bt), cette adaptabilité génétique des chrysomèles n’est pas négative. Les agriculteurs devraient en effet continuer à semer du maïs Bt, toujours efficace contre d’autres nuisibles, en recourant de nouveau massivement aux insecticides « traditionnels », produits par ces mêmes sociétés !

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commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 08 avril 2014 à 07:00

3131 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
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Commentaires
dany
9 avril 2014 - 19 h 22 min

Donc, voilà comment un agriculteur (maïsiculteur) est capable de croire qu’il est tout à fait légitime de se tirer une balle dans le pied, voir même … les 2 pieds !
Crédulité quand tu les tient !


Christian
11 avril 2014 - 0 h 03 min

Formidable. Grâce à l’adaptabilité de ces chrysomèles, Monsanto va pouvoir diversifier et renouveler ses molécules : excellent pour leur secteur R & D.


bouquery jmarie
11 avril 2014 - 9 h 42 min

preuve que l’ogm n’est pas hors nature, ni miracle ni diable;

pour le reste: « pasque c’est à un allemand qu’on devait le médicament » chantait Brassens !


Maxime
12 avril 2014 - 18 h 30 min

Dire que des agriculteurs du Sud-Est de la France demande la levée du moratoire sur les OGM, car disent-ils, ils veulent cultiver du maïs OGM……nous n’avons pas fini de se fiche d’eux !


Louis BIGNAND
13 avril 2014 - 10 h 40 min

« preuve que l’ogm n’est pas hors nature, ni miracle ni diable » dit un commentaire : je répond que, bien au contraire, l’ogm est hors nature et que la nature (adaptation de la chrysomèle) est la plus forte face à ces chiméres issues du délire scientiste, d’une certaine façon, c’est rassurant, mais l’obstination criminelle des industriels et la stupide cupidité des agriculteurs qui persévèrent à nous empoisonner est désespérante


Florence
13 avril 2014 - 15 h 50 min

parce que si l’insecte se reproduit il me semble que les graines des plantes OGM ne peuvent être plantées pour donner un nouveau pied. C’est ainsi que des milliers d’agriculteurs indiens se sont suicidés : car là aussi le coton OGM a été un fiasco.


CANALES ALAIN
14 avril 2014 - 11 h 00 min

Il faut écouter la sagesse paysanne d’André POCHON, qui nous rappelle la nécessité de la rotation des cultures, ou assolement… on casse ainsi le cycle du prédateur…..avec la PAC le nouvel assolement c’set : céréales cote d’azur, betteraves , sports d’hiver. Vive le néolibéralisme; A CANALES


Daniel
14 avril 2014 - 18 h 12 min

Grâce aux cultures OGM, après le grand succès ravageur de l’amarante sur le sol américain, celui de la Chrysomèle s’annonce et… grâce à la bêtise avide des Monsanto & consort, ce n’est que le début… Le début pour se débarrasser du paysan, porteur d’un savoir faire ancestral mais gêneur… Et comme pourrait le dire A. Pochon, majesté OGM finira par être le seul et véritable saigneur de la terre…


Lefebvre
28 avril 2014 - 11 h 18 min

Le « miracle OGM » aura duré 15 ans.


Camion
3 juin 2014 - 10 h 07 min

Ce qui est idiot, dans cette histoire d’OGM, c’est que sur 15 ans, ça fait combien de générations d’insectes ravageurs pour s’adapter ? Et nous… On ne sait même pas encore s’il n’y a pas de toxicité possible, mais ce qu’i est certain, c’est que pour avoir le nombre de génération équivalent pour nous y adapter, il nous faudra des siècles, voire des millénaires.


Laurenzerl
11 août 2014 - 21 h 31 min

quel avenir devant nous :-(



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