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Il y a quelques mois, avec le soutien dune coalition de plus de soixante organisations sud-africaines et une centaine d’organisations de la société civile internationale, lorganisation des Amis de la Terre dénonçait le financement de la Banque mondiale à hauteur de 3,75 milliards de dollars, approuvé en avril dernier en vue du projet pharamineux de la méga-centrale à charbon de Medupi, en Afrique du Sud.
Plus récemment, ce fut au tour du Crédit Agricole dapprouver un prêt de 63,7 millions d’euros à la compagnie Eskom, société nationale de production et de distribution de l’électricité en Afrique du Sud à lorigine du projet, pour la construction de la centrale.
Avec six unités de production d’une capacité totale de 4 764 MW, la centrale émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 5 % des émissions françaises totales. Afin de lapprovisionner, l’ouverture de 40 nouvelles mines de charbon sera nécessaire. Le projet entraînera également la construction de 1 844 km de lignes de transport de 400 kV et 400 km de lignes de transport de 765 kV.
Outre un impact environnemental majeur, les populations locales devraient elles aussi payer un lourd tribut. Dune part, elles courent le danger dêtre exposées à dimportantes pollutions au soufre et au mercure. Dautre part, en complément aux autres sources de financement, Eskom entend procéder à une augmentation des tarifs mensuels de lélectricité de 48 à 130 dollars pour les foyers sud-africains entre 2009 et 2012, rendant lénergie inabordable pour les plus pauvres.
Ultime aberration, l’énergie nouvellement produite par la centrale alimentera l’industrie minière, l’un des plus importants consommateurs d’énergie du pays, bénéficiant de tarifs préférentiels. Au regard de quoi, nombreux seront les foyers sud-africains à investir indirectement dans un projet énergétique, destiné à satisfaire les besoins croissants des multinationales implantées dans le pays afin den exploiter les ressources naturelles.
Réclamant le retrait immédiat du Crédit Agricole de ce projet dévastateur, les Amis de la Terre ont rappelé le fort potentiel de développement des énergies renouvelables de lAfrique du Sud, notamment les énergies éolienne et solaire.
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