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La Suisse s’inquiète de la concurrence des agrocarburants

L’Office Fédéral Suisse de l’Agriculture a mandaté l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPF) pour étudier l’impact potentiel du développement des carburants d’origine végétale par rapport à la production des denrées alimentaires.

L’étude s’est attachée à simuler les effets que la concurrence des prix de l’énergie fossile pourrait avoir sur le détournement des sols agricoles, pour la fabrication de « biodiesel » à base de colza et d’éthanol à base de maïs.

D’après les résultats publiés, pour un prix du litre de diesel s’élevant à 2,3 francs (soit 1,44 euro) et 2,7 francs pour un litre d’essence (soit 1,7 euro), ce sont 153 000 hectares, soit 15 % des terres agricoles utiles (cultures et prairies), qui pourraient être mobilisées pour la production d’énergie. Cette valeur pourrait plus que doubler et atteindre les 340 000 hectares si le diesel franchissait la barre des 3 francs 70 (soit 2,3 euros). L’EPF mentionnant que, même pour cette deuxième hypothèse, cela ne couvrirait que 8 % de la consommation suisse totale d’énergie fossile.

En parallèle de ces données, l’EPF a extrapolé une agriculture suisse énergétiquement autonome, à savoir substituant les 100 millions de litres de diesel qu’elle utilise annuellement par du biodiesel. Dans ce cas de figure, environ 6 % de la surface agricole utile devraient être mobilisés.

Ces résultats mettent en évidence les dangers de laisser décider seul le marché de la destination finale de la production agricole.

Michel Sage

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commentaires sur cet article - Univers Nature

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Commentaires
jaf
22 avril 2008 - 0 h 00 min

Concurrence des agrocarburants; par rapport au pétrole ou par rapport aux cultures vivrières?
Les prix des 2 marchés s’emballent actuellement, on devrait faire un concours de pronostic pour savoir quelle destination aura les cultures de tel ou tel champ. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’on peut facilement se passer d’une voiture, par contre se passer de manger est nettement plus problématique!

Les décideurs n’ont généralement pas de difficultés pour acheter leur nourriture et la production vivrière passe au second rang. Comme les cultures sont en général produites annuellement et comme on sait aussi que les gains agricoles (pour ce genre de production) sont décidés, par des managers de l’agrobusiness, sur une évolution des cours mondiaux, il y a des chances qu’ils se gourrent complètement.

L’agriculture, d’une façon traditionnelle, devrait nourrir les hommes, et par le jeu de l’offre et de la demande, elle risque d’alimenter des moteurs à explosion.
La Suisse, comme tous les Etats d’Europe que nous connaissons, n’a pas de réelles possibilités pour orienter son agriculture; elle peut s’inquiéter, mais les décideurs politiques n’auront pas le choix face à la toute puissance du marché.



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