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856 sites abritent des déchets radioactifs en France

Pour la première fois, un recensement exhaustif des déchets radioactifs vient d’être réalisé en France. L’inventaire, effectué par l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), dépasse le cadre de l’industrie électronucléaire et s’est également attaché à recenser des déchets faiblement radioactifs utilisés par d’autres industries et le secteur médical, la recherche, etc. Mis à part ces déchets, pour la première fois les matières nucléaires dites ‘valorisables’ sont aussi recensées : combustibles usés, uranium de retraitement. Au total, 856 sites répartis sur l’ensemble du territoire ont été identifiés comme stockant des déchets radioactifs; parmi ceux-ci, les sites de La Hague (Manche) et de Marcoule (Gard) concentrent à eux seuls 90% de la radioactivité.

Les déchets radioactifs qui posent le plus de problème sont les conséquences du choix fait par la France, dans les années 1970, de recourir à l’énergie d’origine nucléaire pour produire une large part de son électricité. Aussi, lors de la présentation de l’inventaire, le ministre de l’industrie P. Devedjian a déclaré que ‘Les durées de vie de certains de ces déchets renvoient à des horizons de milliers, voire de millions d’années, ce qui n’apparaît pas compatible avec une gestion exclusivement industrielle et entièrement déléguée aux opérateurs du secteur. On est ici face à un sujet de politique publique, qui appelle un engagement spécifique et volontariste de l’Etat, sans pour autant que la responsabilité des opérateurs pour la gestion de ces déchets ne soient occultées.’ A ce titre le gouvernement devrait présenter, dès le début de 2006, un projet de loi sur les déchets radioactifs au parlement. Néanmoins, il est clair que dans le contexte actuel de relance d’un nouveau programme électro-nucléaire, les députés n’auront pas vraiment le choix. Le Réseau Sortir du nucléaire ne s’y trompe pas, et déclare que les conditions du débat parlementaire de 2006 sont d’ores et déjà faussées.

Curieusement, la publication de l’inventaire des déchets radioactifs intervient au moment où l’échéance de 15 ans, fixée par la ‘loi Bataille’, tombe en imposant un rendez-vous devant le parlement sur ce thème. Toutefois, malgré cette période pour approfondir les recherches et trouver une solution au stockage des déchets les plus dangereux, aucune piste ne se distingue d’un point de vue technique. Ainsi, même si l’enfouissement semble la voie privilégiée par le gouvernement, de nombreuses études indépendantes montrent qu’aucun sous-sol ne peut garantir le confinement de la radioactivité sur des milliers, voire des millions d’années.

Face à cette absence de solution durable, il est fort possible que le gouvernement se donne à nouveau du temps pour la réflexion, comme le prévoit la ‘loi Bataille’ en cas de non-résultat.

Si le rythme de production de déchets apparaît maîtrisé, au cours des prochaines années la croissance des déchets radioactifs va reprendre avec les volumes liés au démantèlement des centrales actuelles, faisant de leur gestion et sécurité une question de plus en plus pressante. Enfin, il reste également une inconnue de taille : qui paiera l’addition de la gestion des déchets nucléaires ?

… et pendant ce temps, un navire chargé de combustibles usés issus d’un réacteur de recherche australien fait route vers le port français de Cherbourg. Ce transport s’inscrit dans le cadre d’un contrat signé en 1999 entre la COGEMA, filiale du groupe nucléaire français AREVA, et l’ANSTO, l’agence australienne de sciences et technologies nucléaires.

Pascal Farcy

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commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 24 novembre 2004 à 12:00

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