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Scanners et radios : des doses d’irradiation préoccupantes

En mars 2010, un rapport réalisé conjointement par l’IRSN et l’InVS, concluait à une augmentation de 47 % en 5 ans des doses de rayonnements ionisants délivrées par l’imagerie médicale aux patients (1/4 de la population française par an). Incluant notamment les scanners et les actes de radiologie, ces actes médicaux sont réalisés à des fins de diagnostic, d’orientation de stratégie thérapeutique, de suivi de l’efficacité des traitements et de radiologie interventionnelle (1).

En 2009, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a effectué 124 inspections au sein de services où sont pratiqués des actes de radiologie interventionnelle. D’après ses conclusions, les « radiologues interventionnels » (cardiologues, chirurgiens…) et leurs assistants reçoivent des doses importantes du fait de leur travail à proximité des sources de rayons X. Plus le nombre d’actes réalisés augmente, plus les doses s’intensifient, notamment dans les blocs opératoires.

Afin d’améliorer la radioprotection dans le domaine médical et mieux maîtriser l’augmentation des doses, l’ASN a émis certaines recommandations. D’une part, elle prône le développement des techniques alternatives, et plus particulièrement l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Technique d’imagerie médicale non irradiante, l’IRM pâtit d’un manque d’appareils en France, d’où des délais de rendez-vous importants. La France a 8,7 appareils d’IRM par million d’habitants pour une moyenne européenne de 20. Afin d’y remédier, le recours à l’IRM peut être favorisé dans le cadre de la planification régionale des équipements lourds par les agences régionales de santé (ARS). On peut ainsi envisager une tarification plus incitative en faveur de l’IRM. En attendant, il est nécessaire d’éviter tout acte d’imagerie médicale injustifié. Dans le cas où l’acte est justifié, les paramètres représentatifs de la dose doivent figurer sur le compte-rendu de l’examen. Cela implique que les appareils utilisés soient munis de dispositifs permettant d’estimer la dose délivrée aux patients, et qu’ils bénéficient d’un entretien optimal. Enfin, bien que la formation des professionnels à la radioprotection dans le domaine médical soit obligatoire, des efforts restent à faire. De fait, si les professionnels du monde de l’imagerie (radiologues, médecins nucléaires et manipulateurs d’électroradiologie) ont bien respecté cette obligation depuis 2004, les professionnels non spécialistes mais utilisateurs des rayonnements ionisants, en particulier dans les salles d’opération et de radiologie interventionnelle, ont fait preuve de moins d’assiduité.

Cécile Cassier
1- Ces dernières années, la radiologie interventionnelle s’est développée dans de nombreux domaines, dont la cardiologie, la neurologie, la rhumatologie ou la chirurgie. Elle permet au médecin de guider son geste par l’intermédiaire d’un appareil de radiologie émettant des rayons X. Ce rayonnement est peu pénétrant mais les interventions étant souvent de longue durée, les patients reçoivent alors des doses importantes au niveau de la peau. Dans certains cas, celles-ci peuvent provoquer des effets modérés (perte de cheveux, érythèmes cutanés).

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