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Première contamination par le chikungunya en France

Un premier cas autochtone de chikungunya (1) vient d’être annoncé dans le Var, sur une enfant de 12 ans. Malade depuis le 21 septembre, la jeune fille souffre de fièvres et de fortes courbatures, caractéristiques du chikungunya. Elle est suivie à son domicile de Fréjus, son état ne nécessitant pas d’hospitalisation. Selon la préfecture du Var, il s’agit ‘pour l’instant d’un cas isolé’.

Ci-contre – Le moustique Aedes albopictus, ou moustique tigre. En 2006, ce moustique s’était particulièrement fait remarquer sur l’île de la Réunion, où en quelques mois près de 300 000 personnes avaient été contaminées (pour un peu plus de 700 000 habitants).

Responsable du virus du chikungunya, le moustique Aedes albopictus, ou moustique tigre, se trouve principalement en Afrique de l’Est, en Asie du Sud-est et dans le sous-continent indien. Néanmoins, sa présence a été détectée depuis quelques années en Italie et dans des zones très localisées comme le Sud-Est de la France et la Corse, où le réchauffement climatique semble expliquer son développement. C’est ainsi qu’en 2007, le Nord de l’Italie a connu la première épidémie européenne de chikungunya avec près de 250 personnes contaminées par le virus.

Egalement vecteur de la dengue, l’Aedes albopictus fait l’objet d’une surveillance accrue, depuis quelques années, chaque été dans les départements du Var, des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes, où il est vraisemblablement à l’origine desdeux premiers cas autochtones de dengue, recensés à Nice ce mois-ci.

Face à la contamination de la fillette, des mesures supplémentaires locales ont été prises, conformément au plan national anti-dissémination du chikungunya. Une démoustification des lieux fréquentés par la malade et un appel à la vigilance accrue des professionnels de santé afin qu’ils diagnostiquent d’éventuels autres cas, ont ainsi été lancés.



Le vecteur du chikungunya, l’Aedes albopictus, voit son aire de répartition augmenter vers le Nord


En France métropolitaine, c’est la première fois qu’une personne contracte le virus sans être de retour de voyage d’une zone infestée ou être en contact avec des malades (en mars 2006 une infirmière de Nîmes avait été contaminée après avoir réalisé un prélèvement sanguin sur une personne atteinte du chikungunya suite à un séjour à la Réunion).
Pascal Farcy

1- Le virus chikungunya (qui signifie ‘marcher courbé’, en raison des fortes douleurs articulaires qu’il provoque) est un virus transmis par le moustique Aedes albopictus. Les symptômes de la contamination apparaissent généralement 4 à 7 jours après la piqûre du moustique, avec une fièvre élevée brutale. S’y associent d’importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des œdèmes, des céphalées et, parfois, une éruption cutanée ou des hémorragies bénignes (surtout chez les enfants). Si l’évolution est le plus souvent favorable, des formes chroniques existent, caractérisées par des arthralgies persistantes (douleurs dans les articulations), récidivantes et parfois invalidantes.
A ce jour, il n’existe ni vaccin, ni traitement préventif, contre l’infection du virus chikungunya, aussi la prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d’anti-inflammatoires pour soulager les douleurs.

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