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Mercure dentaire : la France avance lentement vers son interdiction

Si la Norvège, la Suède et le Danemark ont interdit l’amalgame dentaire réalisé à base de mercure par principe de précaution, la France, elle, s’entêtait jusqu’alors, malgré les nombreuses études démontrant sa toxicité. Selon l’Ordre des dentistes, les plombages représentent 70 % des obturations sur les molaires et prémolaires. Au regard de quoi, la France consomme le tiers des amalgames européens. Paru en 2005, un rapport de l’Afssaps (1) niait tout risque lié au mercure dentaire. Cette substance est pourtant reconnue comme toxique pour le système nerveux, les reins, le système reproducteur, le système immunitaire etc., capable de se loger partout dans l’organisme.  

En octobre 2011, la nouvelle direction de l’Afssaps recevait les associations opposées au mercure dentaire. Celles-ci obtinrent alors le retrait du rapport de 2005 et la garantie d’une nouvelle expertise d’ici 2012. C’est dans ce contexte que les ministères de l’environnement et de la santé ont récemment affirmé ne pas s’opposer à une suppression des amalgames au mercure dans le traitement des caries, compte tenu des préoccupations environnementales et des incertitudes liées à la multi-exposition et aux effets à faible dose.

Alertant depuis 15 ans sur les dangers liés à cette pratique, l’association Non au mercure dentaire a vivement salué cette annonce qu’elle estime encourageante. Démontrer un lien entre amalgames et pathologies reste très délicat, notamment en raison des nombreux effets liés à cette substance. Il est également difficile de réaliser des études comparatives dans la mesure où presque la totalité de la population est exposée au mercure dentaire. A l’heure actuelle, les patients intoxiqués ne bénéficient d’aucune prise en charge, les médecins français n’ayant pas appris à diagnostiquer, ni traiter l’intoxication chronique au mercure, note l’association. Mais le plomb, que le mercure a remplacé dans les plombages, a bien fini par être écarté. Des freins s’opposent encore à l’abandon du mercure dentaire, notamment par le manque de formation des dentistes à la manipulation de matériaux d’obturation alternatifs.

Cécile Cassier
1- Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 30 juin 2012 à 12:00

3034 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
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Commentaires
marseille42
1 juillet 2012 - 0 h 00 min

Cui prodest? aurait demandé le pois-chiche (Cicerone) romain. Car il ne faut jamais se leurrer si un produit ou une technique nocifs continuent à être utilisés c’est que leur usage profite à l’Etat ou aux multinationales. S’ils « n’enrichissaient » que des petits artisans, ils auraient été interdits depuis belle lurette.


jng
1 juillet 2012 - 0 h 00 min

Les « autorités compétentes » ont toujours nié toute toxicité des amalgames dentaires. La majorité des praticiens ont donc utilisé ce matériaux sans état d’âme, d’autant plus que les solutions alternatives sont plus onéreuses, plus délicates à mettre en oeuvre et plus chronophages.
Comme l’Assurance Maladie ne fait pas de différence de prise en charge entre les techniques utilisées, sauf interdiction improbable, l’amalgame au mercure sera toujours employé.
Un praticien en retraite qui en conscience a appliqué le principe de précaution.


labaleineabosse
1 juillet 2012 - 0 h 00 min

cette médiatisation sur le mercure dans les amalgames ne fait -il pas le jeu du lobbying pro composite? il me semble que le combat est tronqué. Que penser des bisphénol contenus dans les résines composites? est ce que ces materiaux ont été l’objet d’études aussi approfondies que les amalgames dentaires?


rose
5 juillet 2012 - 0 h 00 min

C’est bien le problème, il semblerait qu’il n’existe pas de solution vraiment satisfaisante pour soigner une carie en 2012, aussi, à défaut, « on » pare l’amalgame au mercure de toutes les vertus (la première étant son faible coût — a priori, du moins — pour le dentiste et la Sécu, et tant pis si son coût environnemental et sanitaire, a posteriori, est énorme).
Il est évident que le jour où une solution peu chère, facile et rapide à mettre en œuvre (même pour le dentiste le plus incompétent), durable et non toxique aura été mise au point, le mercure sera interdit en France, comme c’est déjà le cas dans tant d’autres pays depuis des années.


labaleineabosse
6 juillet 2012 - 0 h 00 min

Mon expérience : étant hypersensible aux produits chimiques, je supporte mieux les amalgames que les composites. l’amalgame fut interdit dans certains pays par rapport aux impacts écologiques des rejets et non par rapport aux impacts sur la santé. Donc, qu’en est-il des études scientifiques sur les composites?


anti mercure
29 juillet 2013 - 21 h 39 min

message a labaleineabosse , si tu ne le sais pas encore il existe des résines composites sans biphénol A…



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