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Les eaux de baignade : des nids à virus

Dans le cadre du projet européen VIROBATHE (1), une récente étude a recherché la présence de certains virus dans 1410 échantillons, prélevés dans les eaux côtières ou douces de 9 pays européens. Ces analyses ont détecté la présence de virus dans près de 40 % des échantillons. Les adénovirus (virus à ADN) (2) étaient présents dans 36,4 % des échantillons, et les norovirus (des virus à ARN causant la gastroentérite) (3) dans 9,4 % des prélèvements. Globalement, les eaux douces sont les plus fréquemment touchées.

Par ailleurs, environ 25 % des microorganismes, présents dans un petit nombre d’échantillons, étaient potentiellement infectieux. Toutefois, ayant déjà été en contact avec ces virus, de nombreuses personnes ont développé une certaine résistance à la plupart des souches. Ainsi, les adénovirus ne constituent pas nécessairement un danger, s’il s’agit de souches communes et de faibles concentrations. Pourtant, bien que les concentrations récemment évaluées soient faibles, les auteurs de l’étude jugent nécessaire de mettre en place une surveillance de la contamination virale des eaux. De fait, contrairement aux bactéries telles que Escherichia coli, aucune limite n’est définie pour les virus par la législation européenne propre aux eaux de baignade. Or, les virus mettent plus de temps que les bactéries pour revenir à une concentration acceptable après de fortes pluies. Certains virus résistent bien mieux que les bactéries à l’eau salée et aux processus de traitement des eaux usées. A l’heure actuelle, les adénovirus humains sont présents dans la totalité des échantillons d’eaux usées, et rejetés tout au long de l’année dans chaque zone.

Cécile Cassier
1- Le projet VIROBATHE a regroupé 16 organismes de recherche issus d’Allemagne, d’Espagne, de France, d’Italie, de Chypre, de Pologne, du Portugal, des Pays-Bas et du Royaume-Uni.

2- Les adénovirus sont associés à la gastroentérite chez l’enfant, tout comme les infections de l’oreille, de la conjonctive ou de l’appareil respiratoire.

3- D’après l’Afssa, « l’homme est le réservoir des norovirus humains ». Ces derniers persistent dans le milieu extérieur et résistent aux traitements d’épuration. Ils sont responsables de gastro-entérites aiguës, tous âges confondus.

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