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Univers Nature - Actualité, environnement, habitat et santé » ACTUALITE » Alimentation - santé - eau » La quinoa : une graine victime de son succès ?
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La quinoa : une graine victime de son succès ?

Base de l’alimentation des populations andines qui la cultivent depuis des siècles, la quinoa (1) est de plus en plus appréciée pour ses qualités nutritionnelles, et notamment pour sa forte teneur en protéines et l’absence de gluten. Ces atouts diététiques expliquent le succès croissant de cette graine au sein des marchés occidentaux.

Mais des chercheurs ont récemment tiré la sonnette d’alarme quant au revers de ce succès. En effet, le boom de sa production depuis les années 1980 menace la durabilité du système agricole de l’Altiplano bolivien (2). Le marché étranger continuant de croître, le volume des exportations boliviennes a été multiplié par cinq entre 2002 et 2007. Cette demande accrue s’est directement répercutée sur le prix au producteur, lequel est passé de 890 à 2100 euros la tonne entre 2007 et 2008.

Au regard de quoi, les producteurs ont dû s’adapter. Réputée pour sa capacité de résistance face à des conditions climatiques extrêmes (sécheresse, gel), la quinoa se développe dans un milieu aride où les sols, pauvres, sont exposés à la sécheresse, au gel, au vent violent et à la forte radiation solaire due à l’altitude. Mais pour supporter le succès commercial de la graine, les agriculteurs se sont mis à cultiver des zones de plaine présentant des risques de gelée nocturne accrus. Par ailleurs, l’accaparement de plaines jusqu’alors dédiées au pâturage, au profit de l’expansion de la culture de la quinoa, exacerbe les conflits d’accès aux terres. En outre, la disparition des troupeaux et la marginalisation de l’élevage, la tractorisation et la concentration des cultures ont de multiples effets néfastes tels qu’une carence en ressources de fumier, une érosion éolienne amplifiée ou encore la prolifération des ravageurs. L’environnement n’est pas le seul affecté par l’engouement pour la quinoa. Tributaires d’une production irrégulière, d’une surface cultivée saturée et du prix volatil sur le marché international, les revenus générés par la culture de cette graine sont bien plus incertains que les garanties que confère la constitution d’un cheptel.

Pour l’heure, la quinoa a le mérite de permettre à des milliers de familles de producteurs de se maintenir sur leurs terres. Mais si le succès de la graine a permis d’augmenter le niveau de vie au sein de l’Altiplano bolivien, il en affecte également l’organisation sociale, nécessitant une modification de leurs systèmes d’activités et de leurs modes de circulation. Les producteurs de cette région sont désormais tiraillés entre leur rôle de garants de modes de production ancestraux et leur implication dans la mondialisation des échanges. Ils sont toutefois conscients de la pression croissante sur leur système agricole et de la nécessité d’œuvrer à la durabilité de cette source de revenus, devenue essentielle pour eux. En ce sens, divers projets de gestion concertée des ressources locales émergent actuellement dans l’Altiplano, tentant de concilier objectifs de production élevés et pérennité des ressources naturelles.

Cécile Cassier
1- La (ou le) quinoa fait partie de la famille des Chénopodiacées, comme la betterave ou les épinards, mais est parfois qualifiée de « pseudo-céréale » du fait du mode de consommation de ses graines sous forme de farine, flocons ou graines soufflées.

2- Situé en Amérique du Sud, dans la zone la plus large de la Cordillère des Andes, l’Altiplano s’étend sur quatre pays (Argentine, Bolivie, Pérou, Chili) bien qu’il se concentre majoritairement sur le territoire bolivien.

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commentaires sur cet article - Univers Nature

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Commentaires
nicolekretchmann
13 janvier 2011 - 0 h 00 min

Il y a déjà plus d’un an que ma petite-fille (11 ans) et moi-même n’avons plus envie de manger cette graine qui vient de si loin. Je lui préfère le petit épeautre de France, les lentilles du Puy, etc…
Privilégions les produits de chez nous…


Willy Vogt
13 janvier 2011 - 0 h 00 min

Outre le fait que la distance est incompatible avec un respect environnemental sans faux semblant, je préférerais « le quinoa » en français. Merci Mlle Cassier.
Willy Vogt


thylacine
16 janvier 2011 - 0 h 00 min

La main-mise de l’espèce humaine sur l’ensemble des écosystèmes terrestres, et la mondialisation de l’économie sont désormais les plus puissants moteurs de l’évolution de la biosphère.
Même si quelques uns d’entre nous font de la résistance (achetons ceci et pas cela…) l’évolution globale du système nous échappe, et suis ses propres loi, qui sont les loi écologiques de toujours: compétition, prédation, mutualisme, parasitisme…
Et plus les hommes sont nombreux, plus l’information circule vite, et plus elle nous échappe. L’humanité se comporte désormais comme un organisme dont nous ne somme que les cellules.
Et la biosphère aussi.


thylacine
16 janvier 2011 - 0 h 00 min

Cher Willy Vogt, je respecte bien sûr vos préférences et votre liberté. Mais le mot quinoa paraît bien être un mot féminin, en espagnol (sa langue d’origine). Sa masculinisation en français est donc peut-être juste le résultat d’une certaine méconnaissance… Mais dans notre monde de communication intense, les habitudes, bonnes ou mauvaises, s’incrustent en effet très vite…


géha
17 janvier 2011 - 0 h 00 min

Pour répondre aux préoccupations, que je partage, concernant le transport sur de longues distances (même si cela peut-être en bateau)de la quinoa ; je signale qu’en Maine-et-Loire des agriculteurs commencent à la cultiver.
En dehors de l’utilisation de nos propres sources de protéines, c’est peut-être une solution alternative.


eau-delà!
21 janvier 2011 - 0 h 00 min

Je me permets de vous signaler que du quinoa bio est actuellement cultivé en France, et écoulé localement et via le réseau biocoop.
Il semble donc possible d’élever cette plante intéressante hors les sommets andins.
Si chaque pays s’y met, ça pourrait donner du grain à moudre (en positif!), et peut-être enrayer un peu la famine… Se consomme également en « lait », du reste.
Cramponnons-nous aux expériences utiles, ça nous permet de surnager parmi les autres déchets…



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