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Univers Nature - Actualité, environnement, habitat et santé » ACTUALITE » Alimentation - santé - eau » Insecticide chlordécone : rôle reconnu dans l’apparition du cancer de la prostate
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Insecticide chlordécone : rôle reconnu dans l’apparition du cancer de la prostate

Durant vingt ans, de 1973 à 1993, un insecticide organochloré, appelé chlordécone, fut utilisé massivement dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique pour lutter contre le charançon de la banane. Entraînant une contamination massive et durable des sols, des eaux de rivière et des sédiments, il fut interdit en métropole dès 1990 mais bénéficia d’une dérogation en Guadeloupe et en Martinique, avant d’y être également prohibé en1993. Classé comme « cancérogène possible pour l’homme » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), le chlordécone dispose d’un profil toxicologique clairement défini, même si toutes les incertitudes le concernant n’ont pu être totalement levées. Est ainsi attestée sa toxicité neurologique et reproductive. Possédant des propriétés hormonales, et notamment œstrogènes, il est effectivement reconnu comme étant un perturbateur endocrinien.

Mais, à l’heure où ces interdictions furent décrétées, jugées bien trop tardives par nombre de contestataires, la pollution de l’environnement était d’ores et déjà installée, suscitant des doutes croissants quant à l’exposition chronique des populations environnantes. Aujourd’hui, la Martinique et la Guadeloupe sont toujours sous le joug de cette pollution persistante. Sur ces deux îles, où vivent environ 800 000 personnes, on évalue la superficie des terres potentiellement contaminées entre 20 000 et 30 000 hectares. Il s’agit essentiellement de bananeraies dont certaines ont été rendues à la culture vivrière.

De la découverte de la contamination des milieux par le chlordécone, naquit une vive polémique, encore en vigueur aujourd’hui. Outre une inquiétude légitime de la part des populations, une incompréhension et une suspicion générales s’instaurèrent concernant les conditions discutables dans lesquelles cette substance fut autorisée, « le retard pris dans la révélation de la contamination, les modifications successives des règles de gestion des aliments contaminés, ainsi que les difficultés de mesurage qui ne permettent pas de dire clairement ce qui est sain et ce qui est contaminé ».

En effet, comme le souligne l’InVS (1), la situation actuelle s’avère particulièrement préoccupante en raison de la pollution chronique de la chaîne alimentaire, « mettant en cause tout particulièrement, mais pas exclusivement, le chlordécone ». De fait, si par le passé les voies respiratoire et cutanée représentaient des modes de contamination non négligeables, l’exposition alimentaire (eau et aliments) constitue désormais la principale source d’exposition au chlordécone. D’après le MRDGF (2), « 13000 individus absorbent chaque jour, en mangeant des légumes qu’ils cultivent, une quantité de chlordécone dépassant la valeur toxicologique de référence: 0,5µg/kg/j ».

En 2007, le Pr. D. Belpomme réalisait un « Rapport d’expertise et d’audit externe concernant la pollution par les pesticides en Martinique », dans lequel il présentait les pesticides organochlorés dont le chlordécone comme une cause majeure des cancers de la prostate observés dans les Antilles Françaises. A l’époque, ce rapport fut vivement décrié et dénigré.

Toutefois, une nouvelle étude est récemment venue appuyer le discours tenu par le rapport Belpomme. Dénommée « Karuprostate » (3), cette étude épidémiologique évalua, entre 2004 et 2007, l’exposition au chlordécone chez plus de 600 hommes atteints d’un cancer de la prostate ainsi que chez plus de 600 hommes sains. Publiés le 21 juin dernier dans le Journal of Clinical Oncology, les résultats révèlent que le chlordécone est responsable d’un accroissement significatif du risque de cancer de la prostate, lequel représente 50 % de l’ensemble des cancers dépistés en Guadeloupe et à la Martinique. Comme suspecté, ce constat tiendrait bien plus à la consommation de produits alimentaires contaminés qu’à la manipulation de la molécule par les ouvriers agricoles.

Cécile Cassier
1- Institut de Veille Sanitaire

2- Mouvement pour le droit et le respect des générations futures

3- L’étude « Karuprostate » fut menée par Luc Multigner et l’équipe de l’Inserm U625 et du service d’urologie du CHU de Pointe-à-Pitre. Sa mission consistait à « identifier et caractériser les facteurs de risques environnementaux, génétiques et hormonaux de survenue du cancer de la prostate aux Antilles ».

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commentaires sur cet article - Univers Nature

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Commentaires
rose
23 juin 2010 - 0 h 00 min

Cette « affaire » du chlordécone constitue un véritable scandale, qui implique directement l’État français — informé au moins depuis 1978 (année de son interdiction aux États-Unis) de l’extrême dangerosité de cette molécule — et ses principaux acteurs (en 1978, Mme Veil était ministre de la Santé, elle ne pouvait pas ne pas être informée ; en 2007, M. Estrosi, alors secrétaire d’État à l’Outre-mer, a encore tenté d’étouffer l’affaire).
Une partie considérable des terres de Guadeloupe et de Martinique (et les terres de pays africains) est contaminée et condamnée pour des siècles, d’après Belpomme lui-même.
Il n’est plus une famille où le cancer de la prostate, entre autres, ne sévit pas de façon épidémique.
Alors oui on peut continuer à nier et à enterrer le problème (qui n’en est pas un pour les autorités…) du chlordédone et de tous ses frères et sœurs insecticides, pesticides et fongicides, mais on peut se demander jusqu’à quand. À mon humble avis il est déjà bien trop tard.


nicolekretchmann
24 juin 2010 - 0 h 00 min

les USA avaient retiré du marché ce chlordécone en 1976.
Donc les bananeraies en sont polluées mais les bananes sont toujours commercialisées. Pauvres amateurs de bananes du grand commerce !


nicolekretchmann
24 juin 2010 - 0 h 00 min

connaissez-vous la Médecine quantique ? Cliquez « labo fractal » et vous aurez une info fort intéressante.


pervenchebio
24 juin 2010 - 0 h 00 min

vivons le présent.inutile de revenir en arrière pour savoir qui a tort ou raison. le scandale est partout (agriculture, industrie, déchets etc….). CONSOMMONS TOUS BIO pour commencer. Si on veut connaître le vrai responsable, c’est vous, moi… ( c’est le consommateur et lui seul qui peut faire changer les choses, car c’est nous qui avons le pouvoir et personne d’autre).Monsanto, les élus…. ne font pas le poids vis à vis du consommateur.


eau-delà!
2 juillet 2010 - 0 h 00 min

Et quid des autres pays fournisseurs de bananes, en Afrique, par ex : pourquoi seraient-ils à jour d’un tel état des lieux avec des lois bien distinctes des nôtres ?
Le sait-on, à l’heure actuelle ?


Tikehau
15 juillet 2010 - 0 h 00 min

Contrairement à quelques avis formulés, ce ne sont pas les bananes qui sont contaminées, mais les legumes dont on consomme la racine (igname, patate douce…) et poussant sur d’anciennes bananeraies. Au passage, c’est bien parce que les sols sont lessivés que les terres retournent à la culture vivrière.



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