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Grippe aviaire : selon les régions, un traitement aléatoire pour les oiseaux

Alors que la grippe aviaire continue de faire des victimes humaines dans le monde, mais que la consommation de volailles redémarrerait en France, selon les autorités, le traitement des oiseaux sauvages laisse à désirer avec, par endroits, une véritable psychose. Les derniers cas de contamination de chats, ainsi que d’une fouine, ne sont pas faits pour apaiser la tension. A ce titre, certaines mairies vont jusqu’à prendre des décisions parfois contraires à la loi, notamment en matière d’espèces protégées.

A titre d’exemple, citons la commune de Saint Baudille de la Tour, en Isère, qui a demandé à la société de chasse locale l’éradication pure et simple des renards, fouines, belettes, putois, corbeaux, pies, buses et autres rapaces sédentaires (espèces protégées), sous prétexte que ces animaux pourraient êtres vecteur du virus de la grippe aviaire H5N1. Pour l’ASPAS (association de sauvegarde et de protection des animaux sauvages), certains maires ont également demandé à leurs habitants de détruire les nids d’hirondelles (ce qui est interdit) sous prétexte qu’elles seraient, elles aussi, sensibles à l’épizootie aviaire…

A l’inverse, prenons l’exemple de Paris et des hirondelles de fenêtre, espèce protégée mais en grand déclin en France. Sur les quelques 500 couples nicheurs de Paris, près du quart est installé à la grande halle de la Villette, constituant ce que les ornithologues appellent « la super-colonie de la Villette ». Néanmoins, les travaux entrepris sur la grande halle de la Villette, pour sa rénovation et son réaménagement, nécessitent de détruire certains nids sur le bâtiment et de rendre impossible la réinstallation des hirondelles cette année.

Suite à l’intervention du centre ornithologique d’Ile-de-France (le Corif), les autorités informées de l’importance de la colonie, ont accepté de mettre en place des mesures pour éviter la destruction des futures nichées et favoriser l’installation des couples nicheurs sur les bâtiments voisins. Ainsi, avant le retour des hirondelles, des bâches vont recouvrir les parties sur lesquelles étaient bâtis précédemment les nids, afin d’empêcher les hirondelles de s’installer avant la fin des travaux. Celles-ci se verront proposer en alternative, des nichoirs artificiels sur des bâtiments voisins.

Cette collaboration entre la collectivité et le Corif montre combien la nécessité de discuter et d’informer est importante et primordiale pour éviter des situations aberrantes et préjudiciables pour la biodiversité.

En conclusion, rappelons que, à l’inverse du discours que l’on entend généralement, le principal vecteur de la grippe aviaire n’est pas lié aux oiseaux sauvages, fussent-ils migrateurs, mais aux oiseaux d’élevage que sont les poulets, canards et autres dindes (voir à ce sujet, notre dossier complet sur la grippe aviaire). En outre, le risque d’une transmission au public nécessite un contact direct et prolongé avec des oiseaux malades ou leur déjection, or il est considéré comme très faible, pour ne pas dire quasi nul par les scientifiques. Chaque jour, nous prenons infiniment plus de risque en nous asseyant dans notre voiture…

Alex Belvoit

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