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Du poisson trop toxique pour être consommé

La contamination des espèces marines par les produits chimiques est généralisée en mer Baltique. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport publié par le WWF et qui met en avant la contamination d’espèces de poissons à un niveau parfois supérieur aux normes pour l’alimentation humaine dans l’Union Européenne (UE).

Si l’UE a mis au point une stratégie visant à réduire dans l’alimentation humaine certains polluants, la consommation de poisson provenant de la mer Baltique pose encore de nombreuses questions à la lecture du rapport (disponible en anglais). Néanmoins la politique de l’autruche semble de mise, les autorités fermant les yeux ou mettant discrètement en place des phases de transitions…

L’identification de cette contamination n’est pourtant pas nouvelle. Dès 1995 le gouvernement suédois recommandait aux femmes en âge d’être enceintes de limiter leur consommation de hareng et de saumon de la Baltique, la chair de ces poissons étant fortement contaminée par des substances chimiques.

Aujourd’hui des espèces comme le saumon de l’Atlantique, la truite de mer, le cabillaud, le turbot… présentent des anomalies de reproduction dû à leur contamination et continuent d’être commercialisé. La teneur en brome, un élément utilisé dans la fabrication d’ignifugeants et de pesticides… a été détectée dans la chair des harengs à un taux 50 fois plus élevé en mer Baltique que dans l’Atlantique. Au-delà de ces poissons, la contamination touche des super-prédateurs marins comme les phoques, ou aériens comme les guillemots et les pygargues à queue blanche…

A moyen terme, l’avenir ne semble pas plus rassurant. Même si des efforts sont faits pour limiter la pollution provoquée par les rejets des déchets urbains et industriels, ainsi que les ruissellements d’engrais et pesticides agricoles, la mer Baltique est un écosystème marin presque fermé où les échanges avec l’Atlantique voisin sont faibles, ce qui la rend particulièrement sensible à la pollution.

Cette situation est aggravée par la faible température de ses eaux et par le fait qu’une partie de la mer est régulièrement couverte par les glaces, autant de facteurs qui ralentissent considérablement le processus de biodégradation des polluants et concourent à une présence durable des polluants (25 à 30 ans).

Et l’homme dans tout ça ?

Pour le moment, le poisson pêché en mer Baltique continu d’être commercialisé, généralement sans avertissement particulier. Les produits chimiques qui ont contaminé les espèces marines peuvent ainsi se retrouver dans l’assiette des consommateurs. Ici encore, ce phénomène est connu depuis plusieurs années. En 2000, une étude avait démontré que les concentrations de dioxine, dans une population qui mange fréquemment du poisson provenant de la mer baltique, sont comparables à celles observées chez les habitants de Seveso après l’explosion du réacteur chimique produisant des herbicides en 1976.

Dès lors, pour des raisons de santé publique, il semblerait logique que l’on s’achemine rapidement vers une interdiction de commercialisation de certaines espèces de poissons de la Baltique, ce qui, en outre, aurait l’avantage de permettre la reconstitution des populations d’espèces surexploitées comme le cabillaud.

Alex Belvoit

Pygargue à queue blanche © WWF-Canon / Chris Martin BAHR

Saumon sauvage au centre de salmonidé norvégien de Lardal © WWF-Canon / Jo BENN

Télécharger le rapport en anglais
Pascal . 28/01/2005
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