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Chikungunya, la Réunion se prépare dans l’attente d’un médicament

La semaine dernière, le ministre de l’Outre-mer déclarait que les risques d’une reprise massive de l’épidémie de chikungunya durant l’été austral étaient réels à la Réunion. Afin de prévenir toute nouvelle épidémie majeure (262 000 cas au 1er juin 2006, pour un peu plus de 700 000 habitants), le 1er ministre, Dominique de Villepin, vient de réunir les ministres de la Défense, de la Santé, de l’Outre-mer et de la Recherche pour faire le point sur le chikungunya.

Il semblerait que la situation soit moins inquiétante que l’an dernier, puisque l’on enregistre une baisse de 2/3 du nombre de nouveaux cas par rapport à ceux qui étaient dénombrés l’an dernier au mois d’août. Avec le retour de la saison chaude, une augmentation du nombre de contaminations est toutefois à attendre, aussi pour y répondre un plan de crise sera présenté par le préfet de la Réunion, prochainement. Néanmoins, on sait déjà qu’un service permanent de lutte anti-vectorielle, permettant de lutter durablement contre le chikungunya et de prévenir d’autres maladies vectorielles graves, va être mis en place. De même, les moyens humains des hôpitaux de la Réunion vont être renforcés, tandis qu’un centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes de l’Océan indien va être créé fin septembre.

La principale annonce est arrivée à l’issue de la réunion, avec le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui a déclaré ‘Nous sommes aujourd’hui confiants sur la mise à disposition d’un médicament pour traiter le chikungunya et nous avons bon espoir que ce médicament puisse être disponible en toute fin d’année ou au tout début de l’année 2007′. Toutefois, la prudence semble de mise, l’annonce n’ayant pas été reprise dans le communiqué officiel de Matignon. Alors, annonce un peu prématurée de la part du ministre de la santé ? !!

Aujourd’hui encore, la seule façon de lutter contre le virus du chikungunya semble être de se débarrasser du moustique vecteur, Aedes albopictus, avec des insecticides. Or sur ce point, malgré les problèmes sanitaires et environnementaux qui sont apparus suite à l’utilisation massive de pesticides l’an passé, aucune annonce n’a été faite concernant l’adoption d’insecticides biologiques comme le ‘Bti’, par exemple, utilisé en épandage en Camargue et plébiscité par le WWF qui demande la généralisation de son application dans toute l’île, depuis début 2006.

Pour mémoire, le virus chikungunya (qui signifie ‘marcher courbé’, en raison des fortes douleurs articulaires qu’il provoque) est un virus transmis par le moustique Aedes albopictus. On le trouve principalement en Afrique de l’Est, en Asie du Sud-est et dans le sous-continent indien, ainsi que dans des zones très localisées comme le Sud-Est de la France.

Les symptômes apparaissent généralement 4 à 7 jours après la piqûre de moustique, avec une fièvre élevée brutale. S’y associent d’importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des œdèmes, des céphalées et, parfois, une éruption cutanée ou des hémorragies bénignes (surtout chez les enfants). Si l’évolution est le plus souvent favorable, des formes chroniques existent, caractérisées par des arthralgies persistantes (douleurs dans les articulations), récidivantes et parfois invalidantes. A ce jour, il n’existe ni vaccin, ni traitement préventif, contre l’infection du virus Chikungunya, aussi la prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d’anti-inflammatoires pour soulager les douleurs.

Pascal Farcy

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