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Univers Nature - Actualité, environnement, habitat et santé » ACTUALITE » Alimentation - santé - eau » Bisphénol A : l’INSERM fait le point sur les doutes actuels
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Bisphénol A : l’INSERM fait le point sur les doutes actuels

Composé chimique de synthèse entrant dans la fabrication industrielle de plastiques de type polycarbonates et de résines époxy, le Bisphénol A (BPA) se retrouve dans nombre d’ustensiles du quotidien tels que les CD, les lunettes, certaines bouteilles plastiques ou biberons mais également dans les amalgames dentaires ou certains revêtements de boîtes de conserve. Perturbateur endocrinien (1), le BPA est actuellement classé comme substance reprotoxique de catégorie 3, à savoir jugée « préoccupante pour la fertilité de l’espèce humaine » en raison « d’effets toxiques possibles » mais non démontrés sur la reproduction, comme le rappelle l’INSERM (2). Face à ces doutes persistants, les agences sanitaires internationales ont défini une dose journalière admissible de 50 µg de BPA par kg de poids corporel et par jour, soit 2,5 mg par jour pour un individu de 50 kg.

Mais, depuis cette expertise, les études travaillant à démontrer les effets néfastes sur la santé humaine d’une exposition à long terme à des perturbateurs endocriniens, et plus particulièrement au BPA, n’ont cessé de se multiplier. Or, bien qu’à l’heure actuelle aucune certitude n’ait pu être avancée quant à la toxicité du BPA, les doutes s’avèrent suffisamment sérieux pour convaincre, en mai dernier, les députés d’adopter un amendement édictant la fin de la commercialisation des biberons contenant du BPA.

Face à ces « signaux d’alerte », la Direction générale de la santé a sollicité l’Inserm en vue d’une analyse approfondie des effets du BPA sur la fonction de reproduction. Pour ce faire, l’institut a réuni un groupe pluridisciplinaire d’experts composé notamment d’épidémiologistes, de toxicologues, de chimistes, de biologistes spécialistes de la reproduction et du développement, afin de mener une expertise collective basée sur l’analyse critique d’environ 300 articles issus de la littérature scientifique internationale publiée sur le sujet. Préliminaire, ce rapport s’inscrit dans un programme de recherche plus vaste, s’intéressant aux effets sur la reproduction d’un certain nombre de substances chimiques, et qui devrait être publié à l’automne 2010.

Récemment publiées, les conclusions du rapport préliminaire émanant de l’INSERM ont été approuvées par les associations de protection de la santé, dont Réseau Environnement Santé (RES). Pour ce dernier, « Ce rapport représente un camouflet cinglant pour les agences de sécurité sanitaire française (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, AFSSA) et européenne (Agence Européenne de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, AESA) ». Le principal mérite reconnu à cette nouvelle analyse tient au fait qu’elle s’appuie sur l’ensemble de la littérature scientifique publiée et non uniquement sur quelques études suspectées d’être l’ouvrage de scientifiques travaillant pour le compte de l’industrie chimique. Entre autres constats, il ressort que la période de gestation s’avère la plus critique en cas d’exposition au BPA et que l’exposition à des doses pourtant très inférieures à l’actuelle Dose Journalière Admissible (DJA) induit des effets chez l’animal, pouvant éventuellement se manifester sur plusieurs générations.

Pour RES, ce nouveau rapport doit servir de support à l’AFSSA afin de réduire d’un facteur minimum de 50 000 l’actuelle DJA, mesure qui revient à supprimer purement et simplement la présence de BPA dans les plastiques alimentaires, source prédominante d’exposition.

Cécile Cassier
1- En tant que perturbateur endocrinien, le Bisphénol A est capable d’imiter l’hormone sexuelle féminine, à savoir l’œstrogène.

2- Institut national de la santé et de la recherche médicale.

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commentaires sur cet article - Univers Nature

Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 04 juin 2010 à 12:00

3131 articles publiés sur Univers-Nature, depuis 1999
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Commentaires
lupus
10 juin 2010 - 0 h 00 min

Bravo aux paysans haïtiens, ça c’est de la dignité.
Nos élus peuvent en prendre de la graine !

voir :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4258



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