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Pêche à l’anchois au Pérou : l’apogée avant la chute ?

Si le thon rouge a tendance à tirer la couverture médiatique à lui, il ne représente pas la seule espèce marine à susciter des inquiétudes quant à la gestion et la préservation de ses stocks. Aux abords du Pérou, l’anchois doit, pour sa part, faire face à l’armada des senneurs (1) péruviens, considérés comme la « plus grande flottille de pêche commerciale exploitant une seule espèce », à savoir l’anchois. 

Recensant environ 1400 navires, cette pêche surdimensionnée profite pour le moment d’une pêcherie miraculeuse, prodiguant en abondance des stocks d’anchois. Cette opulence s’explique par la remontée d’eaux profondes froides et riches en sels minéraux, phénomène également connu sous le nom de « up-welling ». Grâce à cette productivité biologique remarquable, la flotte péruvienne débarque chaque année, en moyenne, plus de 5 millions de tonnes d’anchois.

 

Mais des chercheurs de l’IRD (2) et de l’IMARPE (3) ont lancé une mise en garde quant au probable retour de bâton de cette prodigalité. En effet, des études ont démontré que périodes de forte et faible abondance d’anchois s’alternaient, laissant donc présager une fin prochaine de « l’ère de l’anchois ». D’après les scientifiques, ces cycles, d’une périodicité toute relative, seraient dus à des oscillations climatiques, s’exerçant à différentes échelles dans l’océan Pacifique. Des raisons strictement biologiques ne sont, toutefois, pas à écarter. Ainsi, si ces prédictions venaient à se confirmer, la biomasse de poisson, actuellement à son apogée, pourrait très fortement diminuer d’ici quelques années. Or, l’anchois, majoritairement transformé en huile et en farine à des fins d’exportation pour l’aquaculture et l’aviculture, constitue un pilier de l’économie péruvienne. Aussi, l’effondrement des stocks impliquerait des conséquences socio-économiques désastreuses pour une flotte déjà surarmée. 

 

Les craintes des scientifiques quant à la réalisation de ce scénario catastrophe ne sont pas sans fondement, une telle situation s’étant déjà produite par le passé. Au début des années 1970, cette pêcherie et les usines de farine connaissaient un âge d’or comparable à celui d’aujourd’hui. A cette époque, 10 à 12 millions de tonnes étaient pêchées par an. Mais la production se mit à décliner, le phénomène El Nino de 1972, à l’origine d’un réchauffement des eaux côtières, accélérant la chute du stock d’anchois. Ce dernier mit plus de dix ans à se rétablir.

Pour parvenir à ce résultat, le gouvernement péruvien mit en place un système de quotas de pêche globaux. Si elle permit de mettre un terme au déclin de la biomasse de poisson, cette mesure s’accompagna, néanmoins, d’un revers de médaille. En effet, mus par l’esprit de compétition, les pêcheurs s’engagèrent dans une course à l’armement, investissant dans des navires toujours plus gros et plus performants. En conséquence de quoi, la capacité de capture totale de la flotte est passée de 86 à 170 millions de tonnes au cours des 20 dernières années.

 

Constatant les failles du système, le ministère des pêches péruvien substitua, en 2009, à la méthode initiale de quotas de pêche globaux « l’attribution de quotas individuels, non-transférables » sinon au sein même des entreprises. Si les effets bénéfiques de cette décision ne se sont pas faits attendre, avec un rallongement de la saison de pêche dans le respect des quotas imposés, le nombre de bateaux n’a toutefois pas diminué de manière notable jusqu’à aujourd’hui.

 

Pour les scientifiques, il est essentiel de tirer des leçons des événements passés, d’où la nécessité de « poursuivre le désarmement de la flotte péruvienne et de s’assurer du démantèlement du surplus d’usines de farine pour éviter un effondrement brutal du stock, comme lors de la crise des années 1970 ».

Cécile Cassier
1- Un senneur est un bateau de pêche équipé d’un filet encerclant de 400 à 700 m de long, appelé la senne.

2- Institut de Recherche pour le Développement

3- Instituto del Mar del Perú

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