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Dans une récente interview accordée à lAgence France Presse (AFP), Bernard Séguin, chercheur à lInra dAvignon (1), revient sur limpact croissant du réchauffement climatique sur les exploitations viticoles. A en croire le spécialiste, depuis 20 à 30 ans, les dates de vendanges sont de plus en plus précoces. La raison à cela serait directement liée à lélévation des températures, les dates de vendanges dépendant des températures enregistrées davril à septembre. Or, les études agronomiques réalisées jusqualors ont démontré quun été chaud coïncidait avec des vendanges précoces. Pour Bernard Séguin, il ne fait aucun doute que nous devons faire face à des situations où lété est « globalement plus chaud que dans le passé ».
Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, si un léger réchauffement climatique peut savérer un atout en terme de qualité du vin, à terme il finit par lui nuire. En effet, en théorie, une année chaude est garante dun bon vin. De fait, par le passé, les viticulteurs, confrontés à des années froides, étaient contraints dajouter du sucre dans le vin car celui-ci nétait pas suffisamment alcoolisé. Ce problème nest certes plus dactualité alors que lon constate, depuis une dizaine dannées, une augmentation du degré alcoolique des vins. Sous laction du réchauffement climatique, les vins qui affichaient naguère quelque 11 degrés, avoisinent, aujourdhui, les 13 degrés. Daprès le chercheur affilié à lInra, certains vins du Sud atteindraient même 14 à 15 degrés, commençant à susciter de réelles craintes chez les vignerons.
En effet, sous réserve de modifier les « conditions de conduite » de la vigne, une élévation dun ou de deux degrés Celsius ne met pas en péril les productions traditionnelles viticoles qui constituent le terroir français. Mais, comme le décrit Bernard Séguin, « au-delà, cest le grand chambardement », avec à la clé la disparition potentielle de certains crus.
Ce nest pas la première alerte qui est lancée quant à la vulnérabilité croissante des vignobles sous limpulsion du réchauffement climatique. En décembre 2005, on estimait déjà que la température sur lensemble du vignoble français avait augmenté de 1 °C au cours des quinze années précédentes. Exemple illustratif, louverture des vendanges du Châteauneuf-du-Pape a ainsi avancé dune vingtaine de jours entre 1945 et 2005.
Selon les experts de lInra, si le réchauffement climatique devait atteindre 5 ou 6 degrés en moyenne mondiale, scénario très probable si les tendances actuelles se maintiennent, des vignobles pourraient émerger dans le Sud de la Suède, à limage des vignobles qui commencent à apparaître en Angleterre, en Belgique et aux Pays-Bas. Alors que se profile le grand rendez-vous climatique de Copenhague en décembre prochain, il est à espérer que les instances dirigeantes sauront prendre conscience de lurgence des défis à relever. Dautant que lobjectif de limiter le réchauffement climatique à deux degrés se révèle dores et déjà insuffisant pour le secteur des vignes, ce seuil marquant « le moment où cela commencerait à basculer » pour la production viticole.
1- Institut national agronomique.
c’est un peu dommage, mais pas bien grave ….. tout le monde ne boit pas de vin et c’est une bonne occasion pour promouvoir la consommation courante de jus de fruits frais, raisin ou autre. Une reconversion intéressante qui peut être envisagée en bio!
Je suis bien d’accord avec toi, Totov. Et puis on fait maintenant d’excellent vins ailleurs qu’en France. Quoi qu’il en soit, il faudra bien cultiver la vigne dans la zone climatique qui lui convient…
Mais en revanche, convertir le vignoble en bio ne va pas être facile: les vignes sont les cultures les plus arrosées de pesticides depuis des décennies, et de très loin. Il va falloir décontaminer!…
Et pourtant cette année été chaud , sans pluie : tous les viticulteurs sont contents ! Assez de catastrophisme, merci














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